Archive for January, 2016

Les n fois de la foi.

January 20, 2016

Il n’est pas de mon ressort, ni de mon devoir, ni de mon intention de juger le visage que présente le mauritanien à l’étranger et particulièrement dans le Golfe ou je réside depuis plus d’une vingtaine d’années.

Il n’est, non plus pas de mon intention, ni de mon habitude de dire ce que je pense de la manière avec laquelle beaucoup de  nos concitoyens obtiennent argent ou promotion à l’extérieur du pays.

En ce qui concerne cette affaire religieuse, dont les fracas commencent à assourdir et les conséquences à alourdir, je veux dire, ce que je crois être mon droit et mon devoir de mauritanien et de musulman.

Nous sommes tous à cent pour cent musulmans de notre propre témoignage. Nous sommes nés sur cette foi qui nous permet de gérer toute notre existence. Depuis la cérémonie du baptême de la naissance, jusqu’aux processus funéraires. C’est selon elle que nous comparaissons cinq fois par jour devant le Seigneur des mondes, avec elle que nous implorons son aide dans l’aisance et la difficulté. C’est elle qui gère nos rapports, nos mariages, la distribution de nos héritages et jusqu’à notre comparution devant le Juge Suprême.

Nous vivions ainsi. Retranchés dans notre univers, certes humble et modeste, mais qui n’enviait rien aux fastes de tous les monarques de la terre. Toute notre vie se résumait en Bismillah, Alhamdoulillah, Inchaallah, Laqouwata-illabillah et dans le pire des malheurs innalillah wa-inna-ileyhi-rajioune.

Dans la modestie de notre vie et par la solidité de notre foi, nous étions le peuple le plus fier, le plus consentant de la volonté divine, le plus attaché à ses valeurs et le plus sincère vis-à-vis de Dieu.

Ceux qui venaient chez nous, nous qualifiaient d’affables, d’hospitaliers et de véridiques.

Nous suivons méticuleusement la voie et l’exemple de notre prophète Mohamed (psl). Cet envoyé, qui entre parenthèses, n’insultait jamais, ne maudissait jamais et n’indexait jamais personne. Il se contentait de prier pour que le fautif parmi ses compagnons recouvre la bonne voie.

Ce prophète, comme la plupart des messagers, sur eux la paix, le salut, et la bénédiction d’Allah, vivait dans la pauvreté, alors qu’il avait les trésors de la terre a ses pieds. Sa famille passait parfois deux à trois jours sans allumer un feu. Sa fille travaillait pour subvenir à ses besoins et son gendre Ali, au visage béni par Allah, puisait l’eau pour une juive, pour huit dattes par jour. Salaire, qu’il n’a pas hésité un instant à mettre dans la main d’une mendiante, au soir d’une journée de fatigant labeur et alors que ses enfants Hassan et Houssein attendaient à la maison tenaillés par la faim.

Suivre l’exemple de cet homme suppose beaucoup d’efforts sur soi, sur ses convoitises et ses plaisirs.

On ne peut suivre les pas de l’envoyé (psl) à coups ostentatoires de klaxons, ni avec des appétits-boussoles qui suivent la direction des cours de change.

Suivre le prophète est difficile et traduit inévitablement un comportement qui ne peut souffrir la critique de personne.

L’envoyé Mohamed (psl), l’a dit lui-même : “J’ai été envoyé pour compléter le summum de la vertu.”

Nous suivions ainsi la tradition du messager selon nos possibilités “Allah ne demande à aucune âme plus que ce qu’elle peut.”, jusqu’au jour ou nous nous rendîmes compte que dans ce monde de faussetés, tout peut apporter de l’argent.

Les tentes de nos vieux sages, qui abritait chacune sous ses “khalfas” une université coranique, et ou aucun enfant ne pouvait atteindre ses quinze ans sans réciter la totalité du livre, s’animèrent d’une vie singulière et nouvelle.

Des voix commencèrent à se faire entendre à plus haute voix pour se faire entendre, non par le Créateur, mais par les bailleurs de fonds. Hélas.

Les grands savants, qui par pudeur et par fidélité à l’exclusivité à Dieu, ne voulaient découvrir leur sainteté à personne, furent submergés par la nouvelle cacophonie d’une propagande qui fait plus de mal que de bien à notre religion.

On manufacturait ouvertement la foi à de bien tristes desseins.

Cette foi là, qui rapportait, fut sujette à un autre phénomène, non moins intéressé : L’appropriation pure et simple de la croyance. “Tu vois à travers moi, ou je te prive de la miséricorde divine.”

A quoi rime de citer de longues références à la place des paroles divines qui sont descendues claires et précises. Les signes d’Allah sont clairs et se situent partout, pour qui veut voir ou entendre.

“Parmi Ses signes il vous a crée de terre – puis vous voilà des hommes qui se dispersent (dans le monde).

Et parmi Ses signes Il a crée de vous, pour vous des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent.

Et parmi Ses signes la création des cieux et de la terre et la variété de vos idiomes et de vos couleurs. Il y a en cela des preuves pour les savants.

Et parmi Ses signes votre sommeil la nuit et le jour et aussi votre quête pour Sa grâce. Il y a en cela des preuves pour des gens qui entendent.

Et parmi Ses signes Il vous montre l’éclair avec crainte (de la foudre) et espoir (de la pluie) et fait descendre du ciel une eau avec laquelle il redonne la vie à la terre après sa mort. Il y a en cela des preuves pour des gens qui raisonnent.”30-20-21-22-24.

Gloire au Très Haut. Il n’a besoin ni d’ajouts, ni d’interprétations douteuses, qui vont à l’encontre de Sa vaste miséricorde.

Il a crée les humains et les djinns, uniquement pour l’adorer.

C’est Lui qui guide et c’est Lui qui perd. C’est Lui qui tue et c’est Lui qui fait vivre. “On ne Lui demande pas compte de ce qu’Il fait. Eux on le leur demande.”

Allah nous commande la justice et la bienfaisance. Il nous interdit de faire du tort les uns aux autres. Il nous met en garde contre la propagation du mal sur terre. Notre passage sur cette terre est sanctionné par une comparution devant Lui, pour répondre de nos actes. Endurer le salaire de nos péchés ou  bénéficier de Ses récompenses pour ceux d’entre nous qui ont bien passé l’examen. Nous ne sommes pas les censeurs les uns des autres. Allah a dit, s’adressant à l’envoyé (psl) :

“Rappelle! Tu n’es qu’un rappeleur. Tu n’es pas un dominateur sur eux. Sauf celui qui tourne le dos et ne croit pas. Alors Allah le châtiera du plus grand châtiment.” 88-21-22.

Si la Mauritanie veut échapper à la perte certaine de ses valeurs ancestrales et à ce qui fait d’elle une terre de piété et de paix, elle doit se ressaisir.

Si nous avons quelques erreurs techniques dans la gestion de nos rapports selon les préceptes d’Allah, nous devons les corriger sans détour, ni retard. “Tous les humains sont fautifs et les meilleurs des fauteurs sont ceux qui se repentent.”

Nos Oulémas, drapés dans l’habit de respect et de dignité qui leur sied, doivent se concerter, loin de toute politique et de toute allégeance et remettre ce qui le doit, à sa place. Ils doivent présenter les ordres d’Allah au commun des fideles, purifié de tout ajout et de toute zone d’ombre. C’est ainsi qu’ils seront et nous, inchallah avec eux, parmi ceux desquels Allah a dit “Sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance.”

Quelle que soit la quantité, la valeur ou la qualité de ce que nous avons, nous devons nous souder autour, pour la raison de notre existence et la consolidation de notre sécurité. Ce monde n’épargne plus ceux qui dorment.

Pour ceux d’entre nous qui offrent une image hors des frontières, nous leur disons ce que Ould Haddar a dit à son fils : “ne te complait pas dans l’ignominie facile. Les nouvelles finissent toujours par être divulguées.”

Pourvu que le rideau de la protection de Dieu, ne retire pas pour montrer à nos égarés combien de dignité, d’autonomie et de liberté, ils ont perdu et fait perdre dans les casinos de la tourmente humaine. Amine.

Mohamed Hanefi. Koweït.

A tous les “Extégristes”

January 20, 2016

Ces derniers jours et suite à deux articles que j’avais publiés sur Cridem et sur Kassataya, j’ai été victime d’une véritable campagne de dénigrement.

http://cridem.org/C_Info.php?article=679505 et

http://cridem.org/C_Info.php?article=678802.

J’ai été traité de “négationniste”, de pervers, d’hypocrite de sadique, de… de… et j’en passe. Mon portable, mon téléphone et mon mail ne désemplissaient pas de griefs, parfois d’insultes.

Certain m’ont bombardé de questionnaires, qui frisent l’insolence et la mauvaise foi.

C’est pourquoi j’ai préféré porter cette situation, il est vrai singulière devant le jugement de tous les lecteurs de ces respectables sites. Je vais répondre à certaines questions auxquelles je ne suis pas obligé de répondre, entre parenthèses, mais surtout je veux dire à tous, ce que je pense de cette gestion plus qu’indigne que nos intellectuels, et nos prétendus intellectuels, ceux pour qui j’ai inventé le mot “Extégristes”. Le jeu qu’ils font de nos problèmes nationaux.

Ceux qui réclament la liberté d’expression, la liberté d’opinion, le respect de l’autre, semble ne psalmodier ces slogans cosmétiques que dans le sens ou cela verse dans la flamme de leur conception belliqueuse des choses.

Pour soigner le pays de maladies graves qui perturbent son équilibre et sa sérénité, ils inoculent dans ses veines sensibles, des cultures de maladies incurables et mortelles.

Mais tant pis pour moi. Je savais qu’en s’installant dans l’avoine, le risque est d’être bouffé par les ânes.

Surtout ne pensez pas que je garde rancune à quiconque ou que je veux poursuivre quiconque pour attaque sur ma pauvre personne.

Quand j’ai écrit sur l’esclavage, ce n’était pas pour vilipender les maures. Ce que certain maures ont pensé malheureusement. Car l’esclavage n’est pas typiquement maure. Je connais personnellement des noirs mauritaniens et des harratins qui avaient les leurs. L’esclavage est le plus abject des crimes contre les humains. Personnellement je crie haut et fort que je lutterai de toutes mes forces et de toute la portée de ma voix et de ma plume contre cette relation contre nature, qui a germé au sein de notre peuple depuis des décennies. Il demeure que je ne suis pas une autorité et je n’ai aucune forme d’autorité hormis ma voix. Il est bien entendu que je me basais sur cette fameuse liberté d’expression, ce respect de l’autre et cette autonomie de l’opinion que tout le monde réclame et que personne apparemment ne respecte. Ceux qui ont lu mon dernier article avec bonne foi, ont compris que je n’ai été tendre avec aucune forme d’esclavage. Je n’ai non plus jamais dit que “Les esclaves devaient accepter leur conditions pour ne pas perturber l’ordre établi” ceux qui comprennent la langue ont compris le message. Mais ceux qui cherchent toujours à ramasser des brindilles pour leur feu, y ont vu autre chose. Leur esprit gavé de suspicion jusqu’à la lie leur montre l’esclavage partout. Tous les maures n’ont pas été esclavagistes. Pourquoi tenir à condamner toute une ethnie pour les fautes commises par certain? Sinon tout le pays pour ne pas dire tous les pays, ne seraient plus que des bandes de voleurs de charlatans de violeurs et de criminels. Ici la mauvaise foi crève l’œil.

Certain ont planché sur le “bon” maitre, que j’ai bien mis entre griffes, pour s’indigner faussement.

Je ne suis pas disposé, ni obligé de vilipender la Mauritanie, pour paraitre dans l’habit du révolutionnaire, qui s’attire la compassion et les soutient d’une communauté nationale ou internationale. Hors ceux qui ont suivi ce chemin là, à défaut de vous taxer d’apostasie (Certain me reproche d’ailleurs de trop parler de religion), ont inventé d’autre accusations pour la spécificité de la cause. Que veut dire être “négationniste” ” suis-je négationniste? Et pourquoi ? L’un des cavaliers de cette armada me reproche:

1-Tu as laissé des vaches dans le village pour confiner les esclaves dans leur condition et les visiter en aristocrate, avec tes amis. Je n’ai pas d’amis. Les amis n’existent plus mon cher. Dans ce monde il n’y a plus de propreté. Je ne suis pas et ne souhaite pas être aristocrate. Mes enfants puisent l’eau pour les villageois. Allez leur demander. Tout ces gens maures, harratins ou peuls sont mes parents. Mes vrais parents. Je ne le dis pas par protocole. Je suis sorti de l’utérus de l’une d’elle, pour être plus clair. J’ai trois grands pères paternels et deux maternels, enterrés dans ces villages

Comment puis-je confiner ma mère ma sœur, mes oncles, mes mères de lait, les hommes desquels je descends dans l’esclavage? S’ils sont esclaves, je ne peux que l’être moi-même.

Ce monsieur, pensait que j’étais étranger au village et ainsi il a donné libre cours à son imagination. Dans le mauvais sens bien sur et malheureusement.

Il ajoute qu’est ce qui “NOUS” prouve que tu ne touchais pas des dons au nom des villageois? Akh!. Monsieur je suis un prof de français. Mon métier est d’éduquer. Je ne suis pas dans un cadre comme celui auquel vous pensez. J’ai un salaire qui me permet d’aider mes parents. D’où vous viennent ces idées? J’espère que ce n’est pas par connaissance de ce qui est en vous que vous m’avancez de telles allégations. Surtout que nous ne nous connaissons même pas. Un autre reproche de ces attaques acharnées apparemment sur ma négligeable personne: “tu as une maison à socogim et tu as été envoyé au Koweït. Ce n’est pas à la porté de n’importe qui.” Non monsieur j’ai été désigné parmi le groupe de Koweït au moment ou j’étais dans la Chamama exactement avec un groupe de cinq ONG. J’étais coordinateur de Trickle-up de New York. J’étais parmi une sélection de professeurs. Je pouvais aider mes parents sans passer par toutes ses mauvaises choses. Et pourquoi d’ailleurs devez vous pensez ainsi de moi? Est-ce là la justice la fraternité, l’égalité et le respect de l’autre que vous chantez sur les toits?

Il est vrai que, j’ai été très naïf, en ouvrant tout mon cœur aux mauritaniens de tout bord. Même avec ma vie privée. C’était une erreur, mais surtout une leçon de parcourt.

Je ne me dresserai jamais contre une communauté de ce pays, ni contre la Mauritanie. Je suis partisan de corriger le pays, sans le rouler dans la tourbe ou le livrer aux genres de massacres que j’ai vu ailleurs. J’ai tous les sangs de ce pays dans mes veines et j’en suis fier.

Je ne fouillerai jamais dans les faits divers du monde pour dire que la Mauritanie est un pays de perversion et de crimes. Jamais. Et je me dresserai contre qui le fera avec ce que je peux.

Quarante enfants dans un camion en Guinée ont été au début qualifié de “almoudos” pour les mahadras en Mauritanie et le furoncle à poussé jusqu’affirmer que ces enfants vont être vendus sur un marché d’esclaves en Mauritanie.

A supposer que ce pays va changer. Mais vous l’avez tellement noirci que personne n’aura plus jamais envie d’y poser le pied.

Non messieurs. Je sais qu’un Mauritanie, il y a des injustices. Il y a des esclaves. Il y a des laissés pour compte. Il y a des familles de victimes, des gens qui ont perdu leurs terres et leurs biens. J’habite au milieu de ces gens à chaque fois que je peux aller en Mauritanie. Ce n’est pas une gratitude, mais un devoir. Je suis foncièrement contre toute forme d’injustice, y compris celle de vouloir obliger les gens à penser comme soi. Mais je vois que certaines choses changent, pour qui veut bien voir. Que les enflammer est une erreur impardonnable et criminelle.

Vous êtes donc deux à vouloir perpétrer cette situation:

a-Ceux qui jouent au chat et à la souris avec les nouvelles lois et la nouvelle volonté de certains citoyens intègres à finir le calvaire du pays.

b- Ceux qui pour une raison dans l’esprit de Jacob, veulent bruler le pays. Et l’un d’eux me l’a dit d’ailleurs clairement: “Nous voulons le chaos pour “redistribuer les cartes.”

Une bouche propre peut-elle dire une telle chose?

Mais faites donc messieurs brulez le pays. Mais préparez vous à bruler avec.

Ce que j’ai remarqué malheureusement c’est que dans les mailles du net, des personnes respectables et moins respectables sont tapis à l’ombre pour exercer un certain terrorisme sur les autres, pour que jamais ils n’expriment une pensé contradictoire à leurs âmes malades. Les seules sonorités de leur pseudo, en disent long sur leurs intentions: Ibliss”, “gorkovich”, “puritanie” et la liste est longue. Remarquez que je ne cite le nom de personne. Je ne débusque personne. Les pseudos, eux tournent le dos. Manière peu cavalière de se sacrifier pour une bonne cause.

Ces personnes sont prêtes à déterrer les cadavres mauritaniens pour brandir les ossements en preuve que ce peuple est une anomalie, une erreur de la nature qu’il faut détruire. Et que ses cimetières profanent les droits de l’homme. Si au moins en nous comparant aux nations qui leur offrent l’exil ou l’hospitalité, ils se comparaient eux mêmes à la jeunesse et aux intellectuels chez qui ils vivent.

Les enfants bien éduqués, les enfants de bonnes familles, peuvent aller à la guerre contre n’importe qui, mais dans la dignité et le respect.

Regardez comment l’attaque du Burkina Faso par les terroristes a été mise sur le dos de votre pays. Et pourquoi? Parce que “leur porte parole” s’exprimait en hassanya!!! Mais c’est ridicule. Nous avons déjà assez de problèmes pour aller en chercher ailleurs.

Combien de tribus au Niger, au Mali, en Algérie en Libye et dans bien d’autres pays s’expriment en hassanya?

Mohamed Sidi Yahya, à lui seul a contribué à la libération des esclaves, plus que tous les intellectuels et les politiques réunis. Il n’écrit pas. Il leur parle directement. Il ne traite pas leurs problèmes dans les hôtels de luxe, ou à l’étranger il coexiste avec eux.

Pour celui qui m’a reproché des références à des hadiths et ayas invérifiés, je  ne suis pas un érudit, comme pensent certains. Très loin de là. Mais quand le monde noirci devant mes yeux, je n’ai qu’un recours : le refuge auprès de Dieu. “Pour ceux qui croient, il (le coran) est une guidée et une guérison. Et quand à ceux qui ne croient pas, il y a une surdité dans leur oreilles.”41-44. Quand à “non vérifiés”, là il faut me le prouver pour me repentir.

Avant de finir, je m’excuse encore pour la rugosité de ce texte et pour tous ceux qui ont pensé que j’agissais en mal. Je leur pardonne la suspicion malheureuse qui les a induits en erreur sur mon compte. Si c’est par erreur bien sur.

J’essayerai de ne plus m’afficher trop souvent sur ces toiles. Et je demande à Dieu de trancher entre nous et nos interlocuteurs par sa Justice et sa Vérité.

Mohamed Hanefi. Koweït.  

Pas l’esclavage, mais l'”ès clivage”

January 20, 2016

Les problèmes de ce pays sont d’ordre mental et culturel.

Le mauritanien n’a pas eu la patience de s’écouter et de sentir les appréciations autour de lui. Il était déjà arrivé au point culminant d’une conviction sociale, qui malheureusement ne va pas toujours dans le sens de sa survie et de son intérêt vital. L’être chez nous est chargé d’une prétention, qui, si elle n’est pas toujours négative, sème quand même un certain désordre, une certaine injustice et surtout un malaise alentour dans les rangs de ceux qui, amoindris, par sa répartition des choses et sa distribution des intérêts se sentiront toujours lésés dans leur propre patrie. Des ennemis potentiels, inévitablement.

J’essayerai modestement dans ce texte de montrer comment je perçois le rapport entre ce qui se dit, ce qui se fait, ce qui est, ce qui était et surtout ce qui doit être entrepris pour que ce pays ne soit pas dans la case de ceux dont Allah a dit :

“O vous les croyants! Pourquoi dites-vous le contraire de ce que vous faites? C’est une grande abomination auprès d’Allah que vous dites ce que vous ne faites pas.” 61-2 et 3.

Dire que ce peuple n’est pas bon c’est lui faire un grand tort. Au contraire, certaines qualités sur cette terre ne se trouvent nulle part ailleurs.

Je suis totalement d’accord avec le président monsieur Mohamed ould Abd Al Aziz, quand il affirme que l’esclavage n’existe pas en Mauritanie.

Il n’existe pas d’esclavage dans sens que la conception de ceux qui ne sont pas de chez nous, a de la chose. Nous avons les OGM d’un passé, qui n’a pas été toujours clément pour les plus faibles.

Il n’y a jamais eu de “marché aux esclaves” en Mauritanie. Le rapport est tout autre. Peut-être plus complexe, plus sentimental, mais surtout plus tenace.

En vérité, personne ne lutte pour libérer de cet esclavage qui “n’existe pas”. Mais tous les acteurs de cette triste compétence acharnée et fratricide, luttent pour devenir “maitres”. Pour être maitre, ce qui est le but de la grande majorité de notre peuple, il est nécessaire de définir des cibles crédibles. Une matière première malléable et  disponible, pour asseoir les fondements de sa lutte. Dénicher les sous hommes qui serviront de sujet, d’ingrédients à ces combats intéressés. Tous, visent un prestige social, un leadership, un fauteuil, une villa, une belle femme et une belle voiture.

Le mauritanien peut aussi bien s’endetter, se ruiner ou se tuer pour paraitre “supérieur”. C’est pourquoi les salaires ne suffisent jamais et que des familles parfois sont disloquées, parce que l’individu a voulu porter un fardeau supérieur à sa capacité.

Dire que l’homme de chez nous est raciste serait lui coller une étiquette plus lourde que sa responsabilité. Avec les africains de tous les autres pays du continent, il est modeste et avenant. Avec les arabes, les afghans, les chinois, les Bororos, les Araras, les peuplades de l’autre coté de l’autre coté de la planète, il est serviable, modeste et parfois servile, si l’intérêt l’exige.

Mais avec son frère mauritanien, le démon de cette valorisation, de cette distinction conférée par le certificat douteux de la naissance surgit irrémédiablement. Il veut éclipser l’autre, pour que son nom, celui de sa tribu, de son clan de son histoire, soit et restent les plus hauts. Cet excès de zèle là est génétique. Un clivage qui remonte d’un passé qui, exactement, comportait certaines injustices flagrantes, dont exactement cet esclavage, que j’appellerais volontiers “ès clivage”. Pendant des décennies, cet équilibre va durer. Parfois l’esclave, lui-même se réclamant de la grande famille du maitre, en tire fierté et intérêt réunis. Beaucoup de “bons” maitres étaient exploités par leurs esclaves, leurs griots ou leurs forgerons. Il suffisait, juste que ces derniers acceptent cette allégeance soumise et adoptent un profil d’infériorité, qui caressait le poil dans le sens de la vanité, de l’orgueil et de l’arrogance du maitre. Je vous épargne les exactions quelquefois immorales qui ont pu résulter de ce tutorat factice.

La Mauritanie est mal partie à un temps ou nous ne pouvions rien. Nous n’étions pas responsables de ce départ. Nous n’existions pas et notre avis sur ces événements passés vaut son pesant d’air.

Il y a des injustices flagrantes contre certaines couches sociales, notamment les noirs harratins et même contre les noirs tout court. Ceci doit être corrigé. Il ne peut l’être que de bonne foi, en s’attaquant aux sources de la division et non aux apparences.

Beaucoup de discours, d’émissions fautent sans être inquiétés de leur fautes. Dans notre situation, les mots sont plus mortels que les armes.

Il ne s’agit pas de donner une image aux autres, mais de sauver ses frères, sa maison, sa famille.

De longue date, des exclus ont été minutieusement préparés à coup de manipulations, tantôt religieuses, tantôt sociales, parfois mystiques, ou charlatanesque à s’accepter comme mauvais acteurs, méprisés dans une formation sociale, qui les reléguait au plus bas rang de société. Nos fondements sont ébranlés. Il s’agit de sauver ce que nous avons de plus précieux. Les attentes ou les promesses frisent la trahison nationale et risquent de servir de détonateurs à l’irréparable. Laqaddara-llah.

Ce n’étaient pas les galères, les chaines, les plantations à sucre, les morts par milliers dans les profondeurs des océans.

Non!

Mais c’était quelque chose d’abject et de quelquefois incestueux. Une torsion de la loi islamique, passée à travers un prisme qui la déformait sciemment, ou inconsciemment pour des raisons d’exploitation de l’homme par l’homme. On se rappelle que pendant son prêche de l’Adieu, l’envoyé d’Allah (psl), sur le Mont Arafat, avait dit: “Tout le musulman pour le musulman est interdit : son sang, son honneur et ses biens.” Hors ces, disons esclaves là étaient des musulmans. Bien sur des musulmans, qui de part leur fonctions et leur place sociale, n’avaient pas accès au savoir. Ils savaient à peine le strict nécessaire pour accomplir la prière obligatoire. Ils ignoraient les surérogatoires. Beaucoup n’accomplissaient leur prière que par mimes, ignorants qu’ils étaient, du sens de cette obligation sacrée. La plus sacrée des obligations. Leurs femmes par l’insufflation de certain, disons, “sachants”,  ne devaient même pas se cacher les quatre vingt dix pour cent du corps. Pour des raisons évidentes, très loin des enseignement de cette religion qui a fait de l’homme le vicaire de Dieu sur terre et pour le grand père duquel Allah a ordonné aux anges de se prosterner.

Vlane esclave de vlane, était donc un intérêt pour les deux: l’exploiteur et l’exploité dans beaucoup de cas. Exception faite, de certaines exactions sadiques, par lesquelles sont passés certains esclaves. Ne disait on pas, jusqu’à une époque récente que “La grandeur de l’esclave est à la mesure de celle de son maitre. Quelque chose comme “Le chien du roi est le roi des chiens.”

A la fin du vingtième siècle et au début de ce nouveau siècle, le pays a été surpris dans cette euphorie, jusque là impunie et moralement légale, par les balises aveuglantes des droits de l’Homme, les critiques de sociétés plus anciennes et plus profondément trempées dans les organisations sociales plus justes, plus humaines et plus logiques.

Tout le pays va sursauter, surpris dans l’extase de son sommeil. Filmé en flagrant délit, dans cette position indécente, presque obscène.

Mais tous les mauritaniens ne sursauteront ni de la même façon, ni dans les mêmes but, ni même dans la même direction. Ce qui aurait épargné au pays ces graves divisions, qui risquent d’en faire le véritable esclave du jugement de la communauté internationale et la triste victime d’un destin qu’il ne mérite pas.

Beaucoup de mouvement abolitionnistes, qui n’aboliront que la distance ancestrale avec les anciens “supérieurs”, qu’ils pourront désormais indexer, insulter, et jeter en pâture à la vindicte indignée d’une communauté internationale, qui ne connait du “type” d’esclavage que nous avons que ce que veulent bien leur décrire nos deux groupes rivaux : Ceux qui ayant profité de ce déséquilibre séculaire, veulent garder “dignement” leur “suprématie” et leurs intérêts, et ceux qui affamés de suprématie et voulant être maitres de quelques groupes, à leur tour, peignent le pays en noir, pour proposer un nouveau tutorat. Une lutte enragée sur le dos d’un peuple, qui entre les deux, risque de se noyer dans son sang, si la faim et l’ignorance ne l’exterminent pas avant.

La formation sociale de notre ancienne-nouvelle société traditionnelle, constitue le terrain propice pour la culture et la prospérité de telle catastrophe : Un peuple qui ne comprend pas, aux mains de personnes qui ne veulent pas comprendre.

Un bras de fer cynique, qui ne tient compte que de la solution qui verse dans ses intérêts.

La méthode académique de “Je dis ceci en haut et je fais cela en bas.”

Il n’est pas indispensable de dire qu’il y a des injustices en Mauritanie. C’est clair et tristement visible et catalogué. Les harratins sont dans une situation qui fait honte à tout mauritanien digne de ce nom, cela va sans dire. Beaucoup de voix s’élèvent contre ce déséquilibre dangereux pour notre existence en tant qu’état et en tant que frères.

Mais la solution est-elle d’accélérer la fuite en avant?

Pourquoi ce problème doit-il rester tabou et n’être traité que comme une peste qu’on ne veut pas appeler par son nom?

Les injustices sont-elles irrémédiables?

Allah n’a-t-il pas dit, excluant certain de sa colère et de sa vengeance: “Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne œuvre. Ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.”25-70.

N’est ce pas une solution directe de Dieu?

Allah est le Fort. Ne l’oubliez pas. Il a sauvé Moise bébé des mêmes flots du Nil, dans lesquels Il a noyé Pharaon, “le tout puissant”.

“Seuls les gens perdus se sentent à l’abri du stratagème d’Allah.”7-99.

Ne peut-on se démarquer de ces pratiques d’un autre âge et accélérer le mouvement de l’effort national dans le sens de remettre ces citoyens courageux, affables, travailleurs, honnêtes et généreux dans la place sociale qui doit leur échoir de droit?

A qui profite que ces plaies nationales restent toujours ouvertes, et font courir de si grands risques pour le pays?

La dignité et l’honneur de tout mauritanien exigent de mettre ces frères à l’avant, de leur accorder respect et de leur exprimer le regret de cette anomalie de l’histoire, par laquelle Allah a éprouvé notre société.

Accordez quelques postes à certain individus qui prétendent les représenter n’est en fait qu’une façon de reculer une échéance qui arrivera forcement. Nous avons vu beaucoup de gens arriver sur le dos de ces misérables, qui ressemblent à l’échelle, qui fait monter les gens, sans bouger, elle-même de sa place. Après l’installation sur le fauteuil la bouche se tait et le pays continue à se tordre dans cette injustice.

Le travail de leur émancipation et de leur intégration doit être avant tout une affaire de conviction qui s’opère sur le terrain et non dans les bureaux ou les hôtels. Inutile d’emprisonner les personnes comme Biram ou autre. S’il insulte les maures, que les maures le tolèrent ne serait-ce que pour la simple raison que ses pères et ses aïeux ont été insulté à leur tour.

Avec tous mes respects pour les chaines de TV Wataniya, Essahel et El Mouritaniya, je demande aux autres d’inviter les anciens esclaves eux-mêmes sur leurs plateaux. Les encourager à s’exprimer et sortir ce qu’ils ont sur le cœur. C’est un baume, qui les aidera psychologiquement à exorciser la longue douleur qui habitait leurs âmes. Que les intellectuels, les érudits et les sages leurs expliquent les paramètres de la dignité humaine, leurs droits sociaux, leur salut qui ne dépend exclusivement que d’Allah.

Quand à leur accorder leur part des richesses nationales, l’instruction gratuite et qualitative et l’intégration dans les circuits de la fonction publique dans l’armée, la police et les différents rouages de l’état; ceci est l’affaire des gouvernants. S’ils veulent s’en acquitter nous leur souhaitons la force et la volonté sincère de le faire. Et s’ils pensent qu’ils ne rendront jamais compte, nous leur disons, ce que Allah a dit : “Dis! Attendez ! Moi aussi j’attends avec vous.”10-102.

Que Dieu fasse que nous soyons parmi ceux qui écoutent la parole et en suivent le meilleur.

Mohamed Hanefi. Koweït.

Prosternation ultime.

January 20, 2016

C’était un peu avant le crépuscule. C’était la première fois que je voyais ma mère. J’avais 11 ans.

Comme une machine assourdissante, qui vient de s’arrêter, faute d’énergie, tous les bruits du village s’interrompirent soudainement. Les animaux pressentant une catastrophe dans l’atmosphère, se figèrent, telles des statues. Ils ruminaient, visiblement indécis, hésitants et inquiets de la chose.

Les “sak-sak” des pilons dans les mortiers, les coups de haches mordant dans le bois sec de “tazount”,  stoppèrent net leur cadence acharnée. Même les cris de la marmaille, en général insouciante de choses sérieuses, s’était tu.

Comme mu par une décision suprême, contre laquelle le vouloir de l’homme n’avait plus de choix, le village entier sombra dans le silence.

Réveillé par l’opacité de cette inertie insolite, je sorti de la tente de laine et je vis le ciel ocre, qui se précipitait pour ensevelir la terre. Des montagnes gigantesques serpentaient, se tordaient dans tous les sens et telles un fauve en furie se jetaient sur l’agglomération des petits villages.

Une image apocalyptique, ponctué régulièrement, au fur et à mesure qu’elle avançait, par les grondements sourds et menaçants de tonnerres successifs, qui glaçaient le sang dans les veines.

Le premier moment de frayeur, passé, les femmes sortirent les premières. Le voile, le foulard ou le pagne enroulé autour de la taille, les visages fermés par une détermination teintée de résignation, elles commencèrent le plus téméraire travail que j’aie jamais vu. L’image personnifiée de celles qui étaient prêtes à tout donner pour sauver leur logis et leurs familles.

Comme dans un rêve, ces silhouettes déjà effacées par la fureur de l’orage, le visage couleur de terre se mouvaient comme des spectres. Les piquets et les pieux des tentes furent enfoncés plus profondément dans le sol pour fixer les tentes. A la hâte, les cordes furent tirées à les faire craquer et les tentes baissées à leur plus bas niveau, se prosternèrent devant la Toute puissance divine. Elles se plieront, mais ne casseront pas. La vieille leçon du chaîne et du roseau. Un travail, méticuleux et parfait, transmis de mère à fille depuis des générations et des générations.

L’ouragan, hors d’haleine de colère, et craignant de perdre l’effet de la suprématie et de la furie, avait déployé toutes ses armes. Il frappait tout et de tous les cotés.

Il cingla les corps, déjà rendus frêles et vulnérables par des vêtements mouillés par les premières rafales, qui épousaient les corps et épuisaient les mouvements irréels de cette gente féminine, animée d’une volonté sublime.

Le courroux du ciel avec les matières ramassées sur son chemin, fouettaient les femmes comme des lanières de cuir.

Quelquefois la silhouette furtive et désuète d’un homme ou d’un grand enfant, glissait de dessous une tente, et le dos courbé, comme pour ne pas être emporté par ces vagues, se faufilait dans le rideau des ténèbres pour détendre le licou d’un cabri pris au piège de sa frayeur, ou une chèvre brutalement empêtrée dans les cordes.

Les arbres volaient comme des brindilles et s’abattaient quelquefois sur une tente, vite retiré par des mains résolues à sauver ce qui pouvait l’être. Les ustensiles volaient comme des soucoupes et fauchaient parfois un corps attardé dans le cœur de cette tourmente.

Les vagues rugissantes et mugissantes de cette fureur durèrent toute la nuit. Aucun œil ne se ferma cette nuit là.

Un seul bruit défiait maintenant les grondements saccadés du ciel : une rumeur collective entonnée par tous les villageois : “La-ilaha-illallah, La-ilaha-illallah. Mouhamed rassouloullah”

Enveloppé dans le Varou, en peau, les yeux rivés sur le dehors obscure et effrayant, tremblant de tous mes membres je regardais. J’assistais médusé, à un dialogue irréel entre les forces invincibles du ciel et les acquiescements démesurés et soumis des arbres géants qui invoquait la miséricorde divine à leur manière. Désarticulés, ils s’inclinaient d’avant en arrière, témoignant ainsi, dans une prière ininterrompue de la toute puissance du Tout Puissant et célébrant Sa Gloire.

Comme un fauve repu, toute la nuit de terreur de menaces et de destruction, le monstre commença à montrer des signes de faiblesse. Ses grondements qui semblaient s’éloigner peu à peu, furent couverts à l’aube pointant, par la voix chevrotante du vieux Mohamed soula, qui poussait le muezzin.

Les hommes sortirent des tentes pour constater la destruction incroyable. Un champ de bataille n’aurait pu offrir un tel spectacle de désolation.

Ils se regroupèrent dans la petite mosquée. Le vieil homme se prosternait longtemps et récitait ce que des générations entières ont récité avant lui, pour demander l’aide du Dieu du ciel, des astres et de la terre, “le maitre de l’aube naissante, contre le mal des êtres qu’Il a crées. Contre le mal de l’obscurité quand elle s’approfondit. Contre le mal de celles qui soufflent sur les nœuds (les sorcières) et contre le mal de l’envieux quand il envie.”

Nous priâmes le fajer derrière lui. En se tournant vers les prieurs, après le Salam, il avait le visage en larmes. Je compris que ce n’était pas le corps qui se prosternait, mais le cœur. Quand le cœur se prosterne vraiment, il ne s’en relèvera que dans le Paradis. Paix sur Mohamed Soula.

Quelques décennies plus tard, cette aventure me rappelle à se méprendre l’ouragan qui plane sur notre pays en ces jours sombres. Je me demande souvent, si à l’image de cette prosternation derrière le vieil imam, rahimehoullah, toute la Mauritanie ne doit pas se prosterner aujourd’hui pour conjurer les amoncèlements de nuages qui pèsent sur son ciel.

Devant la menace imminente, les hommes et les femmes, restent passifs, inertes et aphones. Il est vrai que le bruit de machines nouvelles a tout couvert. Et le ciel éclipsé par les infrastructures modernes possède plus de moyens de camouflage, pour frapper sans crier gare. Si autrefois il drainait les surfaces de la terre pour la punir avec, aujourd’hui, il peut s’épargner cette peine. Les matériaux sont nous-mêmes. Tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, sont autant de projectiles que la pédagogie cosmique, qui ne souffre pas le faux, nous est jette au visage. Les tonnerres grondent en nous et nos foudres nous carbonisent. Tant il est vrai que le Meilleur de tous ceux qui parlent a dit “Ils oublièrent Dieu, et Dieu lui fit oublier leurs âmes.”

Des débris solidifiés d’égoïsme, d’envie, de haine, de racisme de tout calibre, de mensonge, de mépris, de folie des grandeurs de convoitise et d’amour invétéré des biens périssables de cette vallée des larmes assombrissent notre ciel et constituent une épée de Damoclès, suspendue sur les carotides de la tente nationale.

Contre de misérables menus fretins insignifiants, et qui ne durent pour personne, nous consentons à vendre la mère.

J’ai peur que cet ouragan là, ne s’arrête pas et que nous serions réduits à chercher fiévreusement dans l’avenir des solutions que nous avions à portée de la main.

Quand la paix s’envole dans la tourmente de tsunamis violents, elle connait rarement le retour.

Nous avons quand même la possibilité de répéter ensembles :

Pas de division maudite, pas de racisme abjecte, pas de tutorat tyrannique. Nous sommes TOUS les fils de la Mauritanie. Nous sommes TOUS attachés à son destin en bien ou en mal.

Peut-être que la détermination légendaire que les anciens nous ont léguée, nous permettra t-elle une solution pour fixer la tente. Allah Seul peut savoir.

Mohamed Hanefi. Koweït.