Archive for June, 2015

Chamama! Le sacre de l’infériorité.

June 27, 2015

Je ne sais pas c’était quand, c’était ou, ni même c’était pourquoi ou comment.

Sur l’espace infini de la majestueuse Chamama, je courais. Je courais à perte d’haleine. Ma destination irrésistible était un petit ruisseau asséché, dérivé d’un méandre du bras du fleuve Chweylekh, lui-même tirant son courant du grand fleuve Sénégal.

Arrivé dans cette crevasse serpentant, qui m’attirait, comme la flamme attire le papillon, je m’agenouillais devant ce petit arbuste curieux qui m’intriguait et m’intrigue jusqu’à présent. Mon doigt tendu en baguette magique, je criais d’une voix amortie par la peur, l’incertitude et l’émotion: “Jatik insiibtik”. Ce qui voulait dire en langue hassanya “Ta belle mère arrive” et miraculeusement les feuilles de l’arbuste, sous l’effet de cette pudeur magique inexplicable, se rétrécissait lentement avant de se  refermer. Comme pour se dérober à la vue de cette belle mère, que tout le monde craignait et respectait à la fois, ces feuilles mystérieuses se recroquevillaient sur leur nudité, pour ne rien laisser transparaitre.

Cet arbuste représentera dans mon esprit et pour toujours, l’image des habitants de cette terre qui sert et qui se gêne de faire sentir qu’elle se dépense.

Je me sentais une force mystérieuse. Moi, Souleymane, fils d’Oumarou boubou, lui-même fils d’Aly Boubou, j’étais capable de commander la nature par ces forces occultes que mes ancêtres avaient utilisées pour chasser les animaux sauvages de ces contrées incultes et inhospitalières. Des hommes aux mains nues qui l’avaient défrichée, avant d’en nourrir tout le pays.

Mon grand père, homme généreux et patriote; l’un des héros de cette terre d’hospitalité avait nourris plus d’un village et Vrig, frappés par les dures périodes de famine. Toute la Mauritanie et au-delà, jusqu’aux confins du Sahara occidental, l’avait glorifié par cette chanson, devenue depuis nationale : “Aly Boubou Diaramé.” Ce qui veut dire en puular  “Aly Boubou Merci à toi.”

Encore une fois, j’étais ce magicien puissant et bon qui effrayait les forces obscures de la nature distribuait les rôles et ordonnait les choses selon le bon sens.

Une puissance, faut-il le notifier, qui n’existait que dans ma puérile imagination.

Une fois cette mission, pour le moins curieuse accomplie, je reprenais le chemin inverse, toujours courant à me couper le souffle. Mais cette fois-ci, sur le chemin du retour, c’était à cause des djinns que j’imaginais, courant à mes trousses. Des milliers de milliers de diables, qui s’amusaient à me ramener vers les lieux habités avec force horreur, pour me dissuader de ne pas revenir une prochaine fois troubler le silence de ces coins interdits aux enfants.

J’apercevais la case de ma grand-mère fatma, mais elle me semblait reculer indéfiniment devant ma course. La peur me plombait les jambes et m’explosait le cœur.

A l’orée du village, c’était toujours le traditionnel “Assalamu-aleykum”, lancé mécaniquement et dans un souffle coupé à l’intention de Haijara, “la vieille”.

Cette femme, septuagénaire, passait ses journées et sa vie à tanner les peaux de bêtes, destinées à tresser les nattes de “Oum roukba.” Qui meubleront les tentes des “nobles”

Elle n’arrêtait jamais son pénible et odorant travail, que pour pousser un you-you strident au passage du “Cheikh”. Son marabout et son maitre. Son you-you se répercutera ensuite tout au long de la Chamama, repris par des dizaines d’autres femmes disciples ou esclaves du saint homme.

Des femmes dressées par les coutumes, les mœurs et la  règle incontestable du jeu du sommet et de la base à sortir de leurs tanières, comme mues par un ressort, jettent le voile sur le visage et poussent ces cris stridents au ciel, pour signifier a la terre que le plus maitres de tous les maitres était passé par là.

Les disciples, aussi bien que les esclaves, sont désignés par le mot “Tlamid”, ou étudiants spirituels et coraniques. Des étudiants qui souvent ne récitent qu’à peine quelques versets, mal maitrisés, mais nécessaires à une prière qu’ils accomplissent vers cette destination du très Haut qu’ils perçoivent très bien, mais comprennent de façon confuse et souvent vague et imprécise.

Depuis longtemps, ils se sont limités ou l’ont été par la main d’un sachant, à invoquer leur marabout, qui à leurs yeux et dans les normes de leur conscient, représente la matérialisation du sacré et du tabou. Il est capable de tout, sauf de rendre la vie aux morts. Le recours dans la difficulté était donc vers lui, mais aussi la vénération absolue et l’allégeance sans faille.

Ce qu’il faut éviter le plus c’est la “Tazabout”, ou malédiction du cheikh. Elle est foudroyante et entraine la colère de Dieu. Il est élu dans cette supériorité, par la supériorité de sa naissance et les prouesses des miracles qu’il accomplissait et que personne n’avait besoin de raconter à personne.

Essayer de savoir pourquoi est une aventure qui risque de mener très loin. C’est pourquoi les habitants de la Chamama, drapés dans leur simplicité, leur bonté et leurs humbles conditions, ont accepté cette infériorité naturelle, qui faisait qu’ils doivent se contenter de vénérer les hommes, pour plaire à Allah. Ils n’ont jamais aspiré à être supérieurs et se contentent, le soir venu, après une dure journée de labeur dans ce terre assoiffée, et pénible, de chanter tout celui qui mérite de l’être. Les louanges du prophète Mohamed (psl) scandées dans ce silence absolu donnent une biographie du prophète de l’islam, que beaucoup de savants seraient incapables de narrer avec une telle exactitude et avec cette extraordinaire précision dans la chronologie, la biographie, l’histoire des premiers moments de la religion islamique.

Les grands miracles accomplis par les cheikhs. Les souvenirs de saisons plus clémentes, tout est chanté avec une naïveté, une candeur et un altruisme, qui montrent si besoin est, ce caractère paisible et bon enfant de ces populations, dont toutes les tribus convoitent la productivité et méprisent les personnalités.

Des besogneux, qui se sont résignés à dépenser leurs corps et leurs âmes, pour que les autres prospèrent.

L’adage collectif qui résume les attitudes face à la Chamama est “Profite de ses biens, mais n’en fait pas une patrie.”

Ceci fait très peu d’effets sur les esprits rêveurs des chamamistes. Ils se contentent de rêver et de transmettre de générations en générations, l’épopée d’un altruisme généreux de ceux qui expliquent les rêves et les avalent, pendant que les autres les réalisent et en profitent sans peine.

Si l’équation est gênante, elle ne faisait cependant mal à personne.

Comme disent nos griots dans l’une des chansons populaires: La chèvre sait pertinemment que le chacal la dévore et le chacal était en pleine conscience des délices que lui offrait la chèvre.

Dans la Chamama, exploitants et exploités, supérieurs et moins bien vus, vivaient dans cette espèce de symbiose irréelle ou chacun était consciemment ou inconsciemment satisfait de sa condition.

Je fus brutalement arraché à mon royaume à l’âge de quatre ou cinq ans. Je ne sais plus.

Mon père, homme conservateur et jaloux des prérogatives de la dignité, et de l’unicité divine, ne voulait pas que je grandisse dans cette atmosphère à ses yeux malsaine et déséquilibrée.

Au matin de l’indépendance j’étais donc à Nouakchott. Élève à l’école primaire du “marché”. C’était la fin des grands espaces et des rêves fous. On me disait que ma mère était une femme d’origine peule et qui habitait dans le Djeydjouguel au bord de la Chamama.

C’est sur fond de cette réalité amère et douloureuse que je penserai toute mon adolescence à cette terre dont j’ai conservé des souvenirs tenaces, accompagnés du sevrage de l’amour d’une mère que je ne connaitrai que tardivement dans ma vie. Quelques années seulement avant sa mort.

Jamais populations mauritaniennes n’ont été aussi nobles, aussi altruistes et aussi paisibles que les habitants de la Chamama. Les braves chamamistes, aujourd’hui ballotés par les mesquineries de l’économie et la traitrise des politiques. Eux qui ne savent de la politique que se tuer au travail rude et impitoyable de la terre pour engraisser les autres citoyens du pays.

Le jour ou le président Mohamed ould Abd aziz s’était déclaré “président des pauvres”, j’ai tout de suite pensé aux grands changements que cet homme pouvait opérer de par sa position et de par ses compétences dans la vie de ces oubliés.

Je pense aussi que quand il avait fait ce serment, il savait qu’Allah avait entendu et enregistré le grave engagement qu’il avait endossé. Les hommes oublient, mais Dieu jamais.

Aziz avait parlé et Allah avait entendu.

Tout ce tintamarre autour de l’esclavage était peut être nécessaire, mais ne constitue nullement le fond du problème. Du coté de Jidrel Mouhguen, d’où est issu Biram ould Dah et ailleurs d’ailleurs, il y-a ou il y avait l’esclavage. Je ne veux pas m’engager dans cette polémique stérile et malhonnête d’esclavage et ou de ses séquelles. Mais dans la plupart des régions de cette zone, il y a d’autres sociétés peules, Torodos, harattins, venus d’ailleurs, de maures aussi; tous rassemblés sur cette terre pour ou bien s’informer des affaires de leur religion, pour fuir un malaise social ou une guerre chez eux pour  profiter des fruits difficilement négociables à l’austérité de cette terre.

Aujourd’hui ces fautes de transmission ne sont imputables à aucun vivant. Sauf ceux qui s’acharnent à perpétrer ce tort, qui non seulement a déséquilibré tout le pays, mais parfois porté un sacré préjudice à l’interprétation de notre sainte religion. Un spectre qui menace et menacera toujours un peu plus, avec l’éveil des consciences le ciment de notre unité nationale.

Comme dit le savant Hamden ould Tah: “Si Allah a dit au prophète Mohamed (psl): “nous te t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’humanité toute entière.”, Quel rôle de miséricorde peuvent prétendre  jouer ou avoir joué, ceux qui avec le message de la miséricorde, ont causé tant de mépris de peine et de perdition pour ces créatures inoffensives de Dieu?

Le prophète Mohamed (psl) a dit et nous sommes en plein ramadan: “La terre appartient à celui qui la fait vivre.”

Qui peut prétendre avoir fait vivre la Chamama depuis des décennies, voire des siècles, autres que ces hommes et ces femmes aux mains calleuses et fissurées, qui servent le pays en silence sans jamais se plaindre de ce mépris dégoutant que véhiculent les inepties féodales ?

Quelle perte pour la Mauritanie de confiner sa composante la plus laborieuse, la moins prédatrice et la plus honnête dans ce dédain et ce mépris qui certainement seront mesurés à la mesure de leur gravité par le Seigneur de la Chamama et qui rétribuera chacun de ce qu’il avait fait en bien ou en mal.

Quelle mauvaise politique que de confier le travail de cette terre sainte à d’autre peuples, qui ne savent même pas travailler la terre, parce que simplement par négligence, par paresse ou par égoïsme, on leur a refusé les moyens techniques qui révolutionneront ce travail établi sur la bénédiction de bras qui n’ont jamais fait de mal à personne.

Quelle source de regrets pour ce pays de négliger ce sur quoi il peut compter, il a toujours compté, et pourra compter indéfiniment, au profit de mirages internationaux, qui n’ont jamais apporté de prospérité à aucun peuple ailleurs.

Pensez-vous qu’un poisson fasse une si grande ou si petite différence entre un hameçon chinois ou une nasse des Tiouballos du Wallo?

Espérez-vous qu’un autre pays vienne de très loin avec ses moyens et ses capitaux pour faire le bonheur de vos enfants et oublier celui des siens? Quels mauvais calculs!!

En réalité en votre force de l’instant vous permets de mépriser et de jouer avec le destin de ces fils intègres et laborieux du pays et sans le savoir vous vous préparez à vous constituer esclaves pour les autres sur votre propre territoire.

A Allah nous sommes et à lui nous reviendront.

Mohamed Hanefi. Koweit.

Ramadan 2015. Encore un sursis.

June 18, 2015

Les ramadans se succèdent, donnant aux fidèles, aux gouvernements musulmans, et aux  rebelles sur la loi divine, la chance de rectifier les mauvaises trajectoires.

Les ramadans se succèdent et avec eux la succession des performances de la tricherie des hommes.

Les hommes jouent avec le feu. Il y a ceux qui savent que le feu brule, mais qui trompés par l’imprécision de l’échéance, facturent leurs péchés sur le dos de l’éventuel et perdurent dans l’aveuglement et la dépravation.

D’autres ne savent pas et ne sachant pas qu’ils ne savent pas, ont été malheureusement incapables de deviner ce qui, pourtant crève l’œil: La félonie des hypocrites.

Cette hypocrisie qui nous tue. Cette hypocrisie qui s’est scindée en spécialités académiques, qui font naviguer les navires sur les dunes de sables à midi et demi.

L’hypocrisie politique n’est invisible pour personne, et pourtant elle règne en maitresse et gère les personnes et les choses. Les parjures politiques n’ont même plus de scrupules à critiquer le régime qu’ils chantaient hier encore et élaborer les épopées prêt à porter pour celui qui l’a bousculé pour prendre sa place.

Des nouveaux,  dont les intentions et les contours sont encore imprécis, mais qui présentent un intérêt. L’intérêt est l’essentiel.

Intérêt comme tu as perverti les mœurs, et détruit les principes et les valeurs!!

Certain choisissent de “crier” contre le “gouvernement”, pour faire bonne figure. Ou au moins, figure différente.

Mais qui est le gouvernement sinon vous tous?

Vous criez contre vous-mêmes. Vous les salariés incapables de gagner votre due de façon “halal”, ou d’être honnêtes de façon digne, pour pouvoir regarder vos femmes et vos enfants en face.

Comme les hippopotames, les hypocrites, sont des masses qui s’imposent par la répugnance abjecte de l’énormité de leur masse hideuse et incontrôlable.

Ils n’arrivent pas à passer au second niveau de l’évolution et restent des humains de seconde zone qui prônent des slogans sur lesquels “Le temps a mangé et bu”, comme disent les arabes.

Ils savent qu’ils mentent et savent que les gens savent qu’ils sont petits. C’est l’hypocrisie politique. Une petite fin qui justifie de misérables moyens.

Il y a l’hypocrisie religieuse. Des hommes qui tombent en syncope devant le public, à la vue d’une femme, mais qui n’hésitent pas a feuilleter longuement les sites électroniques, a la chasse de femelles nues ou de “mécréantes”, sans hijab. Des hommes qui adoptent un discours par lequel ils répugnent la jeunesse de leur religion. Des hommes qui crient contre l’association à Dieu, mais n’hésitent pas une seconde à déifier leur sainteté pour récolter les fruits de la crédulité des crédules.

Des hommes incapables de s’adapter au contexte actuel et prêchent des situations appartenant à d’autres époques, tout en ayant les yeux rivés sur les délices de l’époque actuelle.

Ce sont ceux qui vendent les “Ayats” d’Allah à vil prix et desquels Dieu a dit: “Malheur à eux de ce que leurs mains ont écrit et malheur à eux de ce qu’ils en gagnent.”

L’hypocrisie sociale, est plus sournoise et fait le plus de mal. La programmation sociale est telle que les choses doivent demeurer figées et ne changent jamais. Beaucoup sont morts, victimes d’un simulacre de stratifications rigides et de fausses données qui affaiblissent le corps social et sèment la haine et la discorde au sein du peuple.

Ce sont ces miasmes là, enfouis dans les âmes, qui doivent impérativement être exposés à la surface, pendant ce mois béni, pour les nettoyer une fois pour toute devant Dieu et pour le visage de Dieu.

Les âmes sont malades. Elles préfèrent célébrer leur joie par les coups de feu, que par les délices et les friandises.

Les armes c’est pour tuer…

Guérissez le peuple de ces mentalités de violence, de mensonges et de fausses valeurs.

Programmez les citoyens comme tous les citoyens du monde à vivre dans le vrai. Le faux ne réussit que pour un temps. S’il arrive à réussir.

Un peuple programmé négativement va à la dérive. Nous allons à la dérive. Et nous ne savons pas.

Mohamed ould Abd Aziz s’est destiné à combattre la gabegie. Allah l’en récompense, s’Il le veut. Mais il n’a rien vu de la gabegie et encore moins de l’hypocrisie.

Il a déployé d’énormes efforts, pour traire sa chamelle dans le marigot. Comme nous disons chez nous.

Un responsable qui vole quelques millions pour faire bombance, ce n’est pas de la gabegie. C’est de la gourmandise.

Certes on ne peut le qualifier de saint, ni même d’homme honnête ou intègre, loin de là. Mais ce n’est pas là, la gabegie.

La gabegie c’est quand les postes sont distribués de façon malhonnête et injuste à ceux qui ne les méritent pas. La gabegie, c’est quand un enfant passe dans les universités du monde et en sort avec des mentions de sur-excellence et rentre à la maison pour se voir reléguer aux rangs des oubliettes, alors que les cancres sont promus dans les hautes fonctions, pour déshonorer. Le pays et les populations.

La gabegie, c’est quand les ressources du pays ne profitent qu’à ceux qui ont la main dans le sac, alors que le peuple crève de faim.

Pendant le ramadan une question s’impose plus que toute autre: Qu’est ce que les hommes ont fait de l’ordre de Dieu, venu directement sous forme d’un ordre sec et sans appel: “Allah ordonne la justice et la bienfaisance.”

La pire des gabegie, c’est quand on confine les populations dans l’ignorance la plus opaque pour les réduire à un troupeau qu’on rassemble juste le temps de montrer au président de la république qu’on représente une tranche du peuple.

Cette situation est d’autant plus douloureuse que ces pauvres paysans ne savent plus qu’une phrase, un mot qu’on leur a fait ingurgiter plus que réciter individuellement et collectivement : “Nous sommes représentés par monsieur tel.”

Un monsieur qui, présence à l’appui, est là embusqué dans un coin, dans la ligne de mire de la camera principale, pour que le chef sache sans faute que c’est bien de lui qu’il s’agit. Question de se maintenir en selle ou postuler à une nomination.

La gabegie, c’est quand on enlève à une famille de pauvre un lopin de terre qu’elle cultive depuis des décennies et qui représente sa seule chance de manger un jour un repas chaud, si le ciel veut bien envoyer quelques averses sur cette terre.

La gabegie, c’est quand tous les droits du citoyens sont liés à la corruption ou aux interventions tribales ou familiales.

La  gabegie c’est vendre le pays sous toutes les formes de bradages, et de contrats-pièges, qui assombrissent les horizons de l’avenir national.

Vendre l’avenir des générations futures, vendre l’honneur du mauritanien sobre et frugal, qui préférerait mille fois la mort aux humiliations.

La gabegie c’est phagocyter les moyens nationaux, pour laisser la jeunesse en proie à toute forme de dépravation et de perdition.

C’est ça la vraie définition d’un génocide national. Et pour quel but!! Quelques villas et quelques luxures!!

Vous n’avez assimilé aucune leçon de ceux qui sont morts et dont vous occupez aujourd’hui la place. Pour un temps…un temps tellement court!!!

En l’an 2015 tenir un peuple par les discours du 19ème siècle!! Quelle aberration!!! Et quel gâchis!!!

Nous sommes un pays. Une république. Un peuple connu de l’histoire. Le monde nous regarde. Essayons de faire en sorte que ce ne soit pas avec mépris.

Pour prétendre à l’humanité, nous ne pouvons rester confortablement installés dans ces tricheries, contraires à nos valeurs, à nos principes et à notre religion.

Une attitude que la logique refoule et que l’entendement rejette.

Et puis il est plus crédible d’être chef d’hommes dignes, instruits et fiers que d’être dirigeant d’un troupeau “moutonifié”, qui bêle à tout va, quand on le lui demande et dont l’allégeance est à tout le monde et la fidélité à personne.

Nous devons formater notre système pour survivre, ou nous préparer (laqaddarallah) à disparaitre. Le troisième choix n’existe pas.

Il faut absolument et nécessairement “provoquer” quelque chose dans l’inconscient collectif, pour sortir de ce piège qui menace la Mauritanie. Améliorer le système mental, pour que notre peuple  ne soit par éternellement une proie facile aux tenants du pouvoir du simple agent de police au plus haut administrateur. Vacciner le peuple contre les multiples manipulateurs qui le poussent vers la guerre civile ou les catastrophes, pour profiter de son désarroi et de sa faiblesse.

Ce peuple est entravé, enchainé, pour qu’il soit vulnérable à toute sorte de menaces et de calculs malveillants.

Libérez-le!

Libérez ces multitudes que vous sacrifiez pour vos intestins et vos bas ventres.

Libérez-le de vous-même, avant que Dieu n’intervienne.

La colère d’Allah est terrible.

Aucun danger ne le menace plus que vos convoitises, votre gourmandise et vos appétits insatiables.

Libérer ces pauvres êtres qui sont encore à l’état de  brandir des bidons vides face aux vents des alizés et de l’harmattan, espérant que l’étoile filante d’un cortège présidentiel, leur apporte de l’eau à boire. Pourtant leur pays est riche. Très riche.

Personne ne prend le temps de faire le rapport entre cette soif qui craquelle les sols du pays et les péchés de ses dirigeants socio-politico-religieux.

Rappelez-vous l’invocation du prophète Nouh (psl).

Et cette mer qui vous jette des poissons empoisonnés aux visages. Un met dont vous avez privé ceux à qui Dieu l’avait destiné et que personne ne peut plus consommer.

Aucun rapprochement entre ce que vous faites aux pauvres et ce qui vous est fait par le Dieu des pauvres? Le vrai président des pauvres!!

Cette terre qui commence à voir des crimes qui donnerait froids au dos d’Alcapone, cela ne vous dit-il rien du tout?

Préparez-vous et profitez du prochain ramadan pour corriger vos graves erreurs. Vos yeux ne verront pas le ramadan éternellement. Beaucoup seront sous terre en attendant les prochaines délégations.

Mohamed Hanefi. Koweït. Mai 2015