Blocage inique !!

Je ne sais pas pourquoi j’ai prié pour que chaque mauritanien prenne connaissance de la teneur de ce constat. Je ne sais pas, non plus  pourquoi j’ai souhaité que cette leçon serve à illuminer l’avenir et non pleurer les trébuchements ou se morfondre sur  le passé.

Comme certain cadres envoyé à l’étranger, j’ai essayé d’apporter quelque chose au pays. Particulièrement aux proches, aux faibles et aux chômeurs. Depuis le respectable ambassadeur Ahmed ould jiddou ould Khliffa, j’ai lutté comme je peux, pour que l’aide du pays dans lequel j’ai été détaché profite au mien. J’ai essayé d’en faire un effort soutenu, avec tous les ambassadeurs, accrédités au Koweït.

Ils sont tous vivants, Allah leur accorde longue vie. Je pense spécialement à leurs excellences, mon respecté professeur, Haibetna ould Sidi Haiba et mon ami Hamadi ould Meymou, qui ne ménageaient aucun effort à leur tour pour que l’intérêt du pays, qui est le nôtre commun soit le plus haut.

J’avais une jeunesse plus ou moins proche, qui nourrissait beaucoup d’espoir quand à l’aide que je pouvais leur apporter en matière de travail, ou de quelconques soulagements. Une aide bien limitée certes, car venir ici n’est pas chose facile. Mais une aide quand même qui vaut bien mieux que rien.

Je ne raconterai pas tout. Je ne citerai pas de noms. Ce n’est ni mon fort ni mon but, ni même ma façon de réfuter les choses.

Je demanderai cependant à tous ceux qui se reconnaitront dans les faits que je vais narrer de s’isoler et de demander pardon à Allah d’avoir participé négativement à ce que je vais dire. Je peux jurer, la main sur le coran, que je sens très fort que s’ils ne le faisaient pas, ils risqueraient  la colère divine. Et beaucoup plus tôt qu’ils ne le pensent.

J’ai toujours su que j’étais seul. Je n’ai jamais essayé de m’accrocher qu’à Allah. Mais j’ai toujours essayé d’agir dans le sens du juste.

X…est mort, les menottes aux poignets. Il a été plus facile de le confier aux ténèbres de la prison, aux griffes de la tuberculose et de la faim, plutôt que de lui donner un travail et lui de lui laisser une place sous ce soleil de cet immense ciel du pays qui ne couvre que trois millions d’habitants. Pour remettre son chétif cadavre rongé par la famine aux siens, il a fallu la présence du procureur de la république. Je ne sais exactement quel crime, il a commis, mais je suis sur que la dernière fois que je l’ai vu, il était très loin, bien loin de la situation qui l’a conduit en prison puis au trépas. Je lui avais donné une petite somme pour faire un commerce. Il tenait à me rembourser “plus tard…inchallah”, je tenais à ce qu’il réussisse “d’abord”. Il fut happé par le poids du fisc et dû, à la fin de sa liberté payer l’impôt  de sa bonne foi et du déclin de sa naissance.

Il est allé par cette nuit triste et froide raconter à Dieu comment une société peut arriver à manger ses propres enfants.

Le prophète (psl) a dit : “Point de miséricorde d’Allah, pour celui qui n’a pas de miséricorde pour ses créatures.” Chacun peut alors soupeser son espoir de cette miséricorde.

y…z et d’autres diplômés las de compter les beaux lampadaires de Nouakchott, qui ont eu, quand même le mérite d’éclairer leur désarroi, leur déception et leur misère, tombèrent entre les mains de l’un de ces nombreux scélérats, qui ayant commercé l’insigne et la renommée du Bilad Chinguitt prônent l’intercession, et prétendent être les dépositaires du travail dans le Golfe.

Il leur soutira quelques millions d’ouguiyas, que nous dûment collectionner difficilement. Il disparu ensuite, nous laissant quelques “reçus” mal écrits, sur un papier chiffonné et sale. Il insulta sur “whatsAp” l’une des vénérables mamans, qui a osé lui demander des comptes sur son forfait, affirmant qu’il avait assez de pouvoir pour les jeter “tous” en prison. Je garde encore l’un de ses reçus pour ne jamais cesser de mépriser cette espèce de ouistitis, qui infectent la renommée nationale, ou pour pouvoir un jour lui balancer un coup de pied quelque part.

Nous ne réussîmes pas à envoyer les enfants, qui ne cherchaient qu’à se constituer esclaves, pourvu qu’ils puissent vivre légalement.

2014 ou deux mille quinze, j’eu l’idée de faire une ONG pour occuper quelques personnes. Avec l’aide d’un très cher ami, qui lui-même dirigeais une ONG internationale. Je fis rapidement les interminables démarches nécessaires, au mois de septembre. J’étais à la fin de mes vacances. J’avais d’influentes personnes au Koweït qui voulaient aider le projet. Il nous vint l’idée de faire travailler des hommes et de verdir le bord du fleuve, en même temps qu’aider les nécessiteux. Nous l’appelâmes “Chamama-Echo”. Le but était de planter les arbres sur notre rive et stopper ainsi l’avancée des sables. Une bonne solution pour les adwabas. Je formais à la hâte un bureau de villageois et entamais la procédure. J’avais oublié, que je ne devais pas oublier… ne jamais oublier…

Cette fois là c’était  au temps de Maaouya ould Taya, au moment ou j’étais adjoint du directeur de l’agence des musulmans d’Afrique, j’avais essayé d’ouvrir le bureau de l’agence (qui avait de grands problèmes avec notre pays) à Nouakchott. Je pu convaincre feu le docteur Abderrahmane Soumit d’oublier le passé.

Encore une fois Fiasco !! On me dira plus tard que ceci n’a pas été “accepté”, puisque j’étais de l’opposition.

Je profite du souvenir, entre parenthèses, pour demander aux musulmans de Mauritanie : Yakhouti ! Avez-vous jamais entendu parler d’un Mohamed Hanefi dans les oppositions ou dans les majorités ?

Allah n’aime pas les menteurs.

Pourtant je pouvais juste brouter comme broutent tous les brouteurs et amener mon épouse et mes enfants dans un lieu agréable pour les vacances. Ces vacances qui ont ruiné le pays et dilapidé ses potentialités.

De retour au Koweït, pendant quelques temps, “on” m’envoya demander quelques financements pour faire “avancer” le dossier.

Il était désormais entre les mains de monsieur le ministre de l’intérieur m’a-t-on dit.

Puis plus rien…

Les amis influents du Koweït me demandaient impatiemment, quand est ce que j’allais commencer le projet et je répondais invariablement que “bientôt inchallah…très prochainement…” les villageois de Bezoul et environs, alléchés par le semi-mensonge que je leur avais débité ne cessaient de demander aussi la date de la “délivrance”…ils attendront longtemps encore.

Hamadi, Sidi Mokhtar est un jeune maure, du Niger. Il a été mon étudiant à l’institut de Qortuba puis, devenu professeur, il a été affecté dans ce même institut, ou j’étais son chef de dép. Il entendait mes longs palabres au téléphone. Et un jour il me dit ” Monsieur ! S’ils n’en veulent pas de ces financements donnez-les nous au Niger.” J’acceptais immédiatement. D’autres musulmans pouvaient en profiter, pensais-je…D’autres rêves, d’autres jeunes…

Nous donnâmes à cette nouvelle née, d’ONG, le nom de SAPP (société pour l’aide aux plus pauvres). Le même jour toute la machine administrative d’un pays qui se respecte et respecte ses citoyens, se mit en marche. Tous les ministères concernés de la santé, de l’intérieur, de l’éducation,  des affaires étrangères, de l’agriculture, du Niger, et bien d’autres se mirent en branle, pour aider l’initiative de ce jeune homme de la tribu de Kounta. Une tribu qui a eu le privilège de ne pas cultiver le tribalisme. Une tribu qui a échappé à la malédiction des formes et des couleurs.

La seule tribu ou la couleur, la famille et les origines, bien qu’étant sacrés, n’influent en rien sur le poids la cohésion, ou l’égalité de ses membres.

Tout le Niger avait les paumes appuyés sur les épaules de son fils pour le soutenir…le faire avancer, c’était propulser le Niger tout entier.

Des dossiers, des documents, des signatures, des ambassades furent mobilisés. Le téléphone ne cessait de sonner…mais cette fois-ci de l’autre coté. Enfin les dossiers atterrirent sur le bureau du ministre des affaires étrangères koweitien, qui donna aussitôt son aval.

Au moment ou je vous rapporte ces lignes, mon jeune ancien étudiant, nouveau collègue et fils a déjà construit cinq mosquées, creusé plusieurs puits, distribué des centaines de tonnes de vivres, de soins, de vêtements, mais surtout fait travailler des jeunes. Il a simplement apporté le secours qu’Allah a ordonné aux fidèles, à des jeunes qui se “cassaient les doigts” avant de basculer dans le crime, le terrorisme ou la délinquance. Les maures disent : “Il est plus décent de donner à manger à Ould Mohamdi, que de le bastonner.”

On ne peut jamais avancer en laissant ses membres trainer sur les chemins.

Le corps avance ensemble, ou marque le pas sur place, même s’il s’imagine en mouvement.

Si le Pardon d’Allah ne précède Sa colère, …beaucoup de fins seront bien pénibles.

Mohamed Hanefi. Koweït.

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