Archive for April, 2015

La force de la faiblesse d’IRA.

April 30, 2015

IRA. Ce lion en carton dirigé par le pauvre Biram ould Dah ould Abeid, ne rugit plus.

Depuis l’arrestation, pour le moins curieusement justifiable, de ce franc parleur, qui a osé dire qu’il exigeait  d’être libre et qu’il avait droit à la dignité à l’instar de tous ses concitoyens, la Mauritanie a eu la nostalgie de ces sorties théâtrales presque comiques  du Spartacus de nos esclaves.

Biram avait oublié que dans notre monde on doit faire la différence entre ce qui se dit et ce qui se qui se pratique.

Biram, chevrotant sur la bouche du fusil s’est permis de narguer ceux qui étaient derrière la crosse. Il en a pris plein la poitrine, sa dose de chevrotine.

Mais “l’héroïque déflagration”, qui a pulvérisé la liberté de Biram a éclaboussé le visage du pays et mis en doute tout ce de quoi la Mauritanie s’enorgueillissait dans le concert des nations.

Avec ses deux compagnons d’infortune sur le Mont des oliviers, à Rosso cette fois ci, il était en position de faiblesse.

Biram, Djiby Sow et Brahim Ramdane étaient d’une faiblesse si puissante, qu’elle a indisposé toutes les consciences vives de ce pays.

Même si on ne le crie pas sur les toits. Ce silence d’huile, cache mal une gêne nationale profonde. Un sentiment de culpabilité qui n’est apparemment imputable à aucune direction précise ou clairement index-able. Un préjudice maléfique, à l’affut d’une responsabilité indéfinie et insaisissable. Un crime incestueux,  sourd et batard qui cherche un corps une raison un coupable pour avoir un visage. Une justification, une raison logique pour se matérialiser dans les champs d’une logique quelconque.

Il en a eu pour son compte, Biram. Puisse Dieu alléger sa peine et le rendre à ses enfants. Ainsi que ses compagnons d’infortune.

Incarcéré, le président d’IRA a eu le temps de voir que son mouvement se réduisait presque à sa simple personne. A part quelques timides irréductibles du genre Dr. Saad ould Louleid, IRA a avalé sa langue.

Mais la faiblesse du président d’IRA a été un cheveu indélicat dans la soupe de la démocratie mauritanienne.

Une injustice dans la justice d’un peuple qui se prétend gardien des ordres et des principes venus d’Allah. Allah qui a commandé: “Certes Allah ordonne la justice et la bienfaisance.”

C’est a qui de droit de justifier devant Allah en quoi maintenir Ses créatures dans ces situations ignominieuses, relève t-il de la justice ou de la bienfaisance.

Biram n’a trouvé personne pour le conseiller véritablement. Un responsable qui lui donne la garantie de sa délivrance et de celle de son peuple.

Il a versé dans une bassesse de propos qui a été son pire ennemi.

Et pourtant elle tourne…

Et pourtant il avait raison.

Les oulémas aussi avaient raison. Il s’agit de définir l’angle sous lequel chacun avait raison ou tort.

Lui était dans un état de révolte, justifiée, qui constituait la meilleure excuse pour ses exactions verbales. Toute la communauté mauritanienne, n’a su, ni n’a pu lui fournir un vis-à-vis qui le ramène à un style plus calme et plus paisible pour réclamer ses droits politiques, économiques et sociaux par la paix.

Mais surtout à de meilleurs sentiments envers une société bédane, qui n’est pas toute “esclavagiste”.

On n’acquiert pas ses droits par l’animosité verbale. Beaucoup de maures aspiraient à la liberté des anciens esclaves et des esclaves, plus que les esclaves eux-mêmes. Tout simplement parce que ce phénomène social immoral dérangeait tous ceux qui étaient doués de foi ou de raison. Les autres, ils étaient condamnés à disparaitre. Ils étaient en voie de disparition

Les oulémas étaient sevrés d’un certain nombre de dogmes de lois, et de traditions, qu’ils avaient tété de la mamelle d’une société fortement féodale, injustement hiérarchisée, et qui n’avait pas lésiné sur les moyens pour rapetisser et exploiter les classes faibles jusqu’à la moelle.

Sur un certain plan, ils étaient dans leur droit; selon le droit sur mesure qu’ils s’étaient façonné, même au prix d’une torsion dangereuse des paroles du Seigneur des mondes.

L’évolution rapide et brutalement extraordinaire de la société, montrera sans conteste la gêne presque palpable et douloureuse qui fouillait les consciences de ces érudits. Ceci les amena à nier ce que hier encore ils défendraient corps et âmes.

Il s’agissait de leur accorder le temps d’une réflexion et d’un ressaisissement. Biram n’a su le faire.

Le réveil des opprimés était un signe précurseur, une occasion ultime de changer le visage des choses. Quand les peuples se réveillent, ils ne se rendorment plus.

“Quand le peuple un jour fredonne l’hymne de la vie et de la liberté, force pour le destin d’obtempérer pour ses exigences.”

Pensent mal donc ceux qui pensent qu’ils peuvent maintenir les choses telles qu’elles étaient ou jouer de manière à ce que les choses “changent” sans changer. La franchise est de rigueur dans ce genre de situation enchevêtrées et embarrassantes.

Bruler les livres de Khlil, par lesquels des générations ont exploité leurs frères était une gageure que l’ex esclave ne devait pas approcher certes, mais ce mal était peut être nécessaire.

Il était urgent de délimiter la volonté de Dieu des calculs humains. Ceci devait être entrepris depuis longtemps par une société comme la notre, ou le mal n’était pas délibérément un mal, mais de mauvais legs, une tradition ignominieuse, qu’on a “refilée” à une société tellement attachée à sa foi, que les paroles de tout celui qui se proclamait de Dieu devenaient sacrées à ses yeux.

La Mauritanie libre a opté pour garder l’un de ses citoyens dans la servitude. Rien que parce qu’ayant ouvert les yeux, il a essayé de défendre de prouver  que le citoyen mauritanien est effectivement libre. La Mauritanie fière et digne a choisi de couper les gaz à l’un des siens, et à ceux qui le suivent, qui longtemps après avoir souffert le mépris, la servitude et l’oppression ont ouvert la bouche pour affirmer qu’ils étaient libres.

La Mauritanie doit rectifier le tir. La faiblesse de tout mauritanien, si faible soit-il, n’est que la partie visible d’une faiblesse nationale beaucoup plus grande.

Même si la manière de s’exprimer a été d’une certaine manière violente, parfois brute, abrupte et insolente, elle ne pouvait être jugée plus sévèrement que la gravité de la situation et des actes qui l’ont provoqué. Des actes qui continuent sournoisement, alimentés par la volonté d’une partie de ce peuple qui s’obstine à salir le visage du pays.

Des hommes, qui même si c’est involontairement, qu’ils avaient porté tant de préjudices à la renommée de la Mauritanie, continuent aujourd’hui avec préméditation à entretenir un malaise social qui constitue un danger manifeste pour son existence.

Le maire d’Awjeft, Ould Hmein Amar, qui proposait au président de donner l’une de ses filles en mariage au fils de Biram, a fait sourire certain. La réalité est qu’il était un grand homme. Par cet exemple, il a voulu dire à ceux qui peuvent comprendre, qu’aucun sacrifice n’était assez cher pour éliminer les distances et les dissensions au sein d’un même peuple.

Votre force apparente, et toute la Force appartient à Allah, le Puissant le Sage, ne doit pas être utilisée à mauvais escient.

“Quand t’a puissance t’incite à briser plus faible que toi, pense à la Puissance de Dieu à te réduire au néant.” A dit le prophète Mohamed (psl).

Mohamed Hanefi. Koweït.

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N’y a-t-il pas parmi vous un homme doué de raison?

April 18, 2015

Tout le monde sait que tout le monde se bouscule aux portes du pouvoir pour décider. Un décideur a le loisir de rendre les choses faciles pour qui il veut, ou au contraire les enchevêtrer à sa guise, et jusqu’aux extrêmes, les plus extrêmes, pour compliquer la vie de qui il veut, comme il veut et quand il le veut. Autrement dit, “ils”, ces décideurs, comme il est dit dans le coran pour les rois, “quand les rois entrent dans une cité ils la corrompent et font de ses honorables citoyens des humiliés. Et c’est ainsi qu’ils agissent.” Les Fourmis 34.

Ceci explique cette ruée vers les commandes, et par toutes les voies et tous les prétextes disponibles et imaginable-“ment” défendables.

On pourrait penser naturellement qu’Allah a laissé sans condition, ni contrôle, le pouvoir aux mains de certain pour pétrir ses créatures selon leur vouloir et de la façon qui satisfasse leur caprices leurs fantasmes et leurs convoitises. Ceci est bien loin de la réalité.

Encore au 21ème siècle, nous restons un pays bien curieux, qui renferme des valeurs plus que singulières.

Inutile de me parler des valeurs que recèle ce pays. J’en suis profondément conscient et c’est peut être à cause de cette lucidité incurable, que les graves événements qui se déroulent chez nous me font le plus souffrir.

Beaucoup de dirigeants, par hasard, par chance ou par force, ont disposé de ce pays. Exactement comme on prend possession d’un objet trouvé au bord de la route.

Tous en ont jouit à des degrés et sur des échelles variable. Tous sont partis augmentés ou diminués dans l’histoire, la tribu ou la région. La Mauritanie consommée sur toute sa surface n’a cessé de se dégrader.

Pourtant ceux qui sont morts, ceux qui sont tombés en déchéance et ceux qui continuent de caracoler sur les gloires fragiles, sont tous, et tant qu’ils sont attachés comme par une corde ombilicale à cette terre.

Les premiers continuant à renvoyer aux suivants l’image renversée de leur fin.

La Mauritanie, malaxée violement par ses commandeurs, dénudée par tous ceux qui en avaient envie et exposée brutalement et sans manière aux yeux et aux critiques acerbes de la communauté internationale, applique les mains meurtries sur sa nudité pour échapper aux griffes intérieure et extérieures qui  lacèrent son anatomie affligée, avec un plaisir et un acharnement qui frisent le sadisme et la félonie.

Pourquoi c’est maintenant seulement, que les hommes supposés être les lieutenants de la justice divine, interdisent-ils l’esclavage?  Une façon de dire aux autres à la date de maintenant nous vous gavions de mensonges?

Et qui les croira désormais? N’ont-ils pas saupoudré de doute la confiance aveugle que les fidèles leur accordaient pour l’interprétation des paroles de Dieu? Et pourquoi? Pour les miettes d’un monde qui leur passera entre les doigts, malgré l’amour qu’ils lui témoignent. Ils reviendront vers le Tout Puissant. Le vrai Puissant et répondront de toutes ces déformations qu’ils ont infligées au message.

Pourquoi plusieurs fois des hommes d’autres pays islamiques, viennent-ils nous dire “J’ai péché et je voudrais libérer l’un de vos esclaves pour expiation.” ? Pourquoi nous parmi toute la communauté musulmane du monde et non pas d’autres?

Pourquoi avons-nous accepté de tomber si bas? Nos enfants à vendre pour effacer les fautes d’autrui !!!

Inutile de me dire qu’en Mauritanie on ne vend pas les esclaves. C’est un mensonge vulgaire. Nous ne vendons pas les esclaves.  Notre esclavage national a une autre forme et d’autres dimensions. Je le sais. Je l’ai vécu. Un esclavage abject. Certainement pas moins repoussant que son compère d’occident ou d’Amérique. Mais nous ne vendons pas les esclaves avec cette allégresse qu’on propage aujourd’hui. C’est-à-dire comme des petits pains. Mais au nom du mensonge, nous avons asservi ce qu’Allah a crée pour être libre.

Faut-il continuer? Et continuer à continuer???

Le gros de notre esclavage a des piliers psychologiques, profondément encrés dans les esprits, par le biais d’une religion venue à l’origine, pour honorer et libérer l’homme.

Allah a honoré les fils d’Adam, le jour ou il a ordonné aux anges de se prosterner devant leur aïeul.

Sur la chaine Wataniya, Ould Zahhaf développe, une théorie, qui ne nous rend aucun service. Je parle de ceux qui d’une façon ou d’une autre cherchent à doucir à banaliser ou à justifier ces crimes immoraux, qui ont fait de nous à travers les âges une société de nobles de griots d’esclaves de znaguas, de diminués. En somme d’exploiteurs et d’exploités. Je parle de tous les zahhafs. Ces hommes dont la modération, si elle est de bonne foi, est louable en ces circonstances douloureuses, mais qui font figure de “couvercle”, pour cacher une plaie que nous voulons sciemment découvrir, pour la désinfecter une fois pour toute.

Le peuple a besoin de comprendre pour s’immuniser contre cette fausse théorie qui le ronge. Une compréhension féconde et franche, qui accouchera d’une réconciliation durable. Non pas d’un flot de négations qui alimente les aversions et la méfiance.

On peut comprendre qu’un maure défende ce qu’il a toujours considéré jusqu’à très récemment comme étant une stratification légale, logique et indiscutable. Une “supériorité” de droit, transmise de père en fils et de  génération en génération. Mais on ne peut, par contre avaler l’équation de celui qui défend son infériorité ou le mépris de sa race. La dévalorisation de sa mère de sa sœur et de ses proches.

Aujourd’hui tout le mauritanien est libre et honorable. Nous ne pouvons accepter moins que cela. Tout le mauritanien, pour le mauritanien est Haram.

Saad ould Louleid de son coté, sur la même chaine Wataniya, présente un discours extrémiste qui nous fait peur. Je parle des Saads. De tous les Saads qui peuplent la scène nationale et internationale.

Le problème est plus épineux qu’on ne l’imagine. Le traiter par la violence, ne serait-ce que celle du verbe, équivaut à inviter des masses aveugles ou aveuglées, à faire exploser cette société. Comme on dit en Mauritanie : “Venu pour le guérir, il lui creva un œil.”

Docteur Saad “avoir un pantalon”, c’est d’abord un statut de maturité et de sagesse. Votre courage et votre volonté de lutter jusqu’au bout pour un état de droit ou le harratin, le maure, le soninké, le puular et le wolof, jouissent des mêmes droits, est très louable. Il fait de toute mauritanienne et de tout mauritanien, dignes de ce nom, des concitoyens qui vous admirent et comptent sur votre espèce d’hommes pour protéger la patrie.

Cependant morigéner le discours ne peut que faciliter le dialogue et favoriser la compréhension entre les composantes de notre peuple. Allah a fait que les accouchements sont difficiles. Remarquez, docteur, que même pour le prêche dans le chemin de Dieu, Allah a dit: “Appelle a la voie de Ton Seigneur par la sagesse et la bonne parole et discute avec eux de la bonne manière.”

Vous luttez contre un système, non contre vos concitoyens, qu’ils soient clairs ou moins clairs. Beaucoup de maures ont épousé votre cause, dès les premières salves de protestations. Vous les avez “douchés” froidement en les cinglant  de railleries, d’accusations et d’insultes. On ne remplace pas l’injustice par l’in-“justice”.

Vous êtes un docteur, docteur.  Ces accusations et ces sarcasmes même justifiés n’apporteront que la haine. Il ne faut ni garder de rancune, ni viser de vengeance. Se sont les deux virus qui éloignent de la paix. Or, hors de la paix, il n’y aura jamais de solution. Il n’y aura ni vainqueur ni vaincus, mais la ruine fratricide qui régnera en maitre.

Le maure qui défend aujourd’hui la cause des anciens esclaves, se trouve dans une situation, qui ne peut faire envie à personne. D’un coté ses semblables le regardent de l’œil torve et méprisant de celui qui semble vous dire “fumier, tu défends ceux qui t’insultent et te méprisent.” Et de l’autre les gens pour qui il a pris partie et qui le tournent en ridicule et insultent les origines de ses origines; et l’origine des origines de ses origines!! Imaginer la recette.

Donnez à la chance de s’entendre, la chance de se concrétiser. Dans la division et la zizanie, il n’y aura ni libération, ni égalité, ni rien du tout. Regardez les alentours, qu’est ce qui advient des causes avoisinantes, qui choisissent les sentiers tortueux et épineux de la violence.

Vous avez cependant dis un mot, qui pousse à la réflexion : “L’ONU sait que la Mauritanie n’est pas en mesure de résoudre ses problèmes.”

Je profite de cet amer constat pour demander à nos dirigeants. Nos chefs présents et passés : “Vous qui êtes les gardiens de la devise nationale, qu’avez-vous fait de sa première composante HONNEUR?” est-il concevable que les affaires du monde vous occupent à tel point que vous en oubliez les ingrédients mêmes de l’existence de l’état?

Êtes-vous satisfaits d’être manipulés par l’extérieur, contraints par les reproches et les “pressions” d’autrui, à prendre soins de votre maison et de vos choses les plus intimes? Peut-on garder en équilibre un état sur la base d’une fraternité de façade et d’une égalité cosmétique?

Avez-vous fait le rapport entre la durée éphémère de votre passage sur cette terre et le long et interminable procès que l’histoire intentera contre vous et vos agissements?

Êtes-vous satisfaits de cette image insoutenable que vous donnez du pays? Quelles richesses et quel confort méritent, qu’on néglige le pays à tel point? N’y-a-t il pas parmi vous un homme raisonnable?

Que veulent dire les décisions de l’état? Et pourquoi celles de 1980 sont-elles réitérables aujourd’hui pour les astiquer, les lustrer et les confier à une réanimation nationale qui ne cesse de tuer avant de  mourir?

Que direz-vous à Allah qui a ordonné la justice et la bienfaisance? Que direz-vous aux générations futures, candidates à l’extermination avant de sortir au monde, par les soins de votre négligence? Parmi elle vos propre enfants.

N’y-a-t-il pas parmi vous un homme raisonnable?

Aux autres groupes ségrégationnistes, je voudrais dire avant de terminer : “Vous ne représentez que votre espèce en voie d’extinction”. Ce pays vivra.

Ceux qui présentent ould Ahmed Aiche et autres, le courage et la témérité ont changé de nature. Ould Ahmed aiche lui-même ne doit tolérer qu’on mette son nom au devant de théories racistes honnies par l’humanité toute entière.

En tout cas la loi implacable de l’histoire continue à classer les hommes là ou ils méritent d’être pour l’éternité. Choisissez votre case. Vous y atterrirez inévitablement un jour.

Mohamed Hanefi. Koweït.

Le Diambar du Sénégal

April 8, 2015

07-04-2015 14:30 – Le Diambar du Sénégal, fierté africaine [PhotoReportage]

Le Diambar du Sénégal, fierté africaine [PhotoReportage]Mohamed Hanefi – A l’hôtel regency deKoweït-city, le 6 avril, les fils du Sénégal, j’allais dire les fils du continent africain, fêtent l’indépendance duSénégal, décalée de deux jour pour préparatifs..

Pendant des années à chaque fois que je fus invité avec mon épouse pour commémorer cette heureux événement, je n’ai pu m’empêcher d’admirer cet ambassadeur, doyen du corps diplomatique, qui me donne année après année l’impression et la confiance, que parmi les fils de notre continent, il y en a de nobles et de profondément valeureux. Un homme duquel son pays peut être fier, de même que de son épouse d’ailleurs.

Je ne peux oublier le jour ou désemparés, parce que l’une de nos compatriotes, les plus patriote est morte ici au Koweït. Ce jour là, son excellence Abdou Alahad Mbacké, me dit la “Khatma” se fera chez moi. Il ne peut en être autrement. Je vous parle de Ould Cheikh Ahmedou Bamba. Cette vertu lui a été léguée par son père, son grand père et ses arrières grands pères.

Ce jour là je ne peux oublier son excellence, sa noble épouse et une trentaine de sénégalais, chacun son livre dans la main, “faire le tour du coran” plus de cinq fois pour l’âme de Bintou.

Nous étions seulement quatre mauritaniens avec eux. Le grand doyen Mohamed ould Jeylani, son épouse, moi-même et la mère de mes enfants. Il sacrifia des moutons et des nourritures de toutes sortes, sans nous laisser sortir le moindre dinar.

Une foi ferme et non ostentatoire dans la loi positive de la fraternité active, de la double relation de religion-proximité. J’eus grande peine à établir une frontière quelconque entre nous et ce pays, beaucoup plus proche que frère.

Il est vrai que j’ai grandi à Mbour, au Sénégal, mais c’est au Koweït que j’ai senti la solidité des rapports qui lient les deux peuples. Dans cette grande salle de cet hôtel gigantesque, je rencontrai tout le monde.

D’anciens étudiants que j’avais enseignés quelques années auparavant, devenus depuis, professeurs, docteurs, officiers, diplomates. Ils sont de toutes les nationalités africaines et asiatiques. Des mines réjouies et souriantes, qui se distribuent les accolades, comme dans une famille, après une longue absence.

Dr. Moussa Wonko du Bénin, mon ancien étudiant à l’institut de Qortuba. Professeur Abd Al Jabar Ahmed du Niger, professeur Hamadi Sid Moctar, nigérien, originaire de la tribu de Kounta, son frère Sid Amar Sid El Moctar, administrateur général, et…et…toute l’Afrique était là.

Mon épouse “dénicha” une nigérienne, d’origine mauritanienne.

Ce qui déclencha un torrent de propos hassanya au milieu de la fête. Elles furent les deux visages des bédanes dans cette grande rencontre.

Tous se rencontrent ici dans une atmosphère de fraternité, qui veut peut être, exprimer, plus que toute autre tentative inutile, le fruit mur et purifié de la diplomatie à bon escient et le rapprochement entre les hommes.

Ould Ahmedou Bamba, l’image de la modestie et de la disponibilité, a, à l’image de la grandeur, de la générosité et de la bonne foi de ses ancêtres, gardé scrupuleusement le pacte africain avec la vertu et la fraternité globale qui n’oublie personne.

A l’institut de Qortoba, ou je sers, je sais qu’il s’occupe du moindre petit problème, du plus petit étudiant. Il accompagne tous nos étudiants dans leur succès comme dans leurs petites peines quotidiennes. C’est ainsi que doit être un ambassadeur; et c’est ainsi qu’un grand homme conserve la tradition.

Un vrai pilier de la case africaine. Un musulman qui s’acquitte de cette mission sacrée de laquelle Allah l’a investi dans ces terres lointaines.

Un représentant de son pays, qui distille la sécurité et la tranquillité dans les cœurs de ses concitoyens et dans ceux de ses frères dans l’africanité. S’il ne peut pas satisfaire toutes les communautés africaines, il n’a laissé l’amertume dans le cœur de personne.

Qu’Allah, le miséricordieux, le tout miséricordieux accorde une longue vie, une très longue vie, pleine de bonheur de santé et de prospérité à son excellence Abdou Alahad Mbacké, doyen du corps diplomatique au Koweït, ambassadeur duSénégal, j’allais dire “signou gaall”; car tous, nous en profitons.

Longue vie au petit fils de Ould Ahmedou Bamba, comme nous disons enMauritanie, l’ambassadeur de l’Afrique et des africains, ainsi qu’à sa noble épouse. Une grandeur pour notre renom, une fierté pour notre continent et une fenêtre pour l’humanité.

Mohamed Hanefi. Koweït.

Avec Cridem, comme si vous y étiez…

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Commentaires (4)

  • labbayel07/04/2015 21:02X

    Beau temoignage, les senegalais, c’est l’extreme mais l’hospitalite ca leur appartient. Je voudrais temoigner aussi les mauritaniens sont extemement bons,genereux et hospitaliers envers leurs compatriotes(kowry.Wolof,Soninke,Bambara) en dehors de la mauritanie je suis entrain de chercher le POURQUOI.

    Voir moins

  • Gorkovitch07/04/2015 17:14X

    AH! Mohamed Aïdara Dg du Marathon de Nouadhibou, je m’attendais à ton témoignage toi aussi car je me rappelle au début des années 70 au Lycée de Rosso, tu nous venais du Sénégal. EnVoir plus

  • dykrim07/04/2015 15:35X

    Je viens de comprendre pour quoi ton fils méritant bien une place dans l’armée son pays la Mauritanie ne serra pas accepté, c’est parce que non seulement tu as un pied Kowri mais les aimes aussi.

  • Marathon International de…07/04/2015 15:13X

    Pr HANEFI merci pour ce temoignage et permettez-moi, s’il vous plait, d’ajouter ce qui suit : Le SENEGAL, un pays frère et ami à notre MAURITANIE, est une grande nation. SesVoir plus

Sauve qui peut…La démocratie arrive.

April 1, 2015

La démocratie et qui te dira ce qu’est la démocratie?

Une méduse à sonnettes dont les vents sifflent sur les têtes de nos peuples et moissonnent les existences.

Longtemps nous avons rêvé nostalgiquement à cette légende qui nous venait de l’occident et qui nous peignait la vie par toutes les couleurs de la justice, de la liberté et du droit des peuples à se gouverner, à disposer d’eux-mêmes pour eux-mêmes en toute transparence.

Un système presque divin, ou la brebis pourrait en toute quiétude côtoyer le loup, sans la moindre peur, ni le moindre bêlement de soucis.

Nous avions ardemment souhaité cet avènement heureux.

Ah!! Combien nous avons déchanté depuis cette époque.

La démocratie est venue, et tel un ouragan a tout ravagé sur son passage.

Désormais la démocratie voudra dire autre chose. Tout autre chose, que ce que nous imaginions. Elle sentira les trippes éparpillées à perte de vue, dans la solitude de l’indifférence. Elle se présentera sous forme de ces têtes coupées, ces membres tranchés au ras des articulations, ces tortures atroces, dans les fonds obscurs de geôles terrifiantes. Elle se déclarera par les déflagrations les bombes, les cris des femmes, les larmes désespérées des orphelins, perdus, les yeux révulsés vers le ciel neutre, n’espérant le secours de personne.

Maudis sois-tu démocratie, démons-cratie, crasses de la traitrise et de la cruauté humaine.

A différentes époques de l’histoire et poussés par les dictatures de dirigeants qui nous asservissaient, nous avons souhaitée ton ère. Nous ne savions pas.

Nous avons prié avec ferveur pour que ton ombre salvatrice, que nous croyions bénite, plane enfin sur nos terres pour aplanir nos peines et notre oppression. Tu as été pire que tout ce que nous avions jamais expérimenté jusque là comme système.

Il se peut qu’avant de venir chez nous, tu aies été falsifiée ou pliée à la hâte en vue d’objectifs louches et macabres, qui nous sont restés inconnus.

Ce qui ne laisse pas de place au doute, cependant, c’est que, sous la forme dont tu t’es présentée à nos frontières, nous te maudissons. Nous te maudirons à jamais.

Kadhafi est mort déchiqueté physiquement. Humilié de façon inhumaine avant d’entrainer dans le sillage de son supplice la dignité et la sécurité de son peuple.

Pourtant et malgré sa soi disant “perversité”, il représentait un moindre mal, que nous accepterions volontiers aujourd’hui. Sa mal instruction valait quelque chose qui a disparu en laissant un impact douloureux, un trou béant, qui ne sera peut être jamais comblé. Son pays de cinq millions d’habitants comptait plus de récitants de coran que l’Egypte, qui en comptait quatre vingt millions. Sa politique bornée des choses, au vu de certain, lui a dicté d’établir une équivalence entre la licence des sciences aveugles et sans conscience qui nous détruisent aujourd’hui, et la récitation complète de ce livre qui par la force de son influence, protégeait fermement contre ces crimes, ces pogroms, horribles et invincibles qui se sont installés chez nous.

La mort de Saddam Hussein a ouvert les veines de l’Irak, pour remplir le Tigre et l’Euphrate des flots d’un sang, qui semble ne jamais vouloir se coaguler. Son patrimoine culturel antique, relèvera désormais de la légende. Disparu dans les vapeurs d’une violence inexplicable qui ne dit pas son nom.

L’Egypte après être passée sous le rouleau compresseur de ces millions qui se rassemblaient comme par enchantement, partout,  au même moment et à la même place, continue à se débattre dans ses atrocités, qui ne sont pas près de disparaitre.

Le Yémen a vu s’amonceler ses nuages, à son tour, avant qu’une pluie torrentielle de sang, de violences et de meurtres, ne s’abatte sur son territoire. Les tonnerres grondent encore et gronderont longtemps sur le reste des survivants de ce pays qui a vu le prophète Salomon au temps d’un printemps moins violent et d’une prophétie, plus prospère.

La Syrie! J’ai oublié que la Syrie existait encore. Cette machine à hacher les enfants, les vieillards et les femmes!! Cette terre qui restera symbole de la lâcheté humaine! Cette plateforme du supplice, ou des victimes innocentes, ont crié au secours au visage de l’humanité, avant de mourir, traumatisés par l’incroyable méchanceté et l’incommensurable cruauté des hommes.

PRINTEMPS !!

Quel maudit printemps. Un printemps ou les alizés soufflant a perte d’haleine, ont brulé nos espoirs et notre confiance en la valeur et la sagesse humaines.

Un printemps ou la sève des fleurs, tire son humus de débris humains enfouis partout dans ces sols de la désolation, de la destruction et de la terreur.

Démocratie!!! Quelle démocratie?

L’occident a entamé une opération pour nous éradiquer, non pour nous guérir. Partout ou ils sont passés, ils ont ouvert des plaies béantes et atroces, avant de s’éclipser et laisser les victimes saigner jusqu’ à la mort.

Des médecins, qui ouvrent les entrailles des patients et se retirent dans la salle voisine, pour observer leur agonie brutale.

En général mentir, vient pour un besoin ou une nécessité. Nous analysons vainement les événements de ces catastrophes, pour comprendre pour quelle raison et à quelle fin, on nous a fait avaler ce gros mensonge, du nom de démocratie.

La tyrannie de nos dirigeants, nous laissait au moins l’espoir de les voir disparaitre par maladie, vieillesse ou évincer par un monstre plus clément.

Nous avions le temps de prier de tendre les mains au ciel, pour alléger nos misères ou faire disparaitre nos peines. Nous avions le temps de doubler les efforts pour nourrir les espoirs, à défaut de faire entendre nos voix au ciel.

La démocratie est venue trancher ces mains tendues à l’aube. Ses bombes ont fermé les bouches et éparpillé les prières.

Les hommes brutalement surpris dans les tréfonds de leur intimité, la plus profonde, ont perdu les notions de valeur humaine, de sacré, de sagesse, de paix, de droit, de responsabilité, du licite, de l’illicite, de la morale de la pitié, de la compassion et même de logique.

Tous ces termes ne semblaient plus être que des slogans creux et vides de sens, des redondances musicales pour calmer les inquiétudes et nourrir les espoirs. Des “trompe-naïfs”, que des générations et des générations passées, se sont passés, dans l’hypocrisie la plus spectaculaire de l’histoire humaine. Un peu comme si les hommes jusque là avaient voulu se doper de ces narcotiques pour calmer des rages innées qui sommeillaient dans les cœurs attendant un moment fatal pour semer le désordre, le désarroi et la mort.

L’ancienne vertu, chère à l’hypocrisie humaine de tendre la main aux semblables, pour préserver la vie, guérir des maladies et sauver des dangers, semble avoir accouché du monstre des agressions et des génocides dans une approbation collective et générale des maitres de la décision. Les tenants de la bride du monde.

Une preuve incontestable que l’homme est un loup pour l’homme.

Conformément à la règle confortable, de la raison du plus fort, un nouveau système, à visage découvert va régir les relations entre hommes. Une sorte de jeu d’échec, ou les pions ne sont autres que des peuples et ou la scène affiche le visage aigre doux de cette fameuse démocratie.

L’homme, libre au sens absolu du terme est un monstre déchainé dans le monde.

Si la religion islamique, religion enseignée par tous les prophètes a recommandé d’obéir à Allah, au messager et au guide, c’était pour garantir un certain ordre. Une certaine marge d’organisation pour permettre aux sociétés de fonctionner dans la paix. Devant Allah, tous les hommes sont égaux, dirigeants et dirigés. Mais la bonne marche d’une société exige un certain ordre, qui ne peut être obtenu dans l’anarchie, sœur jumelle de notre démocratie actuelle.

Ce sont les dirigeants qui ont perverti l’ordre normal du rapport initialement venu de Dieu.

Les premiers califes, comme Omar ibn al Khattab vivaient sous le seuil de la pauvreté. Ils avaient encore à l’oreille la résonnance fraiche et impérieuse des commandements de Dieu. Ils servaient et ne se servaient que pour rester en vie.

C’est plus tard que la mutation des occupants des trônes s’est faite. Alléchés par les fastes du monde les délices du pouvoir, et la mollesse des fauteuils, ils ont plié les dogmes en leur faveur et à leur convenance. Leur but se réduisant ainsi et exclusivement à grandir les fortunes et les influences

Les peuples pressurés, asservis par ces falsifications méthodiques et que la succession des siècles a dénudées, ont commencé a souhaité le changement.

La question était vers quel changement ils allaient aboutir.

La démocratie tant chantée, par des sociétés qui ignoraient les coups d’états et les troubles de guerres civiles, était à leurs yeux un havre de paix et de justice salutaire, qui allaient les délivrer définitivement de leurs calvaires. Ils ne pouvaient concevoir que ce système là n’était pas le leur…ils ne pouvaient s’imaginer que la réalisation de leur rêve tant attendu, les réduirait au statut de simples cibles, de vulgaires proies que les nouveaux rapaces du ciel, s’entraineraient à réduire en décombres.

Démons-cratie, que de malheurs tu as laissés sur ton passage.

Mohamed Hanefi. Koweït.