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TII !! OU LA FOI

December 31, 2016

Tii mint qui ? Je ne sais plus. Je ne le savais même pas !

Tii, c’est ainsi que nous l’appelions, que tout le monde l’appelait, était notre “Mrabtaa”.

En cette période là, je ne pouvais savoir que j’étais devant l’unique chance de rencontrer une Tii dans ma vie. Je ne le saurais que plus tard, quand il sera trop tard. J’ai aimé par contumace la seule personne au monde à qui je devais vouer un sur-amour dans cette première existence et par fidélité pour laquelle je devais tout faire pour la suivre au commencement de l’autre vie.

Je me souviens encore des rides qui sillonnaient son visage, quand elle se penchait sur le livre sacré d’Allah, l’âme sereine. Ses lèvres sobres et sèches, ne s’arrêtaient jamais de nuit comme de jour de psalmodier les saints versets qu’elle ne se lassait jamais de fredonner comme pour elle-même.

Ses rapports avec nous se limitaient souvent à un doigt qui indique un ordre que nous étions les seules à déchiffrer par la force de l’expérience.

Rarement elle lançait un mot étouffé par la maitrise de règles nourries par une pudeur non feinte. Rarement elle répondait par “Akhraa”, “Takhla'”. Je crois qu’elle voulait dire “Oui” pour le premier et “certainement” pour le deuxième.

Ses directives étaient appuyées par un soulèvement significatif d’une paupière ou le haussement affectueusement, irrité d’un sourcil, frappé par le sceau d’une foi, acquise de génération en génération, qu’aucun de nous ne pouvait prétendre ne pas comprendre.

Dans le coin nord-ouest de sa tente usée par le temps et la violence des vents, elle avait disposé quelques boites de lait en poudre vides. Dans ces “coffres” improvisés, elle mettait régulièrement la recette de petites monnaies que nous lui apportions les lundis et les mercredis de chaque semaine. C’étaient les “ethneyn” et “Larab’a” que chaque étudiant coranique devait apporter à son maitre.

Je pensais intérieurement que la vieille femme était avare et avide. L’espièglerie me poussait parfois insolemment à me pencher par-dessus son épaule pour épier le geste rapide avec lequel elle mettait les sous dans la boite et la rapidité avec laquelle elle refermait le récipient, une lueur étrange de satisfaction dans les yeux.

Sa main ridée tremblait légèrement, quand elle remettait la boite à sa place dans le coin le plus sombre de son logis aux lambeaux étiolés par le temps et l’usure. Je pensais souvent à l’histoire d’Ali Baba et les quarante voleurs, tellement la scène était auréolée de mystère. Pauvre de moi !! Comme je ne pouvais savoir !

Tii accordait une attention particulière à deux de nos camarades : mamoudou et camara (Hugo comme nous l’appelions.). Un puular et un soninké. Les deux seuls negro-mauritaniens du groupe.

Elle tenait à les placer juste à proximité de son tapis de prière et suivait avec intérêt leur récitation. Je mettais cette attention particulière sur le compte de son amour invétéré pour l’argent. Les deux familles noires ne lui envoyaient que des billets, alors que nous autres lui donnions souvent des pièces.

Je ne pouvais savoir que déjà la sainte femme avait conscience que cette différence de pigmentation de la peau pouvait affecter la cohésion sociale.

Soumaré et Hugo étaient nos amis. Mais à chaque pose pour permettre à nos “alwah” (tablettes) de sécher au soleil, Tii insistait pour que nous jouions ensemble.

Aujourd’hui chère maman Tii, j’ai compris ton insistance et ton application à faire que la couleur ne nous sépare jamais. Aujourd’hui la plupart d’entre nous ont oublié Allah et Il leur a fait oublier qui ils étaient. Ceux qui perdent la fraternité et la justice dans la foi, ne réalisent jamais de but fiable. Ils évoluent dans les illusions, développent les inquiétudes et cultivent les cauchemars.

Le jour ou j’appris que Tii allait en pèlerinage, je du courir hors d’haleine de la médina “R” à l’aéroport de Nouakchott. Il fallait que je voie la vieille femme. Je ne pouvais imaginer Tii dans une boite métallique volant dans les airs. Je n’avais moi-même jamais vu un avion que de très loin. Dans mon esprit puéril l’oiseau du ciel ne pouvait être plus, qu’un gros cerf-volant, qui à la limite pouvait transporter quelques paperasses par exemple, pas plus.

Je pouvais voir de loin les pèlerins en rang pour entrer dans l’énorme appareil, qui à terre imposait son envergure.

Un policier me fit signe de m’éloigner. Je du contourner la clôture pour mieux voir. Tii n’était plus qu’une silhouette, parmi des dizaines de silhouettes qui s’engouffraient dans ce ventre béant qui allait les mener loin, très loin vers les terres bénites.

Mon cœur se serra. Mon premier amour que je ne me suis jamais avoué allait être englouti par le ciel de Dieu vers les entrailles de l’inconnu. J’eu subitement envie de pleurer. Tii était la notre. Personne n’avait droit de nous la ravir. C’était notre “Mrabtaa”. Notre lumière dans la vie.

Tii dans un avion !!!?? Ce monde est truffé de surprises sauvages et indomptables.

Le géant fit trembler le sol. Comme un bélier furieux, recula, vrombit plus fort encore. Son corps titanique frémit violement. J’imaginais la vieille femme et fis mentalement une prière interne pour son salut. Le fauve se rua vers l’horizon avalant la piètre distance de la piste et après une course vertigineuse, se détacha paresseusement du sol, comme s’il allait atterrir au premier arrondissement voisin. Il finit en un point noir avalé par la cavité insondable du firmament.

Tii s’évanoui dans les airs en même temps que de ma vie.

C’était la dernière image de la personne qui avait moulé ma vie, ma foi; celle qui a planté les piquets inextricables de ma conscience et de mes rapports avec mon Créateur.

Tii en amassant pièce par pièce son billet vers la Mecque, avait pris soins patiemment et longuement de nous attacher à la corde d’Allah. Une corde si solide qu’elle ne se casse jamais.

Elle ne pouvait amasser l’argent pour l’amour de la fortune. Son but était beaucoup plus stoïque et plus noble. Faire les rites sacrés avec un argent pur.

Celui qui aime Dieu ne peut s’attacher aux sous. L’envoyé d’Allah n’a jamais connu la richesse. Il a vécu le plus clair de sa vie avec un peu de dattes et un peu d’eau. Aimer, collecter ou développer les fastes en son nom et par son nom constitue la plus ignoble des traitrises. Il le répétait lui-même : “Si ce monde valait pour Dieu le poids de l’aile d’un moucheron, il n’en aurait pas abreuvé un mécréant.”

La foi ne se vend pas. Elle plane très haut au dessus de l’impureté de l’avidité et de la convoitise.

Exactement, comme Tii, notre “Mrabtaa” a volé au dessus de tout le monde pour sacrer la volonté de garder le Pacte de Dieu, malgré sa misère.

Tii !! Comme tu savais ! Et comme je ne savais pas que tu savais. Entêté que j’étais à te prêter une personnalité très loin d’être la tienne.

Ta grandeur n’était pas à la portée des regards profanes. Et ta beauté !! Tii ! Tu étais très belle dans ton voile noir, blanchi par la succession interminable des nuits et des jours.

Je vois maintenant toute ta beauté, que seul peut voir un lecteur attentif et un observateur attentionné à l’Art sublime que seule la main de l’architecte de l’univers peut sculpter. Loin très profondément loin des choses apparentes et futilement prétentieuses, tu étais une étoile timide qui apportait une lumière éclatante dans ce pauvre coin de ce pauvre monde.

Après toi, Tii, j’ai parcouru le monde. J’ai rencontré des érudits, des savants, des hommes de science, de grands penseurs. J’ai rencontré beaucoup d’hommes de Dieu, au service de l’argent. Ils n’avaient pas des boites vides de lait en poudres. Ils avaient des comptes en banque, des voitures des villas, des dizaines de têtes de bétails, des adeptes, des partis, des …

J’ai réalisé, ma chère “Mrabtaa” qu’Allah m’a donné la chance de rencontrer la seule Tii au monde. La personnification de la foi mauritanienne pure et limpide. Tu n’étais pas à négocier, à marchander ou à vendre.

Si je te dis combien je t’aime aujourd’hui et combien mon cœur se serre à l’idée de ne plus te voir dans ce monde. Ce monde qui a tellement besoin de fidèles de ta trempe.

C’est comme ça, quand j’ai rencontré le fils de ma tante Yeslem, que j’ai appris que notre “Mrabtaa” était revenue de la Mecque et qu’elle était morte.

Cette nouvelle prit un temps non négligeable pour s’incruster dans mon esprit. Je me sentis vaciller, le sol se dérobait sous mes pieds, ma vue se troubla. Je pensais que j’allais perdre connaissance. Puis bêtement je lançais à Yeslem : “Mais pourquoi? Elle est morte !! Mais! J’étais à l’étranger. Je ne l’avais pas vu récemment”

C’est en cette période que j’ai commencé à fréquenter sans discontinuer le cimetière. Des centaines de milliers de tombes. Des centaines de milliers d’épitaphes.

Personne n’avait pris le temps de marquer la place ou notre maitresse a été enterrée. Partout je devinais son corps maigre sous les débris désordonnés du cimetière anarchique de Nouakchott.

Un vendredi je réussis à pleurer un peu. Puis se fut la lumière aveuglante de la réalité brute, pure et dure.

Tii n’existait plus. Je ne verrai plus ses doigts arqués et durcis par l’égrènement continu de nuit comme de jour de son chapelet noirci par les ans. Un chapelet qui avait appartenu à sa mère, nous avait-elle dit un jour.

Mais quelque chose de Tii est en moi. Tii est dans mon cœur, dans mon sang, dans l’air que je respire dans mon amour pour la vérité, pour le sol dont les grains sont constitués de corps de ceux qui n’ont jamais trahi le pacte divin. Tii est en moi ! Je suis une continuité de cette partie d’elle, qu’elle a laissée en nous. Ces pages survivantes de notre “Mrabtaa”, je ferai tout pour les garder. Je ferai tout pour les défendre. Puisse Le Seigneur des mondes visibles et du mystère, faire que mes enfants les transmettent aux leurs, jusqu’au jour de la rétribution. Tii est immortelles. Au cimetière, il n’y a que poussière revenue à la poussière. L’essentiel est en haut. Très haut, auprès du Très Haut.

Mohamed Hanefi

Koweït

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Les vingt “tweets” de novembre.

December 7, 2016

Cinquante sixième rotation. Il me semble que ma compagne du trajet giratoire, la mort a absenté un bon nombre d’entre vous depuis ma dernière visite.

Puisse Allah les accepter dans Sa miséricorde qui couvre toute chose.

La dame à la faux. Elle tourne beaucoup plus vite que moi. Vous êtes trop pressés de tout avoir et elle est très pressée de tout finir.

Vous avez foisonné sur le net : Les pires esprits parmi vous sont devenus les plus saints sur ces pages sociales.

L’hymne national est pourtant une feuille de route fiable.

“Soyez une aide pour Dieu et désapprouvez ce qui est interdit. Et respectez la loi qu’Il (Allah) vous a choisit (…) Et laissez ces gens qui font de mauvaises choses au nom de Dieu. Ils l’ont dénaturé en le faisant à leur image.”

On n’endosse pas la tunique de la voie de Dieu pour astiquer d’autres ambitions?

Comme dit le célèbre islamologue Tariq Ramadan:” ne vouloir manger que la viande halal. Mais se goinfrer de la chair palpitante de son frère !! “L’un de vous voudrait-il manger de la viande du cadavre de son frère?” voilà la seule viande indubitablement non halal que tous ou presque vous grugez impunément.

La justice ne doit ni spécialiser, ni favoriser, ni catégoriser, ni marginaliser. Ceci s’appellerait: l’injustice manifeste. Et Allah n’aime pas l’injustice. Craignez-le.

Tout le pays est important. Toutes ses villes sont magnifiques. Toute son histoire est à transcrire et à respecter. Les choses incomplètes ne sont pas bonnes à contempler. Elles sont destinées au mépris et à la disparition. Soyez plus solides et moins gazeux.

Posez-vous toujours la simple question :

Avons-nous approuvé ou reprouvé le pacte avec Dieu?

La devise nationale!! Elle est belle. Ne la faites pas mentir. Vous vous diviseriez dans une ère ou les divisions annoncent les malheurs et favorisent les sécessions.

Vous sculptez des principes, et vivez leur contraire!

-Qui blâmerait les sécessionnistes d’écarteler le territoire dans un état fragmenté et se fragmentant d’avantage à chaque 28 novembre un peu plus?

Voulez-vous être un second Soudan? Un pays qui s’est voulu deux ailes au Nord et au Sud, et qui s’est éparpillé les plumes aux quatre points cardinaux. Un état qui a perdu la force d’un grand peuple et la sève d’une longue histoire !!!

La malhonnêteté et la mauvaise foi ont tellement envahie les cœurs qu’énoncer chaque vérité est devenue un mensonge.

En mal d’origines, comme si vous étiez éternellement insatisfaits de vos ancêtres et de votre patrimoine national,  vous sillonnez les continents pour inviter toutes les ambitions étrangères à prendre possession de votre pays. Vous aurez largement le temps d’en évaluer la lourde facture, le jour ou vous déciderez de les en faire ressortir. Comme disent les anciens: “Cinq doigt introduisent un virus que dix ne peuvent enlever.”

Si au moins vous comparez votre pays à votre famille. Personne ne vous apprend vos devoirs et vos responsabilités dans votre famille. Posez-vous quelques questions :

-accepteriez-vous d’introduire n’importe qui dans votre maison?

-Remettre les clés de vos coffres et de vos valises aux voleurs?

Transporteriez-vous vos différents avec votre épouse chez les voisins ou plus loin chez les autres?

-laisseriez-vous à vos enfants la liberté de souiller votre nom par les comportements immoraux sous prétexte de l’autonomie individuelle?

Confieriez-vous vos filles et vos petites sœurs au premier venu? Et même au dernier venu?

-introduiriez-vous  n’importe qui dans votre intimité familiale ? Donneriez-vous aux loups humains la permission de dormir avec vos enfants vos mères et vos tantes?

-laisseriez-vous les poubelles envahir jusque sous votre lit? Sous le thème et le grand titre de liberté?

Pauvre liberté et pauvre démocratie !! Vous vous souillez sans le savoir. Vous êtes dans une barque collective et celui qui en perce la coque entrainera le naufrage collectif.

Regardez les milliards de musulmans qui sont accusé de tous les maux, toutefois, et pour la simple raison qu’un quidam se prend l’envie de faire une bêtise a la surface de cette immense planète.

La Mauritanie vous abrite, et négliger son sort sera la signature de votre arrêt de mort collective.

Vous n’avez pas compris que pour ce monde “altruiste”, qui vous donne gratuitement, vous n’êtes qu’une marchandise, une convoitise, un gibier de friandise à dompter. Un paquet de mal-négociations, qui s’exprimera librement tant que le piège maléfique ne l’a pas complètement empaqueté, enveloppé et neutralisé.

Méfiez-vous de votre soif insatiable, votre cécité à ne voir que ce qu’il y a dans la main des autres.

Brader son pays est la pire de toutes les erreurs.

Ne faites pas face à la longanimité d’Allah par la hardiesse à transgresser ses lois.

Ouvrez, nettoyez et de pansez les blessures du passé pour préparer de fraternels moments dans l’avenir.

Ne passez pas du flagrant délit au seuil du flagrant défi aux normes du Seigneur des mondes?

Parfois trop tenir au monopole, nuit gravement.

Quand une personne se met à reconsidérer les constantes, c’est qu’elle a été meurtrie au point de ne plus considérer ni rien ni personne.

Epaulez vos frères au lieu d’aider Satan contre eux. C’est l’attitude du vrai croyant, du vrai patriote, et du vrai dirigeant. C’est la philosophie intègre de ceux desquels Allah a dit : “Cette demeure de félicité de l’au-delà, nous la réservons a ceux qui ne cherche ni domination sur terre,  ni ne sèment de désordre.”28-83.

“Allah ordonne la justice et la bienfaisance.”16-90.

Le peuple ne pleure pas mais il a mal. Il ne dit rien, mais il observe sent et ressent. Les fautes de ceux qui se placent en tête: religieux, politiques, charlatans, ou simples manipulateurs, ont usé les gommes géantes d’une patience qui s’est tant et tant effritée; qui a  tant et tant enduré. Les gommes se sont usées et les doigts sont entrés en contact avec des surfaces rugueuses et blessantes.

Ceux qui mentent, trompent, falsifient et rejettent leurs fautes sur les autres sont devenus légions dans toutes les disciplines.

Dieu n’aime pas la turpitude.

Pourtant vous étiez sobres et frugaux. Que vous est-il arrivé entretemps?

Ne tombez pas dans le piège des jours. Ils vous miroitent une éternité et vous prennent à l’improviste.

Vous n’êtes qu’une somme de minutes qui va en s’amenuisant, avant de vous jeter devant le tas de vos actions. La nuit et le jour savent bien le faire. Ils le font depuis des temps et continuent à le faire.

Oubliez les mauvais jours, mais n’oubliez pas les leçons qu’ils vous ont laissées.

Que ceux qui se dépensent pour raviver les mauvais souvenirs, essayent seulement de faire un raisonnement simple: -ou nous mèneront de tels efforts? A quoi bon jouer pour que le mal, la douleur, les haines et les rancunes ne meurent jamais?

Se donner des coups de griffes à Genève au nom de gens desquels on se soucie comme de sa première chaussette. Craignez Dieu. Il peut douloureusement vous confondre.

Il est impossible de ramener hier, ni de le changer. Rectifier le passé est une mission impossible malheureusement. Pourquoi alors ne pas pencher vers l’action qui donne le gout de sourire ou d’espérer à nouveau?

Ne franchissez pas des pas sans retour. Dans la colère, laissez quelque chose pour la paix.

Ne dévastez pas ce qui vous ne pouvez refaire.

Si vous avez mal, cherchez le remède chez vous, quelle que soit la difficulté à l’obtenir.

Cultivez le savoir et développez la santé. L’ignorance et la maladie ne peuvent guider vers la prospérité d’un peuple.

Seules les fourmis passent tout leur temps à amasser. Suffisez-vous de peu, vous vivrez heureux.

La jalousie, l’envie, les méchancetés gratuites, les trahisons, l’hypocrisie, l’orgueil, les mensonges sont les ingrédients naturels de la dislocation d’une société. Eloignez-vous en.

La sagesse est le bien errant et perdu du croyant. Là où il la rencontre il en est le plus méritant.

On ne peut fréquenter une mosquée avec l’esprit commercial, ni distribuer la justice de Dieu selon les critères et les principes de l’iniquité.

Quand on parle au nom de Dieu, on doit d’abord se dévêtir de l’esprit intéressé et crapuleux de l’homme.

Un berger qui ne surveille qu’une partie de son troupeau, perd la moitié de sa fortune.

Un président doit s’entourer d’abeilles qui piquent, mais donnent le miel. Plutôt que de mouches qui chatouillent pour charrier les microbes la pourriture et les épidémies.

Le savoir est ce qui procure quelque avantage, pas ce qu’on récite. Et la beauté d’un savoir consiste en la reforme positive du travail pour le bénéfice qu’il donne aux hommes.

Si vous avez réellement un but national sacré, hissez vos efforts à la mesure de ce but. Sans mise en scène. L’enjeu est de taille. Ce ne sont pas les sursauts périodiques qui feront un pays durable.

Jetez du lest et gardez les pieds sur terre. Sinon vous risquez de vous élevez au ciel beaucoup plus vite que vous ne le souhaitez. Cette fois l’indépendance vous catégorise en trois types:

1-Celui pense que son effort n’est pas suffisant doit multiplier l’effort pour s’acquitter du devoir national.

2-Celui qui sait qu’il ne déploie aucun effort et ne veut pas se dépenser, celui-là doit assumer ses fautes pour l’histoire.

3- Et le pire. Celui qui, orgueilleux et immoralement immodeste, rogue et arrogant pense qu’il est mieux né que les autres. Celui là son affaire est vers Dieu qui dit: “L’orgueil est ma tunique et celui qui essaye de me la partager, Je le roulerai dans la tourbe.” Son jour arrivera inévitablement.

C’est lui, que le prophète (psl) a décrit disant: “Celui qui est saturé de ce qu’il n’a pas.”

Les meilleures personnes œuvrent pour le bien sur cette terre et le sèment sur leur passage dans cette vie.

La Mauritanie forte pour tous est un intérêt commun.

Dans votre action cherchez l’avenir de vos enfants.

Si vous voulez rester sous la couverture de la miséricorde divine, n’essayez pas d’en priver ses créatures.

Peut-être comprendrez-vous.

Il suffit juste d’un peu de franchise un peu de sobriété, un peu de justice, une pincé de tolérance pour que la carapace nationale continue à protéger vos enfants. Tous vos enfants.

Rappelez-vous avant que vous ne soyez un rappel pour les générations futures.

La lune est partout la même. Mais quand un soir à Médine, le prophète Mohamed (psl) dit à Aicha, la mère des croyants: “La lune est magnifique à Médine.”, elle lui répondit : “La lune de la Mecque est plus belle.”

Vous ne gouterez jamais la jouissance de l’observation de la pleine lune ailleurs que sur ce territoire, dont vous n’arrivez pas encore après cinquante six ans d’indépendance à évaluer la vraie valeur et à protéger son existence avec la sagesse et la bonne parole.

Qu’Allah ouvre les yeux et les cœurs à tout le monde. Qu’il éloigne de vous les malheurs et les mauvais événements de ces temps. Qu’Allah protège le pays de ceux qui, naguère étaient très riches avec une calebasse de couscous ou une écuelle de Latchiri-et-kossam et que les tentations mettent à rude épreuve. Amine.

Bonne fête pour toutes les mauritaniennes et tous les mauritaniens, toutes ethnies et toutes couleurs confondues. Que le Seigneur des mondes fortifie le bras de tous ceux qui sont armés de la conviction ancestrale que ce que nous sommes est Le meilleur, même s’il n’est ni le plus parfait ni le plus avancé ni le plus somptueux. Amine. C’est Dieu qui a et c’est Lui que nous implorons.

Mohamed Hanefi. Koweït.

L’académie de Satan.

December 6, 2016

Ce matin encore c’était Nana Toupak, notre référence aux antiquités nationales, qui clamait en plein centre du marché: “Mohamed ould Abd Al Aziz doit quitter”. Quitter ou? Et à remplacer par qui ou par quoi? Ces questions, pourtant incontournables, semblent reléguées aux hasards d’un futur, dévoilé sans cesse par les tableaux fixes, inchangeables et mille fois inchangés du passé et d’un présent en couleur.

Maaouya a été chassé héroïquement et sans coup férir, par un peuple qui hier seulement encore jurait de ne respirer que par sa présence. Comme on promet de se suicider aujourd’hui si le chef de l’état actuel se hasardait à refuser ce fameux troisième mandant que tout le monde lui propose et que personne ne possède.

L’opposition est là. Ou “peut-être est là”. On ne peut savoir exactement.

On peut seulement se demander qu’est ce qu’une opposition et à quoi elle sert dans des situations comme la notre. Qui a opposé l’opposition à ce à quoi elle s’oppose? En quelle période? Autour de quels principes, au nom de quelle quantité de la volonté du peuple? Avec combien de voix et dans quelles circonstances? Etc.

Quand il était devenu Calife des musulmans, Abou Bakr entendit une femme des Ansars se plaindre : “Qui va nous traire notre chèvre maintenant que Abou Bakr est devenu Emir des croyants ? Il était le seul qui le faisait.” Et le calife profondément secoué, de se dire: “Par Allah personne ne la traira autre que moi. Mon Dieu fait que la situation que Tu me donne ne me fasse jamais oublier qui je suis et ne m’éloigne jamais de tes pauvres.”

Qui de notre gouvernement ou de notre opposition peut lever la main aujourd’hui pour dire je trayais les chèvres pour les pauvres et je continuerai à le faire?

Ou au moins faire le serment de ne pas traire le peuple jusqu’au sang une fois vautré dans “le sain siège”.

Le peuple est mal. Il est mal éduqué, mal informé, mal formé, mal respecté, mal associé au partenariat de ses propres affaires. Il ne vote pas, on le fait voter, il ne décide pas, on le fait décider, il ne pense même pas, on le conduit à penser pour célébrer la réussite de ceux qui le mèneront vers cet état léthargique qui empêche le pays d’avancer. Anesthésie totale devant la catastrophe imminente.

Quand un peuple est désorienté, il faut chercher la faute du coté de ses meneurs.

Qui peut revendiquer de servir le peuple pour l’amour de Dieu? Ou sont les campagnes pour éduquer, aider, instruire, sensibiliser? Rien.

Les luttes qui foisonnent ont d’autres orientations très loin de la recherche de la prospérité du peuple ou de son développement.

Il n’y a pas besoin de lunettes pour voir que tout celui qui lutte héroïquement pour les intérêts du peuple, se love, une fois arrivé,  dans les draps duveteux de ses propres intérêts, ceux de sa famille et de ses proches.

C’est pourquoi le peuple n’a plus qu’une  issue: La flagornerie les applaudissements soutenus, les déclarations d’amour infidèles les faux messages aux dirigeants et les serments d’allégeances empoisonnées. Ces pauvres dirigeants à leur tour sont soumis psychologiquement aux influences narco-narcissiques de spécialistes de l’hypnose egocentrique qui leur chantent sans discontinuer “Il n’y a de Dieu que toi.” Astaqfiroullah.

C’est ce genre d’expertises, de sciences perverses et immorales que nous transmettons à nos enfants.

Des malformations sociopolitiques mutantes conçues et armées pour se transmettre de générations en générations.

Madame mint Kleib, la Jeanne d’Arc, d’Atar a envoyé au président Aziz le message le plus précieux qu’il entendra “Si tu penses que tu nous donne quelque chose, sache que nous ne le recevons pas. Si tu crois que ceux qui te rendent compte de nous sont sincères et véridiques ou honnêtes, voilà nous te disons, nos yeux dans tes yeux, dans leurs yeux qu’ils sont faux et ne disent que mensonges.”

Nous sommes victimes gouvernants et gouvernés de nos propres tours de cache-cache avec le Bon Dieu.

La décoration du mensonge, que nous semblons adapter et adopter est la première étape vers la décadence des peuples.

Je suis sur que la première revendication, la prière qui vient avant toutes les prières de Maaouiya ould Taya aujourd’hui sera que “ce peuple disparaisse.” Car s’il a fait ce qu’il a fait c’était bien parce que le peuple l’a poussé vers ce vers quoi il l’avait poussé.

Cet état de malaise sous jacent est aggravé par la cupidité de celui qui vise le sommet à user et abuser de toute fracture sociale qui lui tombe sous la main. Les ethnies sont jetées les unes contre les autres et la confiance entre les citoyens, se désagrège à vue d’œil et disparait à tire d’aile.

Le negro mauritanien a peur de l’ouverture sur les arabes, les touaregs, les “peaux claires” etc.… et le maure est inquiets de voir un président noir ouvrir les portes a l’Afrique noir au détriment de sa chère arabité.

Le sentiment national patriotique s’est effrité sous l’effet corrosif du grignotage systématique de l’appartenance à un seul pays et du lien normalement solide du lien par un même destin.

Pourtant il est devenu clair et plus qu’évident, qu’aucune entité

nationale ne sera jamais rien sans que toutes soient quelque chose.

Ceux qui nous ont précèdé sont arrivés aux faites et aux cimes, par la force de la morale, la morale de la force, le privilège de la justice la justice du privilège, le culte de la véracité, le sacre de la fraternité et le poids des valeurs.

Allah vous a mit en garde contre l’ennemi eternel, le plus tenace et le plus patient à vous détruire: Satan. Celui qui a juré de vous perdre. “Satan est pour vous un ennemi, considérez-le comme tel.” Coran. Il est capable de vous ouvrir soixante dix portes d’illusion pour arriver à vous engouffrer dans la bonne porte de votre perte. Du simple regard à l’adultère, de la simple liberté d’expression à la médisance, de la simple gestion de biens public à la haute trahison du jugement entre les gens au “shirk”etc.…

Les plans de Satan sont clairs, mais beaucoup tombent dans les mailles de ses filets, les yeux ouverts. Ils s’y trouvent des excuses, pour ne plus en sortir.

Si Allah vous éprouve par les insufflations du malin, vous ne devez cependant jamais oublier qu’entre deux battements de cils, le Maitre du monde change ce vaste univers d’un état à un autre.

Le pauvre d’aujourd’hui est le riche de demain, le jeune devient le vieux, le cher aujourd’hui devient servile demain. Tout change. Tout changera. Rien ne dure. Seul Dieu reste.

Pourquoi alors accepter d’être dans la mauvaise mémoire de l’histoire et du jour du jugement.

Pourquoi vendre ce qu’on a de plus cher contre des bouchées de vent qui ne durent pour personne et se transforment sans discontinuer en souvenirs flous et inconsistants.

Tous les dirigeants se valent pourvu qu’ils soient mauritaniens aux sens propre et figuré.

Que samba Thiam, Ould Daddah, ou Messoud Boulkhayr, malgré l’âge, Voulane ou allane gouvernent n’est pas le problème. Le problème c’est de se purifier la conscience avec Dieu et ses créatures envoyer des messages positifs à tous ses concitoyens pour rassurer de l’homogénéité et de l’uniformité des objectifs, des principes et des la fidélité à la nation et à son unité sacrée, du traitement de tous les citoyens sur le même pied d’égalité.

Mener le pays dans l’esprit de celui qui gère sa propre famille.

Quand le dirigeant est conscient sobre et juste, il entre dans le cercle de ceux qui, prophètes, messagers hommes sages et justes sont sur cette terre pour le bien. Ceux à qui le Maitre des mondes a promis : ” Cette demeure dernière, nous la réservons à ceux qui ne recherchent ni à s’élever sur terre, ni à y semer la corruption. L’heureuse fin appartient aux pieux.”28-83

Mohamed Hanefi. Koweït.