Archive for March, 2015

Quoi après Aziz.

March 31, 2015

Le problème des pays “en retard” est toujours et continuellement le même: recenser, ressasser et triturer  les problèmes pour en extraire l’élixir et la saveur. Le problème une fois épluché, est emmagasiné dans les bouches pour le passer d’une joue à l’autre. Question de jouir. Allez savoir jouir de quoi. C’est la jouissance de la problématique de la jouissance

Le plus petit garçon de nos sociétés, “érudites en matière de critiques” peut énumérer l’ensemble des problèmes qui se posent pour son pays. Ce qui fait et fera défaut éternellement sera la proposition de solutions.

Quand feu Moctar ould Daddah fut destitué, par ceux qu’il s’est tué à former et à grandir, toute la nation se pourléchait les babines. On estimait les fonds “détournés” par ce prédateur national à des milliards d’ouguiyas. Les couteaux étaient déjà affutés pour opérer les partages du butin sonnant et trébuchant. Mais la déception fut grande de découvrir que l’homme qui pouvait tout sur ce sol national, n’avait rien dans les poches. Au contraire il devait 3000 ouguiyas à la banque arabe africaine en Mauritanie BAAM.

Une douche froide. Le vieux s’était dépensé corps et âme, pour tirer un pays du néant, avant de se voir dévorer par ces enfants à qui il avait tout donné.

Il est mort déçu et triste, après s’être dévoué pour une société ingrate toujours prête à découper ses hommes en morceaux. Une société qui, pour assouvir ses fantasmes de médisances et ses critiques pour critiquer, ne recule devant aucune insulte.

Ce ne sont pas nous uniquement, partout dans notre monde arabe et musulman, le phénomène se répète et perdure. Remplacer Bashar…Par qui?… par des milliers de fractions qui se déchirent et se coupent les gorges dans une allégresse festive qui frise la folie.

Zigouiller Ben Ali!!! Pourquoi? Ce n’est pas important! Qu’il disparaisse. On trouvera une explication après.

Remplacer Sissi!!! Non remplacer Non! Non!! Par quoi?? Par n’importe qui!!! Non par n’importe quoi??? Ou mieux par n’importe qui et n’importe quoi!!!

Qui achète une révolution?? Bon marché!! Et après? Après c’est le déluge!! Ce n’est pas important.

Des societe incapables de dépasser l’âge de l’enfance et qui se suicident en croyant se donner la vie.

Je vais m’arrêter un peu chez nous. Un peu devant le cas de notre président Mohamed ould Abd al Aziz.

Surement j’aurais l’air de le défendre. Tant mieux. Je ne le défends, ni  ne le condamne. Je l’observe. Comme tout le monde. Parfois on m’apprend via un mot sur facebook ou sur un quelconque site que l’homme a amassé une fortune incalculable! Je n’ai rien vu. Je ne vois rien. Je veux voir. Pour m’assurer. Allah a dit : ” O vous les croyants, quand un pervers vous apporte une nouvelle, soyez circonspects. De peur de faire du mal à certain et que vous regrettiez par la suite.” Coran.

Au contraire à travers mes voyages, j’ai vu beaucoup d’hommes d’affaires, d’hommes affairés de femmes “affaireuses”, qui dépensent dix fois le budget de chez nous pour un séjour ou une convalescence et même pour une soirée “griotale”, dans des hôtels de luxes. Des lieux où prendre un café, coute les yeux de la tête. Sur le dos et les ventres des populations.

Quelque part on “pompe” goulument les possibilités de ce peuple. Mais qui??? Les probabilités sont diffuses et insituables. Ou du moins jusqu’à présent “insituées”. Pourtant ça viendra.

Avec Aziz quelques hommes “gabegistes” de leur état ont connu la prison. C’est triste et dommage, mais ce sera au minimum compté comme une volonté de rétablir l’ordre normal des choses. Avec l’homme quelques réalisations sur le terrain cahotant et irrégulier de la plateforme nationale, dénotent d’une certaine volonté manifeste de laisser sur le terrain quelques miettes de ressources exploitées depuis avant les indépendances et qui font figure du “Koubrit al ahmar”, qu’on cite sans jamais le voir.

Il ya ce qu’on appelle l’épouvantail dirigeant sur lequel, en cas de liberté, on accroche tous les intestins de Jouha.

En Mauritanie, nous avons coutume de dire que “celui qui critique une situation, doit proposer une chose à sa place.”

Nous avons une kyrielle de partis politiques, qui se bousculent aux portes des commandements et des ministères et probablement pour la présidence.

Qui mettre à la place d’Aziz??? Voilà la question que je pose à nous tous, et dont il me serait un grand plaisir d’entendre la réponse.

Nous sommes divisés en noirs en blancs, en couleurs. Nous sommes divisés en tendances et avons même récemment introduit une scission religieuse, parce que nous avons des mauritaniens chiites en notre sein aujourd’hui. Nous sommes divisés sur la langue qui doit nous permettre de nous dire mutuellement “Vlane hak ton verre de thé”. Nous sommes divisés sur le quota de diviser les nominations de nos responsables. Nous sommes divisés de jour et de nuit sur les priorités de poches qui doivent se remplir les premières. Nous sommes divisés sur la manière de nous gouverner et de gérer nos relations internationales. Nous sommes divisés sur le choix du pays auquel nous devons vendre ce que nous avons de plus cher et de plus sacré.

Ou puiser un homme assez patriotique à mettre à la place d’Aziz?

Je suis parfaitement d’accord avec ceux qui disent que sous le règne de ce président beaucoup de choses restent à faire. Mais d’un autre coté, j’assume fermement mon opinion, quand je dis que sous le mandat de cet homme beaucoup de choses ont été faites. Je suis loin. Mais j’observe.

C’est à Dieu qu’appartiennent les jugements l’autorité et les décisions. Les critiques absolues, sont injustes. Il faut donner des preuves des accusations et avancer des solutions pour les problèmes.

Notre plus grande faiblesse réside dans la nature de notre société.

Nous sommes un peuple qui ne sait que maudire et applaudir. Nous trompons ceux qui nous dirigent en leur mentant. C’est nous qui en faisons des satans ou des pharaons selon nos convoitises et nos calculs qui sonnent le faux et sentent la tricherie. Allah n’aime pas les tricheurs.

Je repose ma question qui à la place de Aziz?

Un IRA? Un FLAM? Un Daddah?, un Tawassoul? Un Forgeron? Un de gauche? De droite? De l’Est? De l’Ouest? Un Kori? Un Bidhani? Un Griot? Un Duo? Un Trio?

Je sais que dans toutes ces catégories il y-a des hommes et des femmes de valeurs. Mais toutes se contredisent et s’annulent.

Toutes n’ont qu’un but suprême et unique: comment manger tous seuls ce repas inerte et gratuit du nom de Mauritanie.

La vérité la plus amère est celle qui fait rire. Nous nous bouffons, pour arriver à bouffer tout seul, ou en exclusivité avec sa tribu, son ethnie ou son groupe. Ce n’est pas noble n’est ce pas??

On ne peut pas construire ce qu’on détruit.

La Mauritanie, sous toutes les ères est une salade qu’on assaisonne pour la consommer et non une plante qu’on arrose pour la faire pousser.

Le grand mérite du président Aziz est d’entrainer tous ces responsables qui le suivent au doigt et a l’œil vers les profondeurs de la misère mauritanienne, pour leur couper l’appétit, en leur montrant leurs limites et leur négligence. Les mettre devant ces masses fondant entre la peur et l’espoir de lendemains incertains, ponctués par la faim et la soif.

Voilà l’image de la haute trahison contre la nation.

C’est déjà une grande réalisation de troubler ces consciences “nouakchottoises”, habituées à se vautrer dans les salons super luxueux de Tevraq zeyna pour se servir la chair de leur pays.

Pourquoi n’y aller que lors des visites présidentielles? C’est louche n’est ce pas? Et ça se répète.  Avec Maawiya, Haidalla… ou est le repentir?

On ne peut prétendre vouloir redresser le pays en le trahissant.

La grande faute du président Aziz c’est cette impuissance sans nom d’établir la vraie justice de rétablir les citoyens dans leur droit. Pourtant s’il l’avait fait sans peur, ni complaisance, Dieu l’aurait soutenu. Dieu est le possesseur du règne et le législateur unique et suprême. Il est la source du jugement et le président doit le savoir et agir en conséquence. Il existe sur cette terre de faibles mauritaniens pressurés, dominés, écrasés, exploités, dépossédés, marginalisés. Des citoyens qui commencent à perdre tout espoir. Des citoyens qui regardent leurs terres, sans pouvoir les occuper. Des condamnés pour faire plaisir. C’est d’eux qu’il s’agit et c’est à eux que doit s’adresser le dévouement d’un guide.

C’est ainsi que dix mandats pour Aziz seraient légitimes. Ce n’est pas l’homme qui diffère, c’est son action.

Je sais que dans notre situation actuelle, le président a plus besoin des pauvres que les pauvres n’en ont du président.

Il reste cependant que le président sera interrogé sur ses pauvres et les pauvres ne rendront pas compte de leur président.

Il ne s’agit pas de changer un guide. D’ailleurs rien ne sera plus couteux et plus dangereux pour la Mauritanie en cette période que de changer de président. Débouter ceux qui sont déjà assez rassasiés des richesses du pays, pour les remplacer par de nouveaux appétits, longtemps sevrés de luxure, pour entamer ce qui reste de cette carcasse nationale.

Allah Yestour.

Mohamed Hanefi. Kuwait.

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Profondément désolé cher pays.

March 16, 2015

Surtout respirez et prenez le temps de douter de tout ce que je vais vous dire. Doutez et “re-doutez” jusqu’aux confins de vos possibilités de doute.

Peut être que c’est mieux ainsi et moins douloureux.

Je me suis souvent posé des questions. Des monologues qui me cassaient douloureusement le dos. Alors j’ai dit : pourquoi ne pas distribuer mon fardeau sur les dos de tous les mauritaniens. Et bien entendu, à tout seigneur tout honneur, je me déleste d’abord, et avant tout sur les dos des mauritano-gouvernement.

Il est urgent et plus juste de déterminer la limite entre mon droit et mes libertés de souiller et le droit de cette terre à conserver un peu de sa dignité.

Longtemps, comme le clamait feu Yasser Arafat, nous avons cru que les bourrasques certes déchainées de ce nouveau monde, ne pouvaient ébranler les montagnes de foi et de vertu que nous ont léguées nos mères et nos pères.

Nous nous sommes bougrement trompés.

“Je viens d’un pays ou les habitants ne mangent la viande qu’une fois tous les cinq ans.” Fin de citation. Ce sont les paroles d’un concitoyen qui venu de chez nous pour demander la charité en notre nom, n’a trouvé autre chose que de nous rouler dans la fange.

Un pays ou le nombre de chameaux de vaches et de moutons dépasse des dizaines de fois le chiffre de la population!!

Sans parler du poisson, ne serait-ce que le “yaye boy”, mais qui ne mange la viande qu’une fois tous les cinq ans!!!!

Doutez de tout ce que je dis. Si vous voulez.

Peut être que ces paroles sont tombées un jour dans les oreilles de l’un de nos ambassadeurs, qui hors de lui et profondément offensé par ces âneries,  a résiliés des résidences signées par un autre pour ces voyageurs de circonstances.

Et nous avons continué à voyager. Partout dans le monde.

Si le voyage est le grand livre du monde, il tue cependant beaucoup de ses lecteurs.

El Hourra-info : “Des mauritaniennes esclaves sexuelles dans des palais d’un pays du Golfe.” Affaire de wikileaks, commentée par l’ambassade des états unis d’Amérique etc.…etc.

Vous en avez tous, entendu parler.

Mais doutez.

A l’entrée de Médine, la ville du prophète, ma femme et moi demandons l’adresse d’une tante, résidente dans cette terre sainte, (Allah l’accueille au Paradis). Un citoyen de la ville nous dit impoliment, et sans sourciller ” Ici, pendant la nuit seules les chattes et les mauritaniennes circulent.” J’eu envie de lui casser quelque chose mais me ressaisissant, je me rappelai que j’avais avec moi une femme et des enfants. Je ne pouvais moisir en prison ici.

Ici moi je doute.

Une vraie femme ou fille de chez nous, quelle que soit sa couleur et son appartenance sociale, ne descendrait pas aussi bas.

La réalité est que la réalité est autre.

Il y a tout un réseau, qui s’occupe de tromper ces femmes, qui pensent aller en terre sainte pour “se marier”, pour tomber ensuite dans le piège de soucis sans fin.

Falsification de résidence, vie incognito dans la peur, chaque minute, de tomber entre les mains des services de l’intérieur et par conséquent, elles deviennent des fruits murs prêtes à être cueillies par toute machine de perversion aux aguets pour consommer ce genre de proies affolées, inexpérimentées et sans défense.

Une seule porte reste ouverte: La prostitution.

Des filles entre cinq et douze ans d’âge, qui se glissent entre les doigts de leur pays pour constituer un objet de souillure et de honte.

Un pays ou le plus pauvre d’entre les pauvres, le plus démunis d’entre les démunis, préférerait mourir mille fois, plutôt que de drainer la honte à sa famille!!

Comment peut-on expliquer ce phénomène que par une négligence impardonnable de ceux qui sont en charge de contrôler ceux qui sortent du pays et ce qu’ils font du passeport qui leur est délivré?

Celui qui se demande comment sera la Mauritanie de demain, ne doit plus chercher plus loin. La voilà. Elle est largement définie et peinte par la sculpture de notre comportement d’aujourd’hui.

Les sociétés secrètent en leur temps, les contours de l’échelle de leurs valeurs morales.

Un pays peut-il espérer survivre, en ayant les portes et les fenêtres ouvertes sur toutes les tendances, toutes les théories, toutes les folies de ce monde, sans aucun filtre ni censure?

C’est un suicide.

Quand je pense qu’un jour, à l’intérieur de ma cour fermée, dès que j’ai sollicité un maçon avec intention d’ajouter quelques briques à mon “Mbar”, tombé en désuétude à cause de ma longue absence, une voiture de “l’administration” est venue sur les chapeaux de roues pour me demander si j’avais le “permis” d’augmenter mon mur.

Je me demande qui délivre le permis de souiller le pays et d’en donner une telle image au monde?

Qui donne l’autorisation de sillonner la planète pour vendre tout ce que nous avons, par des droits acquis d’on ne sait ou.

Qui délivre le droit d’exporter nos petites filles pour amuser les riches ?

Et depuis quand la richesse a-t-elle toute cette influence sur les coutumes et les traditions d’un peuple, qui ne demandait rien à la vie à part la conservation de son intimité et le respect de ses valeurs?

De quel droit brade t on notre originalité contre des valeurs des formes et des couleurs qui nous sont étrangères?

Peut être sommes nous déjà vendus sous d’autres cieux, à des titres et à des tiers qui ne nous sont pas dévoilés.

De quel droit vend-on ce que nous avons de plus cher?

Et de quel droit a-t-on le droit de nous vendre? De nous rouler dans la boue? De nier notre amour propre, notre droit d’être ce que nous sommes, ce que nous voulons être, pour des paramètres incertains des valeurs inconnues et à des prix dérisoires?

Ce n’est pas en criant noblesse, qu’on acquiert ses titres de noblesse. La noblesse a une autre définition plus rigoureuse et mieux appréciée. La noblesse est plutôt un voyage qu’une destination.

Peut être devons nous dire à tous ceux qui nous achètent à notre insu, à tous ceux qui nous méprisent par le prisme et à travers le tableau de ceux qui prétendent parler en notre nom, que nous ne sommes pas concernés par ces contrats falsifiés clandestins et malhonnêtes.

Des pactes nuls et non avenus, parce que l’une des parties, la partie principale, est manipulée à son insu.

La Mauritanie est souvent présentée, à l’extérieur, par ce qu’elle n’est pas. Ce qu’elle n’a jamais été et surement ce qu’elle ne sera jamais.

Le mobile est toujours le même: un peu d’argent contre des valeurs que les trésors du monde ne peuvent acheter.

La récompense de “Moundrich”, l’écureuil: “Je te tue, mais je vais remplir ta peau de mes bijoux.”

Ceux qui pensent que l’argent est toute chose, sont prêts à tout pour l’acquérir.

Cette catégorie de personnes n’existait pas chez nous.

D’ailleurs nous n’avons jamais témoigné un tel amour pour les biens de ce monde. Nous avons toujours vécu par des moyens austères dans une dignité invendable.

Qu’est ce qui nous arrive aujourd’hui????????????

Pardonne-nous terre des hommes, sur laquelle prospèrent des humanoïdes qui ne savent plus qui ils sont.

Que soit maudite toute subsistance qui ternit le visage de siècles de fierté et de foi.

Et que soit mille fois maudit tout honneur ou tout confort qui repose sur les ruines de l’authenticité et la chaste pureté de ce peuple.

Rappelons-nous seulement qu’il n’est pas une erreur de rebrousser chemin quand on a emprunté une fausse route.

Mohamed Hanefi. Koweït.

L’islam perdu entre salafisme, soufisme et satanisme.

March 16, 2015

Jamais le fidèle musulman n’a été aussi désorienté qu’en ces temps. La communauté humaine, toute entière, semble s’être liguée pour faire du musulman une cible légale pour ses l’essayage de la performance de ses armes et l’amusement de ses peuples.

Le musulman ne vaut plus guère la valeur de la balle qui l’expédie dans l’autre monde ou l’éclat de l’obus qui repend son sang à la surface des sables qu’il arrose avec la complicité d’un  silence de tombes.

Au temps du prophète (psl), les choses étaient beaucoup plus pures et plus claires. Ensuite les hommes ont interprété. Ils interprétèrent et interprétèrent tant et si bien, qu’ils multiplièrent les chemins et perdirent les fidèles.

Cet effort, qu’il soit de bonne ou de mauvaise volonté, contribua largement à la triste et révoltante situation ou nous sommes aujourd’hui.

Mohamed ibn Abdallah, fortement attiré par une sensation mystique, de l’existence d’une force céleste supérieure, avait pris l’habitude de se refugier dans la grotte Hira, pour une méditation intime avec ses sensations, se vit un jour visiter par un être étrange et monumental : L’ange Jibril.

Le message qu’il lui apporte du Seigneur des monde était simple limpide et était a la portée de quiconque voulait comprendre.

L’envoyé après avoir divulgué le message ne fut suivi ni d’érudits, ni de savants, ni de doctes, ni de philosophes.

En ces premiers temps de l’aube islamique, on n’avait pas encore pu justifier l’adoration de l’homme par l’attachement au Seigneur des hommes.

Ceux qui avaient saisi et étaient allés jusqu’au sacrifice pour la défense de cette croyance, n’étaient que de simples gens. Des esclaves, des refugiés d’autres empires, poussés en ces terres d’Arabie, par les exactions des hommes de leurs communautés.

Les “Ayats” descendaient sur l’envoyé d’Allah (psl), claires limpides et s’adressaient directement aux fideles dans un langage que personne ne pouvait ne pas comprendre.

Ils ne pouvaient se diviser sur l’interprétation, ni interpréter à leur façon, pour deux raisons essentielles. La première est que le message était tellement simple et tellement clair que jouer avec son interprétation relevait d’une malhonnêteté manifeste. La deuxième était que le message lui-même commandait aux croyants de ne jamais se diviser et de “S’attacher ensemble avec la Corde d’Allah, de ne jamais se disperser.”

L’adoration était un attribut exclusivement de Dieu. Et Mohamed l’homme le plus saint de l’humanité n’a jamais demandé à quiconque de l’adorer ou de le substituer au recours à Allah. Cet homme choisi par le Créateur pour la plus noble mission dans l’Univers. Cet homme dont l’humanité a été créé par sa sainteté, n’a jamais demandé à personne de le prendre pour un surhomme ou de le sacraliser. Au contraire il a vécu simple pauvre et servant ses disciples, comme s’il en était le serviteur.

Il n’a même pas compilé les versets qui descendaient sur lui graduellement. Le message était simple: “Glorifie le nom de Ton Seigneur le Très Haut.” “Ton Seigneur qui a crée.”

Selon le verbe même du coran, le livre contient des versets clairs pour tout le monde. Tout doué d’intelligence et de raison comprenait. Il n’y avait pas besoin de passer par des multitudes de rapports pour expliquer, ce que le Maitre des maitres de l’explication, disait a ses fidèles serviteurs. Il n’a rien laissé sans le recenser et l’éclaircir. Cependant Allah nous dit dans le livre “O vous les croyants ne posez pas de questions sur certaines choses, qui, si elles vous sont explicitées vous répugnent.” Coran.

L’essentiel était là. Relation directe entre le crée et le Créateur a tel point que Dieu a dit : “Si mes serviteurs te demandent à propos de Moi, dis leur que je suis proche. Je réponds à celui qui me demande, quand il m’invoque.” Coran.

Allez savoir par la suite comment on en est arrivé au stade ou parfois les paroles, les volontés et les commerces des hommes seront prioritairement cités sur la parole de Dieu.

Comment des hommes ont pu attribuer au prophète des paroles qui ne sont pas les siennes. Lui, qui a dit exactement “Celui qui me fait dire ce que je n’ai pas dit assure sa place en Enfer.”

La simple réflexion sur la Aya qui dit: “Et Dieu a honoré les fils d’Adam” et les curieuses transformations facturées sur le dos du Fiqh, qui en ont fait un esclave servile pour l’exploiter jusqu’au sang, pousse à l’étonnement et à la consternation.

Ou encore quand le Seigneur des mondes visibles et du mystère dit: “Allah ne pardonne pas qu’on lui associe et pardonne ce qui est en deçà.”.

Alors qu’on voit chez certain soufistes par exemple, que la déification des têtes religieuses a supplanté de très loin le recours à Allah. Cette “Shirk” a atteint un tel degré d’exagération, que dans ces milieux, le fidèle qui trébuche, qui a un problème quelconque ou  qui désire des enfants garçons au lieu de filles, ne s’adresse plus à Dieu, mais un Cheikh “Vlane”. Il est tellement aveuglé, ou a été tellement aveuglé, qu’il ne se rend plus compte que cheikh “Vlane”, coure et vol et voltige vers l’hôpital le plus lointain, pour sauver sa peau dès qu’il sente que sa maladie est grave.

Mon intention est loin de montrer ici, le gigantesque et dangereux écart, qui a marqué l’origine du message et son humaine transformation, mais pour démarquer cette noble religion des misérables tentations de l’âme humaine.

Ces hommes qui ont crée les talismans coraniques accrochés au cou, sur la tête ou même autour de la taille dans un endroit impur, ne se rendent pas compte que ces versets qu’ils suspendent là ou il ne faut pas, pour un vil prix, sont des témoins de ce qu’ils font.

Pourtant, à l’origine, le soufi n’était pas ce commerçant du livre, qui plie tout à la taille de sa bourse et de ses bourses. Soufi à      l’ origine venait du mot “Souf”, la laine en arabe. C’étaient des croyants, ascètes, totalement détournés des fastes du monde et qui s’habillaient de ces tuniques rugueuses, tissées de laine et que le corps avait du mal à supporter.

Plus tard et avec la vénération profonde, que le commun des croyants témoignèrent à ces fidèles de Dieu, certain, et malheureusement pour la fidélité à Dieu, se rendirent compte que ce statut avait une influence considérable sur les esprits et les âmes de leurs coreligionnaires. Ils en profitèrent à outrance et avec le temps s’installèrent sur des trônes immenses, qu’ils se transmettront de père en fils.

Si la religion reste le fond de teint de ces relations, les intérêts matériels, vont constituer le vrai moteur de cette intercession invérifiable de ceux qui, sur terre, et avant le jour du jugement et de la rétribution se sont proclamés déjà élus de Dieu.

Si Allah a dit dans la sourate des Djinns, par exemple, qu’il ne partageait les secrets du mystère et de l’invisible avec personne, ces confréries, vont créer ou plutôt remodeler le mot “Weli”, singulier de “Awliya”, pour l’attribuer de façon extraordinaire et curieusement coriace, a celui qui dévoile le monde du mystère parmi nos humain.

Dieu a dit et ils ont dit!!!

Il est clair que ceci est contradictoire et de façon flagrante avec la définition que le coran, parole de Dieu en donne. Allah dit dans le livre que les “Awliya-oullahi” sont ceux qui ont cru et craint Allah. Ceci  peut designer un simple esclave ou n’importe quel être humain croyant.

L’un des Sahabas du prophète disait à certain de ses compagnons : “Malheur a vous. Je vous dis l’envoyé d’Allah a dit et vous me rétorquez Abou Bakr et Oumar ont dit.”

Plus grave que cette situation est sans doute, quand on sait que Dieu a dit et qu’en face on vous répond : “Vlane rapporte, que Vlane rapporte, qu’il a entendu Abou Vlane dire…”

Les hommes sont sans doute reconnus par la vérité, ou plutôt par leur véracité; mais la vérité, elle n’est pas reconnue par les hommes. Elle est immuable. Surtout quand la vérité vient de Dieu.

Si aujourd’hui des hommes se révoltent contre leurs semblables, c’est que les moyens d’instruction et de communication modernes, ont dévoilé des mines de mensonges, facturées sur le dos d’une religion venue pour le bonheur et la miséricorde des hommes. Pendant des siècles, des hommes ont essayé d’éteindre la lumière d’Allah avec leurs bouches, Mais Dieu rependra sa lumière, même contre le gré des mécroyants.

On ne peut vendre le livre de Dieu à si vil prix et s’en tirer à si bon compte.

Le simple résultat de l’état de certaine de nos sociétés, montre a quel degré le secours de Dieu a été manipulé pour ligoter les hommes, entraver les esprits et les corps; les priver de l’honneur divin qu’Allah leur a octroyé en en faisant ses vicaires sur cette terre. Ceci est très grave. Heureusement que Dieu a ouvert les portes du repentir, avant que la mort n’atteigne le “Houlqoum” (région de la glotte et de l’épiglotte).

Tout le courant soufiste, n’a pas été de ce stade de dépravation. Au contraire certain ascètes de cette école, font aujourd’hui la fierté de notre religion. Comme le prophète (psl), ils ont consacré leur vie modestement a l’enseignement des préceptes divins. Ils étaient détournés des tentations d’ici bas et ont personnifié l’image parfaite et sainte de l’homme de Dieu.

Sans citer les chiites, les druzes, les alaouites etc…le chapelet est long, un autre courant va faire son intrusion dans la vie des fidèles. C’est le mouvement salafiste. On peut dire qu’il constitue une réaction aux extravagances de certaines pratiques soufistes. Il prétend s’accrocher au livre et a la sounna. Rien de plus. Ce qu’on remarque cependant chez ces adeptes, c’est le mépris profond des autres. Les autres qu’ils considèrent un peu comme les descendants de Yaghouth, Yaghout et Nasrane, du temps du prophète Nouh (psl). Les autres sentent chez eux un certain orgueil, une certaine vanité. Et la, se pose un autre problème : Le prophète Mohamed (psl) a dit dans un hadith sahih que “Personne n’entrera au Paradis et qui a un atome de vanité ou d’orgueil négatif dans le cœur.”

Le prophète a dit : “En fait je suis envoyé pour compléter l’essence et le meilleur de la vertu.” La vertu des vertus de l’envoyé (psl), n’était autre que la modestie et le profond respect voué à tous ceux qui l’entouraient.

Ne s’était-il pas levé au passage du cortège funèbre d’un juif et quand les sahabas le lui reprochèrent, il répondit “N’est ce pas une âme humaine?”. La religion ne le détournait pas de son humanité. La religion islamique est profondément humaine.

“Bismillahi arrahmani arrahimi.”, qui veut dire au nom de Dieu le Miséricordieux, le Tout Miséricordieux. Cette formule généreusement céleste qui rythme notre livre sacré, a commencé par répandre la miséricorde de “Arrahmane” sur tous les êtres croyants ou non, avant de l’octroyer en même temps et en exclusive pour les croyants: “Arrahim”

Pour les salafistes, la vérité est exclusivement leur. Ils sont seul détenteur de ce qui doit être et de ce qui fut au temps de l’envoyé (psl) : l’Alfa et l’Omega de l’exégèse et de la foi.

Ils vont interdire des choses qui jusque là ne l’étaient pas dans beaucoup de contrées musulmanes, comme l’ampleur de l’habit, la musique, le tabac, la célébration de la naissance du prophète, la découverte des contours du visage de la femme etc. ils vont et avec une précision mathématique définir les faits, les gestes, les positions dans la prière. Les formules à répéter quotidiennement avant chaque acte dans la vie. Que faut-il dire en entrant dans la mosquée, en en sortant. Formule pour entrer dans les toilettes et celle avant d’en sortir et…et…

Ils vont s’attacher tellement aux détails, que parfois on se sent perdu dans ces dédales et ces ramifications, qui ne sont pas explicites dans le Mous-haf.

Des personnes comme la pauvre mienne, vont se sentir parfois profondément en colère devant certaines assertions de cette école, du genre la mère de l’envoyé est associatrice, ou son père est en Enfer ou encore c’est une “Bid-a” (innovation promise à l’Enfer), de fêter la naissance du messager de Dieu etc.…

C’est au cours de ces confrontations, que je m’accroche avec dents et ongles à ce qu’il y-a dans le livre et me détourne des interprétations et supputations des humains.

Ils ont cependant accordé une grande importance aux mosquées. L’attention du fidèle est parfois détournée dans sa prière par la beauté des arabesques et des décors féeriques des mosquées. Parfois il est aisé de calculer combien de mosquées plus simples peuvent être construites en terre d’Islam, par la décoration d’une seule mosquée dans ces régions.

Plus douloureux est de penser à combien d’affamés d’ignorants, de sans abris etc., on peut secourir par ces fonds énormes investis pour la beauté de l’apparence. Surtout quand on sait que la mosquée du prophète (psl) était d’une modestie inégalable, avant sa transformation que nous voyons aujourd’hui.

Ceci peut s’interprétera cependant par leur amour profond pour ces lieux de rencontre des fideles avec le Créateur.

Le salafiste est tellement “tourné” vers Allah, que parfois, il regarde tout celui qui n’est pas salafiste comme lui, avec dédain et mépris. On sait cependant que l’envoyé (psl) a dit: “Le summum de la méchanceté chez un individu est de mépriser son frère musulman.” Sahih.

J’ai vu beaucoup de cultivateur chez nous, semi analphabètes, qui se tournent vers l’Orient, en plein air, les pieds enfoncés dans le sol brulant des brousses. Souvent avec un “Teyemoum”; le visage tourné vers le maitre des cieux et de la terre, ils psalmodient ce qu’ils savent et ils prient avec une ferveur et une bonne foi, que je n’ai pas vu ailleurs.

Allah a dit: “O! messagers ! mangez de choses pures, et agissez en bien. Je suis parfaitement au courant de ce que vous faites. Cette communauté est la votre. Une seule communauté et je suis votre Seigneur craignez-Moi donc. Mais ils coupèrent leurs affaires en morceaux, chaque parti exultant de ce qu’il a entre les mains. Laisse-les donc dans leur noyade pour un temps.” Les croyants-51-53.

Un nouveau groupe, enfant des temps moderne, est le “satanisme”. Des groupes se disant musulmans, ou carrément non musulman, qui s’attaquent à cette religion,  par pur sadisme. Ce sont les sportifs du mal. Les âmes hargneuses et sans scrupules.

L’islam ne fait de tort à personne. Sauf quand il est mal interprété par les hommes ou mal appliqué par les gouvernements. Ceci d’ailleurs vaut pour toutes les religions célestes.

L’action de ce groupe infernal d’individus reste curieuse et malintentionnée. Des caricatures, aux mensonges contre les théories islamiques, le résultat reste le même: donner une image de l’islam qui le ternit et en repousse la communauté humaine. Légaliser les génocides et les pogroms des musulmans, en les présentant comme étant des ennemis de la liberté, de l’humanité et de l’évolution.

Juger une religion par l’aspect ou les actions d’hommes qui en endossent la tunique pour commettre leurs forfaits; n’est qu’une pauvre excuse auprès des dernières reliques de la conscience humaine, pour justifier une islamophobie, qui continue à moissonner les âmes innocentes et à écraser les peuples.

Tout le monde s’imagine être unique. Tous pensent qu’ils propagent le bien, la vérité et que l’autre représente le mal. C’est une illusion ridicule. Les personnes se mirent dans le miroir que sont les autres. L’autre n’est que le reflet de ce que vous êtes.

Soyez courageux et avouez que vous êtes égoïstes. Vous avez prescrit l’enfer pour les autres en vous réservant les délices du Paradis. Soyez courageux et dites à vos enfants que vous leur mentez en disant que tout ce qui n’est pas vous n’est pas bon.

Dieu est bon. Sa miséricorde est proche des bienfaisants. Soyez bienfaisants ou à défaut, gardez vous de transformer les grâces d’Allah, en peines pour ses créatures.

Une simple question: Dieu s’est-Il adressé à nous pour nous sauver ou nous damner et nous punir?

En tout cas, dans le coran Allah a dit à son envoyé: “Et nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’humanité entière.” Sourate Les prophètes-107.

Est-il prudent de bifurquer sur d’autres chemins? A Dieu le retour, Il tranchera. Sa sentence est incontournable.

Mohamed Hanefi. Koweït.

Francs conseils aux maures-taniens.

March 16, 2015

Mon cher frère maure. Allah m’est témoin que je t’aime. Il ne peut en être autrement, car toi c’est moi. Je peux sentir, même a distance le moindre frémissement qui te secoue, traverser, la profondeur de mes veines et de mes artères. Je partage tes douleurs, je compatis à tes faiblesses, mais tes dérives également m’affectent et me troublent profondément. Les griefs qu’on te reproche, me couvrent de honte et de tristesse.

C’est pourquoi, j’ai décidé de t’écrire. Je m’en vais exactement te dire ce que tu m’aurais dit à ton tour, si tu me voyais dans la situation ou je te vois en cette époque.

Tu es brave. Je le sais. Tu es hospitalier et affable. Tu donnes ce que tu as dans la main, sans réfléchir simplement pour honorer un hôte. Un hôte que souvent tu ne connais pas et que tu vois pour la première fois. Il suffit que ce soit un “khater”, un hôte, qui a choisi ta demeure comme refuge et qui t’a gratifié de sa présence.

Par ce simple statut de “khater”, il dispose du droit de ta demeure, de ton bien, de ton temps et des services de ta famille.

Tu accorde une attention sans pareille à l’obéissance à tes parents. “Bar” est une qualité que tu es pratiquement seul à conserver sur cette planète.

C’est ainsi qu’Allah t’a crée, mon frère. C’est ainsi que devait rester.

Ceci n’existe nulle part ailleurs que chez nous.

Je ne te le cite pas par vanité ou par manque de modestie, mais pour te rappeler que des valeurs d’une extrême rareté et d’une extrême préciosité, nous ont été confiées dans le secret et le silence de cette nature souvent hostile, par Allah le Maitre des mystères. Confiés à nous les hommes perdus dans l’immensité pudique du désert.

Nous les hommes du désert. Nous la société, ou les biens qui font courir les hommes et les affolent sont très “minces” (un terme que nous sommes seuls à comprendre)…je veux dire “étaient” très minces.

Nous les hommes des “Badiyas”, et naguère, les détenteurs de la foi non fardée et des vertus sans pièges.

Nos bonnes actions s’accomplissaient devant le témoignage ingrat et avare de louanges, d’un désert qui ne révélait ses secrets à personne. Mais tant mieux, ces actions étaient accomplies uniquement pour l’amour du Seigneur des mondes et en vue de Le satisfaire.

Lui qui nous a dit dans son livre sacré: “Certes la miséricorde divine est proche des bienfaisants.” Et effectivement cette miséricorde nous enveloppait dans une pudeur divine et semait la Baraka dans nos familles, nos biens et nos corps.

Malgré la rigueur du climat dans lequel nous évoluions, nous mangions des viandes et des mets, dont la saveur et les odeurs, sont impossibles à produire aujourd’hui. Des avant gouts de Paradis par lesquels Allah, le généreux récompensait ceux parmi ses fidèles, qui ont tout négligé, pour l’obtention de sa satisfaction et de son pardon.

Cher frère n’as-tu pas remarqué comment ce manteau divin a été retiré brutalement du corps cette société? N’as-tu pas remarqué que les biens se sont multipliés, que les demeures sont devenues plus somptueuses, que les montures se sont transformées en coursiers de fer qui ne s’épuisent jamais; mais que de tous ces fastes, Le maitre des mondes a retiré toute Baraka, toute signification et tout plaisir? N’as-tu pas constaté que les visages de tes frères se sont durcis, flétris, renfrognés, et ont perdu par là l’auréole de beauté et de bonté qui les entourait?

N’avons-nous pas commis quelque part quelques fautes dont nous sommes en train de payer la facture? Je n’en doute point.

Allah a dit “Ton Seigneur ne fait de tort à personne.” D’où est venu le drame donc? Je vais essayer de t’expliquer, bien que la tache soit difficile.

Tu as profité de l’humilité de tes frères esclaves, pour la leur rendre en humiliation. Ils t’ont servi, tu les as asservis. Je te comprends. La nature de la société était ainsi. Ce péché là était permis en ce temps là. Le crime est presque parfait, si Allah par sa science immense ne t’a signifié que tu es sur une mauvaise voie. Tu es allé trop loin sur la mauvaise voie. Il est temps de revenir. Il est urgent de revenir. Tu te perds et en même temps tu perds deux fois ceux que tu as déjà perdus.

Les paroles sont inutiles. Les paroles ne rassasient pas. Les paroles n’engraissent, ni n’affranchissent de la faim.

Tu dois faire quelque chose vite et bien.

Quoi faire? Je sais que tu sais comment on fait les bonnes choses. Agit mon frère. Ta crédibilité et ta foi en dépendent.

Si tu as affamé ou aidé à affamer un ancien esclave, prouve lui par la profusion de nourriture que tu lui présente, que tu agissais malgré toi.

Si tu l’as marginalisé, enlace-le. Fais le asseoir sur le tapis du seigneur et sert lui le verre de thé traditionnel. Cela te grandira mon frère.

Si tu l’as enfermé dans le cercle de l’ignorance aide-le à s’instruire. Vite et bien. En actes pas en paroles.

Seuls les imbéciles continuent à compliquer la vie des citoyens du monde. Surtout mon frère ne me parle pas de cette pléthore de lois, confinée dans une nuée de paperasses, qui visent autre chose que la clarté de la procédure.

Et d’ailleurs les mesures adéquates de lutte contre l’esclavage doivent s’adresser aux pauvres vrais esclaves. C’est-à-dire les esclaves de la flatterie, de l’argent et du sexe.

Les autres dans la peau d’esclaves, ils sont libres d’être ce qu’ils sont.

Arrêtons mon frère de chanter les morts. Ils sont auprès de Celui qui a la meilleure aptitude à les juger. Si nous devons chanter, chantons ce qui est devant nous, ceux qui sont vivants. Donnez aux vivants l’opportunité de profiter de vos appréciations de leur vivant; pour que cela serve a quelque chose. Les morts n’entendent plus.

Puiser toujours dans l’au delà pour glorifier les faiblesses du présent n’est pas honnête. Ceci équivaut à aller très loin, pour mieux mentir. On ne doit pas facturer ses prouesses sur le compte des habitants de l’autre monde. Les honorer revient d’abord à prouver que nous suivons et appliquons les principes et les valeurs qu’ils nous ont légués. Sinon nous ne sommes que des malfrats qui s’embellissent de l’action d’autrui. Des voleurs en somme!!

Mon frère tu as parfaitement lu et compris le livre. Tu as eu le temps et le calme de le tourner et le retourner dans le calme silence des contrées silencieuses. Tu sais parfaitement ce qu’Allah t a demandé d’être, de communiquer aux autres, et de faire. Les pages étaient claires. Peux-tu nier cela, mon frère?

Tu sais qu’Il sait que tu sais et tu sais qu’en sachant qu’Il sait que tu sais, tu t’expose à Sa colère, pire à sa malédiction au cas où tu trahis la sacralité de ses lois.

Qui t’a poussé à le faire? Je t’accorde le bénéfice de l’ignorance.

Quelque part, à l’un des détours de l’histoire, quelqu’un a distillé dans les pages un dogme justifiant ces comportements hideux et dégradants. C’est lui qui en répondra et à toi de t’en défaire.

On ne garde pas les pourritures.

C’est finit. Repends-toi. Revient vers le droit chemin et entame l’expiation de tes fautes. L’envoyé Mohamed (psl) a dit: “Tous les fils d’Adam sont fauteurs. Et les meilleurs fauteurs sont ceux qui se repentent.”

Tu ne dois essayer ni de justifier, ni de défendre ton péché. “Allah pardonne tous les péchés, mais ne pardonne pas qu’on Lui associe.” Coran.

N’accepte pas d’écouter ceux qui veulent te nourrir avec l’écuelle vide de la flatterie et de l’arrogance. Ta grandeur est ailleurs. Je sais.

Tous ceux qui vivent sur cette terre sont tes frères. Leur honneur est le tien et leur dignité est la tienne. Peux-tu accepter que le monde entier s’immisce entre toi et les enfants de ton père et de ta mère? Ce ne serait plus toi que je connaissais alors. Tu ne serais plus qu’un misérable mutant, qui halète derrière de petits fastes de ce monde, qui finiront par servir de nourriture aux vers dans sa tombe.

Malheur à moi, malheur à toi et malheur aux nôtres, si par mégarde, avec tes comportements et tes mauvaises actions, tu me laisse marcher dans l’arène des nations, la tête baissée de gêne, de confusion et de honte.

Je passerais ma vie à te maudire et à maudire le jour ou toi et moi avions été liés par le même sang.

Ne jette pas tes frères et anciennes victimes dans les bras rugueux de la mondialisation des conflits entre frères, ou dans l’obscurité pécheresse de tes geôles.

Souviens-toi les paroles du dernier des prophètes: “Si ta puissance t’invite à écraser plus faible que toi, rappelle toi de la Puissance d’ Allah à te réduire en poussière.”

Ne pousse pas tes frères au désespoir. Les réactions sont imprévisibles et le cours des événements incontrôlable.

Tu aurais par là “revictimisé” tes anciennes victimes. Tu n’échapperais pas au courroux de Dieu. Il te suit surtout quand tu ne le suis pas.

La dissension brule le vert avant le sec. Évitez-la comme la peste. Ebola est mille fois plus facile à maitriser que les flammes de la dissension.

Des flammes, qui, devant vos yeux, ont léché tant de sociétés, pour n’en laisser que les traces de la cendre.

Mon frère tu as oublié une équation fondamentale qui nous protégeait contre nous-mêmes : “Nous ne sommes qu’un petit quelque chose de dérisoire entre deux néants.” Rien avant la naissance et zéro après la mort.

Mon cher frère. Quelque chose de toi resterait très petit, très mesquin et plus que dérisoire, tant que tu tourne en rond pour maintenir une partie de toi dans les geôles du mépris et de l’exclusion. La patrie resterait handicapée. Elle présenterait toujours aux yeux des autres, cet aspect du boiteux, qui inspire la pitié, mais génère le mépris et la bassesse.

Et puis mon frère n’es tu pas musulman? Quand le prophète (psl) a dit: ” Un de vous ne sera croyant jusqu’à ce qu’il aime pour son frère (musulman), ce qu’il aime pour lui-même.”.

Condition sine qua non de la foi!

Aimerais-tu te retrouver dans l’état ou tu as mis tes frères?

Aimerais-tu être réduit à l’esclavage comme tu l’as voulu pour les autres?

Arrête mon frère. Tu joues avec le feu et Allah, l’omniscient est parfaitement en connaissance de ce que tu fais.

Tu étais beaucoup plus grand que cela et j’espère, je te souhaite, je nous souhaite que ton visage ne s’abaisse jamais de honte. Ni dans ce monde ni dans l’autre.

Le pays sera soit, fort par tous ses fils, soit il passera l’histoire à sautiller sur une seule jambe. C’est la jambe de l’injustice. Elle ne mène nulle part que vers la destruction, les déséquilibres et les malheurs. Dieu nous protège.

J’entends beaucoup de bruits sur le problème qui nous affecte, mais je sens peu de bonnes volontés. Tous interviennent pour défendre un ancien privilège, par crier de façon très gauche et de manière très  nonchalante le contraire de ce qu’ils pensent.

Ceux à qui Allah a confié le pouvoir et le savoir, ont été investis de la  mission la plus dangereuse qu’un être humain puisse porter sur ses épaules.

Allah a proposé “Al-Amana”, la responsabilité aux cieux à la terre, aux montagnes, ils refusèrent de l’assumer. C’est l’être humain qui s’en chargea, puisqu’il était enclin au tort et                à l’ignorance.

Et puis, mon frère, sans sortir de la logique de ta logique, Dieu t’accorderait-il une quelconque victoire, quand tu pratique ce qu’Il s’est interdit à Lui-même: L’injustice?

Quand le réveil de l’histoire sonne, il vaut mieux sauter sur ses jambes, faire ses ablutions se prosterner devant le Seigneur du juste, et suivre le droit chemin.

Mohamed Hanefi. Koweït.

Le crépuscule de ce qui fut.

March 16, 2015

J’étais assis à l’arrière de la puissante land rover militaire. L’homme devant moi n’était pas n’importe qui. Un brave fils du pays que les circonstances heureuses avaient propulsé au devant de la scène. Il tenait une kalachnikov flambant neuf et savait s’en servir. Un subalterne, la main en visière scrutait l’horizon. Ses sens, en alerte, concentrés à l’extrême, enregistraient le moindre mouvement à des dizaines de mètres.

Cela faisait longtemps déjà que nous avions quitté la route. Pourquoi diable étais-je au fond de ce véhicule, balloté au gré des montées et des descentes d’un relief capricieux et inconfortable et dangereux? À chaque saut dans le vide effectué par ce jeune chauffeur militaire rompu aux aventures dangereuses de la guerre du Sahara occidentale, je risquais la mort. Je savais seulement que nous allions à une “partie de chasse”.

J’avais vaguement entendu parler de gazelles, mais je n’en ai jamais vu.

Soudain et sans préalable, les portes de l’Enfer s’ouvrirent. Un déluge de feu parti de l’arme jusque là fixée entre les genoux de l’homme. Des balles crépitaient et soulevaient au loin des mottes de sable. Un sol, sans doute retourné pour la première fois. Un peu comme un jeu d’enfant de mauvais goût, la mort réveillait ces espaces cachés qui semblaient fuir par la distance les carnages des hommes.

Comme dans un rêve, je vis loin très loin, des formes irréelles et dérisoires qui semblaient plutôt voler que courir. Des spectres de rêve qui volaient comme des étincelles.

Grisé par la perspective du sang des bêtes, le chauffeur poussa les chevaux de sa puissante Land Rover à leur extrême puissance. Je n’étais plus qu’un vulgaire ballot cramponné de toutes mes faibles forces à un anneau de fer pour ne pas être propulsé dans le vide par les virages brusques et les sauts périlleux et imprévisibles de cet attelage de la mort.

Au milieu de l’un des multiples demi sauts en l’air ou je n’étais plus lié au siège que par mes mains accrochées désespérément a ce maigre fils de vie, je pu voir deux petites gazelles fauchées par les rafales, baignant dans le sang. Elles se démenaient dans un ultime effort pour se décrocher des atroces douleurs de la vie. Et tantôt,  mues par une dernière volonté de rester, elles essayaient de se relever, clouées au sol par les griffes de la mort. Une mort sournoise, qui s’est glissée traitreusement dans ces lieux lointain. Une paix dérangée brutalement par un combat inégal entre ceux qui sont nés pour fuir et ceux qui ne peuvent exister que par tuer et charrier les catastrophes.

Plusieurs autres petits cadavres jonchaient le sol. Misérablement blottis sur ces terrains du silence, elles tournaient définitivement le dos à ce monde lugubre et lâche.

Au détour d’une dune, la gazelle, chef de file tomba enfin.

Son apparition surprit le chauffeur et l’homme important du même coup.

Les deux jambes fracassées par les plombs de la civilisation humaine. Elle était là. Ses plaies étendues devant elle, elle fixait les agresseurs de ses yeux énormes et pétillants de tristesse.

Son rôle prend fin au creux de cette dune. Elle a déployé toute son énergie pour mener son troupeau vers un lieu sur. Comme ses ancêtres l’avaient fait devant les lions et les tigres.

Mais cette hyène qui les poursuivait aujourd’hui ne s’essoufflait pas. Son bruit est effrayant, affolant et de ses yeux qui ne clignotent pas, se dégageait une lumière, plus forte que le soleil. Une lumière qui balayait les ténèbres. Mais surtout ces projectiles…ces éclairs fulgurants qui fauchaient ses petites sœurs comme une malédiction. Le monde a changé.

Le silence va régner sur ces espaces à jamais.

La verdure en liesse pendant les hivernages pourra verdir, du moins tant que l’arme des hommes ne tuera pas les nuages du ciel, mais on n’entendra probablement bientôt, plus jamais une biche qui brame.

Ce seront des contes. Simplement des contes. Des contes abstraits et secs, qu’ils raconteront à leurs enfants. Des épopées vaniteuses, vidées de leur sens.

Je sautai du véhicule. J’avais la nausée et la vision cauchemardesque de cette belle bête, qui mourrait stoïquement, nous bravant de son intense et magnifique regard, me donnait une folle envie de pleurer.

Je venais juste, poussé par ma curiosité et l’insouciance de ma jeunesse d’être le complice d’un crime. Un crime horrible. Le pauvre élève-passager que j’étais ne pouvait se dérober de la responsabilité. Ne serait ce que le crime de présence.

Le soleil qui se couchait colorait cette scène d’un fond sanglant et effroyable. Les grandes paupières de l’animal, tout en nous fixant d’un reproche douloureux et navré, se refermaient au fur et à mesure que le grand astre glissait derrière le rideau de l’horizon.

Comme j’aimerais pouvoir pénétrer dans son champs d’intelligence pour te dire combien je me désolidarise de ceux qui t’ont réduit à cet état et à quel point tes grands yeux ont fendu mon âme à jamais.

Je sentais des larmes douloureuses couler dans mon cœur, mais au milieu de cet enthousiasme immoral, je me sentais profondément seul…terriblement seul et triste.

Cette bête de nationalité mauritanienne, non recensée par les services du ministère de l’intérieur et de l’état civil mauritanien, venait de clôturer l’existence de son espèce. Elle venait d’être éradiquée par les mains et la force de frappe de ceux qui devait assurer sa protection et garantir sa continuité pour casser la monotonie à la surface de cette terre aride et désolée.

Je ne pouvais imaginer cependant que cette randonnée macabre, ne fut que le début de chasses de plus en plus sophistiquées et de mieux en mieux organisées.

Les kalachnikov seront suppléées par d’autres armes plus destructrices et l’éradication sera beaucoup plus nationale.

Tout le pays devint une cible pour tous espèces de chasseurs.

Les armes du nom de politiques, de religion, de tribu, d’ethnie, d’hypocrisie, de mensonges, d’injustice, de crime, d’interventionnisme, de l’accaparement des ressources du peuple, de mépris du faible, de blanchissement du faux et de transgression de ce qui se doit, vont cribler toutes la Mauritanie de projectiles traitres et meurtriers.

Le crépuscule de la morale et de la droiture. Un crépuscule menaçant de ce qui fut, de notre condition d’existence.

Avons-nous mérité un seul jour d’être les propriétaires de cette grande terre, de cette terre généreuse et noble qu’est la Mauritanie?

Avons-nous été les hommes qu’il faut a cette belle épousée; cette princesse aux grands yeux qui se meurt par la petitesse de nos calculs et l’indignité de notre pensée et de nos actions?

Peut être n’avons-nous été qu’une erreur en cet endroit. Une erreur dont les erreurs ont dépassé les limites et agacé la patience du Seigneur de la Mauritanie et des mondes.

Une erreur que l’œil de Caen de ce pays est en train de fixer d’un regard qui donne froid dans le dos.

La peur a peur de la peur des cerveaux qui fonctionnent mal.

Allah a dit : “Dis : “Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants en œuvres?

Ceux dont l’effort dans la vie présente, s’est égaré, alors qu’ils s’imaginent bien faire.” Al Kahf.103-104

قل هل ننبئكم بالأخسرين أعمالا الذين ضل سعيهم في الحياة الدنيا وهم يحسبون أنهم يحسنون صنعا  “.

Mohamed Hanefi. Koweït.