Archive for February, 2015

Le crépuscule de ce qui fut.

February 26, 2015

J’étais assis à l’arrière de la puissante land rover militaire. L’homme devant moi n’était pas n’importe qui. Un brave fils du pays que les circonstances heureuses avaient propulsé au devant de la scène. Il tenait une kalachnikov flambant neuf et savait s’en servir. Un subalterne, la main en visière scrutait l’horizon. Ses sens, en alerte, concentrés à l’extrême, enregistraient le moindre mouvement à des dizaines de mètres.

Cela faisait longtemps déjà que nous avions quitté la route. Pourquoi diable étais-je au fond de ce véhicule, balloté au gré des montées et des descentes d’un relief capricieux et inconfortable et dangereux? à chaque saut dans le vide effectué par ce jeune chauffeur militaire rompu aux aventures dangereuses de la guerre du Sahara occidentale, je risquais la mort. Je savais seulement que nous allions à une “partie de chasse”.

J’avais vaguement entendu parler de gazelles, mais je n’en ai jamais vu.

Soudain et sans préalable, les portes de l’Enfer s’ouvrirent. Un déluge de feu parti de l’arme jusque là fixée entre les genoux de l’homme. Des balles crépitaient et soulevaient au loin des mottes de sable. Un sol, sans doute retourné pour la première fois. Un peu comme un jeu d’enfant de mauvais goût, la mort réveillait ces espaces cachés qui semblaient fuir par la distance les carnages des hommes.

Comme dans un rêve, je vis loin très loin, des formes irréelles et dérisoires qui semblaient plutôt voler que courir. Des spectres de rêve qui volaient comme des étincelles.

Grisé par la perspective du sang des bêtes, le chauffeur poussa les chevaux de sa puissante Land Rover à leur extrême puissance. Je n’étais plus qu’un vulgaire ballot cramponné de toute mes faibles forces à un anneau de fer pour ne pas être propulsé dans le vide par les virages brusques et les sauts périlleux et imprévisibles de cet attelage de la mort.

Au milieu de l’un des multiples demi sauts en l’air ou je n’étais plus lié au siège que par mes mains accrochées désespérément a ce maigre fils de vie, je pu voir deux petites gazelles fauchées par les rafales, baignant dans le sang. Elles se démenait dans un ultime effort pour se décrocher des atroces douleurs de la vie. Et tantôt,  mues par une dernière volonté de rester, elles essayaient de se relever, clouées au sol par les griffes de la mort. Une mort sournoise, qui s’est glissée traitreusement dans ces lieux lointain. Une paix dérangée brutalement par un combat inégal entre ceux qui sont nés pour fuir et ceux qui ne peuvent exister que par tuer et charrier les catastrophes.

Plusieurs autres petits cadavres jonchaient le sol. Misérablement blottis sur ces terrains du silence, elles tournaient définitivement le dos a ce monde lugubre et lâche.

Au détour d’une dune, la gazelle, chef de file tomba enfin.

Son apparition surprit le chauffeur et l’homme important du même coup.

Les deux jambes fracassées par les plombs de la civilisation humaine. Elle était là. Ses plaies étendues devant elle, elle fixait les agresseur de ses yeux énormes et pétillants de tristesse.

Son rôle prend fin au creux de cette dune. Elle a déployé toute son énergie pour mener son troupeau vers un lieu sur. Comme ses ancêtres l’avaient fait devant les lions et les tigres.

Mais cette hyène qui les poursuivait aujourd’hui ne s’essoufflait pas. Son bruit est effrayant, affolant et de ses yeux qui ne clignotent pas, se dégageait une lumière, plus forte que le soleil. Une lumière qui balayait les ténèbres. Mais surtout ces projectiles…ces éclairs fulgurants qui fauchaient ses petites sœurs comme une malédiction. le monde a changé.

Le silence va régner sur ces espaces à jamais.

La verdure en liesse pendant les hivernages pourra verdir, du moins tant que l’arme des homme ne tuera pas les nuages du ciel, mais on n’entendra probablement bientôt, plus jamais une biche qui brame.

Ce seront des contes. Simplement des contes. Des contes abstraits et secs, qu’ils raconteront à leurs enfants. Des épopées vaniteuses, vidées de leur sens.

Je sautai du véhicule. J’avais la nausée et la vision cauchemardesque de cette belle bête, qui mourrait stoïquement, nous bravant de son intense et magnifique regard, me donnait une folle envie de pleurer.

Je venais juste, poussé par ma curiosité et l’insouciance de ma jeunesse d’être le complice d’un crime. Un crime horrible. Le pauvre élève-passager que j’étais ne pouvais se dérober de la responsabilité. Ne serait ce que le crime de présence.

Le soleil qui se couchait colorait cette scène d’un fond sanglant et effroyable. Les grandes paupières de l’animal, tout en nous fixant d’un reproche douloureux et navré, se refermaient au fur et a mesure que le grand astre glissait derrière le rideau de l’horizon.

Comme j’aimerais pouvoir pénétrer dans son champs d’intelligence pour te dire combien je me désolidarise de ceux qui t’ont réduit à cet état et à quel point tes grands yeux ont fendu mon âme à jamais.

Je sentait des larmes douloureuses couler dans mon cœur, mais au milieu de cet enthousiasme immoral, je me sentais profondément seul…terriblement seul et triste.

Cette bête de nationalité mauritanienne, non recensée par les services du ministère de l’intérieur et de l’état civil mauritanien, venait de clôturer l’existence de son espèce. Elle venait d’être éradiquée par les mains et la force de frappe de ceux qui devait assurer sa protection et garantir sa continuité pour casser la monotonie à la surface de cette terre aride et désolée.

Je ne pouvais imaginer cependant que cette randonnée macabre, ne fut que le début de chasses de plus en plus sophistiquées et de mieux en mieux organisées.

Les kalachnikov seront suppléées par d’autres armes plus destructrices et l’éradication sera beaucoup plus nationale.

Tout le pays devint une cible pour tous espèces de chasseurs.

Les armes du nom de politiques, de religion, de tribu, d’ethnie, d’hypocrisie, de mensonges, d’injustice, de crime, d’interventionnisme, de l’accaparement des ressources du peuple, de mépris du faible, de blanchissement du faux et de transgression de ce qui se doit, vont cribler toutes la Mauritanie de projectiles traitres et meurtriers.

Le crépuscule de la morale et de la droiture. Un crépuscule menaçant de ce qui fut, de notre condition d’existence.

Avons-nous mérité un seul jour d’être les propriétaires de cette grande terre, de cette terre généreuse et noble qu’est la Mauritanie?

Avons-nous été les hommes qu’il faut a cette belle épousée; cette princesse au grand yeux qui se meurt par la petitesse de nos calculs et l’indignité de notre pensée et de nos actions?

Peut être n’avons-nous été qu’une erreur en cet endroit. Une erreur dont les erreurs ont dépassé les limites et agacé la patience du Seigneur de la Mauritanie et des mondes.

Une erreur que l’œil de Caen de ce pays est en train de fixer d’un regard qui donne froid dans le dos.

La peur a peur de la peur des cerveaux qui fonctionnent mal.

Allah a dit : “Dis : “Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants en œuvres?

Ceux dont l’effort dans la vie présente, s’est égaré, alors qu’ils s’imaginent bien faire.” Al Kahf.103-104

قل هل ننبئكم بالأخسرين أعمالا الذين ضل سعيهم في الحياة الدنيا وهم يحسبون أنهم يحسنون صنعا  “.

Mohamed Hanefi. Koweït.

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Ces gens là!! Pourquoi ils discutent?

February 20, 2015

Au delà de tout ce qu’on dit, plus loin que tout ce qu’on peut prétendre et plus profond que tous les sentiments qu’on étale, il n’existe pas un homme politique innocent.

Tous, tant qu’ils peuvent se diversifier, ne font que s’en prendre à la crédulité du citoyen, pour se glisser habilement dans la gestion de sa vie. Ils le malaxent, le pétrissent, le moulent pour en faire leur chose.

Est-ce que une mauvaise chose? Une supercherie? Une manipulation traitresse de personne en difficulté? Un abus de confiance? Dieu les jugera et Il les jugera surement et équitablement.

L’étendue incommensurable de la gabegie, les fausses promesses, pour ne pas dire les trahisons immorales, n’ont pu entamer l’espace de confiance que ces masses abruties par les coups du sort, les affres de la nécessité et les frustrations, accordent à chaque fois aux serments, sans cesse réchauffés remaquillés et resservies de leurs fils.

Une élite en rue derrière des fauteuils devenus maudits par le ciment de pauvreté, de mensonges et d’égoïsmes institutionnalisés sur lesquels ils reposent.

La différence est incalculable entre le mauritanien d’hier et celui de nos jours. La dégradation de la foi et des principes de vertu y est pour beaucoup.

Naguère le mauritanien croyait en une certaine philosophie de la vie, qui accordait la priorité à la décence et le “beau bien”. Il vivait, luttait et pouvait mourir pour ne pas “dodeliner” la tête, à cause d’une vilaine action commise. Tout ce qui lui tombait sous la main était sacrifié au bénéfice de “ce qui doit se faire”. C’est-à-dire ce qui honore.

La déviation fut brutale. La force des appétits fut retournée sans ménagement contre les remparts d’une décence, mal préparés à la furie de tels assauts. La politique, l’argent, les influences la boulimie du nouvel ordre vont ravager les décences d’une société traditionnelle, qui ne s’attendait nullement à la férocité de telles attaques.

Les cœurs se rouillent par deux facteurs prédateurs: le péché et la convoitise.

Sans lâcher les anciennes structures, qui pouvaient servir les démagogies systématiques, nouvelles maitresses des nouvelles règles du jeu, les enfants, élites intellectuels, militaires et même commerçants, vont jouer sur les cordes du tribalisme, de l’ethnisme, du clanismes et même de la tendance religieuse, pour manipuler à leur guise et jusqu’aux limites de l’épuisement total, cette société meurtrie par les défaites successives des âmes et le désespoir latent  des cœurs.

Bien sur que le dialogue est nécessaire.

Il s’agit de partager un gâteau inerte qui ne peut choisir la bouche qui le rongera.

Un dialogue pour définir les parts et les intérêts des dialogueurs.

Il peut être qualifié de “national”, chaque groupe ayant “nationalisé” un morceau du pays. Ce ne sont pas des concertations pour s’entendre comme on le prétend. Mais des négociations pour ne mécontenter aucun des convives assis à la table ou le pays se consomme.

Le peuple est secondaire. On ne peut participer à la consommation de sa propre chair.

Des ministres s’en vont, d’autres viennent. “Le pays se perd, rien ne se crée et rien ne se transforme…jamais.”

Quel est la différence entre un ministre et un ministre?

Les devanciers, comme leurs successeurs ou leurs tombeurs, arrivent dans le bureau, se costument, se “voiturisent” s’entourent d’un garde ou deux, assistent au conseil des ministres avec un énorme et impressionnant parapheur, se photographient en présence du chef et sortent un communiqué du conseil naturellement. A part les “mesures personnelles” qui placeront les cousins et les cousins de cousins de cousins dans de nouveau bureau, le pays se réveille le lendemain dans les mêmes conditions. Dans les mêmes conditions, si un commerçant zélé n’a pas décidé au cours de la nuit, de tirer les prix de certains produits vers les zéniths de l’impossible.

Affame le chien, il te suit.

Le Mauritanie ne se perd pas. Elle s’est perdu le jour ou le premier mauritanien a troqué les fastes du nouveau monde contre la sainteté de ses principes et la sobriété légendaire de ses ancêtres et pour l’amour insatiable des biens et des conforts.

La Mauritanie s’est perdue le jour ou ses fils ne voyaient plus en elle qu’une vieille vache qu’il faut traire jusqu’au sang pour satisfaire des appétits insatiables et immoraux.

Dans le pays on s’oppose pour se substituer et non pour changer. Depuis 1978 il y a eu tellement de changements. Des changements sur place. Comme pour répondre a un commandement militaire, on “marque le pas”.

Ceux qui crient fort, le font pour occuper la place de ceux qui tiennent le gouvernail. Chasser l’autre pour brouter à sa place ou du moins brouter avec lui cote a cote. C’est le sens d’ailleurs, je crois du mot “opposition”, convertible en “eau position”. L’eau en mouvement essaie toujours par ses méandres à occuper tous les espaces vides ou vidés par son érosion.

A quoi sert de gouverner quand le pays ne s’épanouit pas? Et quand seuls les procédés du discours se diversifient comme autant de mensonges?

A quoi sert de se mettre d’accord quand c’est toujours le même système, les mêmes méthodes, les mêmes espoirs perdus, les mêmes déceptions? Les mêmes frustrations d’un peuple qui doit envoyer des étudiants et ses malades au Sénégal, en Tunisie et au Maroc?

Des pays qui ne peuvent même pas rêver de la fortune sur laquelle nous avons installé nos champs de bataille, mais qui croient en leur patrie et en la grandeur de leur nation.

Si tous les mauritaniens ensembles, avaient les yeux fixés sur une même direction, une boussole communément acceptée comme étant l’intérêt suprême de la nation, la barque avancerait.

Un pays bigleux ne peut bien voir.

Ceux qui se laissent séduire par ce qui leur semble être “un haut rang politique”, un bain de jouvence dans cette marée humaine amorphe, gratuitement possedable et dépassée par les temps, se trompent.

Les responsabilités de la responsabilité s’assument dans ce monde ou s’assumeront dans l’autre.

Il n’est pas logique que Dieu après avoir crée ce peuple paisible, le laisse à la merci des dialogues et des caprices de la politique carnassière de piranhas aux dents acérées.

Il n’est pas mauvais de “dialoguer”, c’est le sujet le but et le contexte qui comptent.

Il est évident que la constitution politicarde est si robuste, si profondément encrée dans le rouage social, qu’il serait vain de la voir modifiée ou changée du jour au lendemain. Mais elle porte en elle les ingrédients de sa désagrégation. Ces modèles prêts à l’emploi seront progressivement dénudés aux yeux du citoyen simple et en général c’est ce qui entraine ces printemps, qui n’ont de printemps que le nom et au cours desquels les fortunes ne servent à rien.

Développer un pays ne doit pas se résumer à sacraliser une certaine élite craquelée et ternie par les promesses éternellement non tenues. Des groupes formés par l’intérêt et la circonstance et qui s’accrochent à la suprématie, jusqu’aux portes des tombes. Des empires qui ne possèdent de positif que la volonté de s’étendre sur le corps d’une société depuis longtemps en agonie.

Notre élite politique “discutante” se soucie très peu de l’expansion de pays de faible importance qui convoitent une hégémonie sur notre territoire.

Vendre la dignité nationale pour une moissonneuse du sultanat d’Oman, un robinet “accordé” par le pays du Gondwana, des sacs de riz “donnés” par le japon ou la “générosité” de cadres égyptiens, venus “honorer” les étudiants de nos Mahadras. Comme vous oubliez vite O mauritaniens!!! Et comme vous bradez votre pays a bon marché!!!

Pour discuter de la direction du pays, il est nécessaire auparavant d’en réviser le moteur.

La Mauritanie est un pays riche par la main du Seigneur des mondes, appauvris par les mains de ses fils.

Expliquez nous d’abord et avant de “discuter” et “d’éternellement” discuter, en quoi le contenu de vos prestations nationales, justifie t il la légalité de votre danse en notre nom. C’est-à-dire au nom de la Mauritanie.

Notre société est divisée par vos soins en esclaves, forgerons, chômeurs, grévistes, oubliés, ignorants, dépassé, condamnés au désespoir, victimes du tribalisme, qui entre parenthèses constitue l’un des chevaux de bataille prisés par vos augustes manipulateurs. Nous ne réalisions pas avant les cuisines politiques, que nous étions des tribus, des couleurs, des ethnies. La politiques a réveillé tous les démons et ressuscité ceux parmi eux qui étaient déjà morts.

Au risque d’anéantir la nation, les partis politiques devaient se créer leur raison d’être.

Le gouvernement lui, il est là par la force des armes et par leurs force il restera.

Alors ma question: de quoi allez vous discutez????

De l’éducation portant son ignorantisme en bandoulière depuis des décennies?

De la santé atrophiée de tous ses membres?

De l’économie d’un pays ou les responsables murs vaccinés et profondément musulmans continuent à aller en taule à la pelle faute de pouvoir tenir la main et se suffire de ce que Dieu leur a prescrit comme subsistance?

D’une terre laissée en friche, tandis que le peuple tend encore la main a l’aide internationale?

De centaines de nos enfants qui comptent les poteaux électriques de la ville, faute de trouver un travail qui les préserve des trois grands maux de voltaire. Mais surtout qui les protège contre la perversion et le terrorisme galopant?

Nous ne voulons pas de discussions au delà de ces problèmes d’extrême urgence qui menacent notre existence.

Que soit chef qui veut et peut. Pourvu qu’il discute de nos véritables maux. “Un chef vaut se dit-on mieux qu’un nouveau tu le supporteras, l’un est rassasié l’autre ne l’est pas.”

La Mauritanie se construira par les bras et les bonnes volontés de ses fils, pas par les langues et les polémiques à n’en pas finir.

Salut!

Mohamed Hanefi. Koweït.

Ne condamnez pas l’islam

February 20, 2015

Le terme Islam se réfère à la paix. Le prophète Mohamed (psl) n’est pas le premier des messagers de l’Islam, il en est le dernier.

Le prophète Noé était musulman. Le père des prophètes Ibrahim (psl) a dit dans le coran: “Dis! En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, le Seigneur de l’univers. A Lui nul associé! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier des musulmans (ceux qui se soumettent à Dieu)” Alan’am-162-163.

Tous les envoyés de Dieu étaient musulmans. Tous ont cru en Allah, en ses anges, ses prophètes et ses livres. Sans distinction aucune entre les messages.

Louanges à Allah, Seigneur du visible et du mystère, et que la paix soit avec les messagers de Dieu.

En ces derniers temps, le musulman se voit indexé par l’entité humaine, toute entière, comme étant cet être cruel et sans pitié, qui trimbale une ceinture explosive autour de la taille pour semer la mort et la désolation parmi les créatures d’Allah.

Je vous laisse à évaluer la peine et la douleur que ces préjugés laissent dans les cœurs de ceux qui n’ont dans cette vie que la foi et qui tournés vers le Maitre des mondes, se sont sevrés des tentations d’ici bas.

L’islam n’est qu’une aide précieuse pour celui qui fasciné par la création cherche la voie du Créateur.

Le vrai musulman est celui dont personne ne craint ni la langue ni la main.

Quand un jeune jordanien se fait incinérer vivant par ceux que je suis obligé d’appeler ses cousins, quand des groupes ça et là se forment dans des pays assaillis par l’omniprésence oppressive et souvent asphyxiante des autres civilisations, on parle tout de suite de groupes “islamiques” qui  “menacent” la “justice et la paix  internationales”. Ceci est vrai. La paix et la quiétude des humains sont gravement menacées.

Le monde est engagé dans une voie qui ne mène nulle part, parce qu’elle n’a pas de direction. Ou plutôt si! Une voie tiraillée par les directions qui mettent en évidence l’imminence d’une confrontation universelle.

Une espèce de sourde catastrophe que toutes les parties caressent hypocritement, sans en prendre un engagement explicite.

C’était comme si cette humanité-ci en cette période-ci, était obligée a vivre avec une boule d’angoisse et de méfiance dans le ventre.

L’homme surpris par la performance des moyens de communications, est pris en flagrant délit de cruauté sauvage. Une cruauté qui le rend vulgaire, hideux et repoussant.

Un homme dénudé de son humanité, de son bon sens et de sa vertu.

On ne prend souvent pas la peine de se demander qu’est ce qui a poussé ces hommes et précisément en cette tranche de l’histoire des hommes, à verser dans ces atrocités que l’humanité n’a jamais connues.

Quand l’être humain est concocté par un environnement à haute pression, les surprises seront sûrement de taille et les actes démesurés et féroces.

Je ne cherche à justifier ni les actions des adhérents, ni les exactions des marginaux. Loin de moi cette idée. Je cherche à déceler la vérité pure et simple. Je cherche une espèce de raison à ce que la raison ne peut ne peut justifier.

L’islam interdit de bruler par le feu, même une fourmi. Seul Dieu du feu, peut punir par le feu. Et encore, Il a rassuré les êtres, disant que sa miséricorde précède sa colère.

Tuer une âme injustement équivaut auprès d’Allah à assassiner l’humanité toute entière.

Ce qui a dramatiquement changé ce n’est pas le caractère miséricordieux de la religion d’Allah, mais les rapports inhumains et immoraux entre les humains. Des humains créés, tous, tant qu’ils sont d’un seul male et d’une seule femelle. Des êtres qui ont proliféré à la surface de la terre, pour donner des multitudes de formes humaines, qui ont toutes en commun la volonté farouche de délester les autres de toute signification et de tout droit de vivre, de croire ou de penser.

L’explication de l’action de gens comme Ben Laden, Zarqawi, Eymen Zawahri, les graves exactions commises par les Boko haram, les jeunes Chebab de Somalie et partout ailleurs, doit être cherchée hors de l’Islam et particulièrement dans les comportements “déséquilibristes”,  créés par l’hégémonie internationale, le mépris de l’opinion du plus faible et l’intolérance idéologico-religieuse.

Si toutes ces formations, qu’on dit aujourd’hui terroristes se regroupent sous la bannière de l’islam, c’est que cette religion est la coupole qui regroupe l’ensemble, et non pas la religion qui leur ordonne de tuer ou de “pousser” d’autres à embrasser l’islam. Je ne citerai dans ce contexte que les paroles d’Allah. Tout simplement parce qu’Il a promis de les préserver de tout changement effectué par la main ou la volonté des hommes. Allah dit que vous êtes libres de croire ou de ne pas croire. “Ce n’est pas à toi de les guider, mais à Dieu qui guide qui Il veut.” Coran 2-272. La religion d’Allah ne demande à personne “d’obliger” personne à être musulman.

Le musulman, en continuation de l’action du prophète, apporte aux autres ce qu’il est convaincu être la bonne nouvelle : la révélation divine. Allah a dit dans son livre: “La vérité vient de Ton Seigneur. Celui qui veut croire et celui qui veut mécroire.” coran.

Y-a-t-il contrainte dans ce message ?

Plus que cela Allah précise “Point de contrainte en religion.” Coran.

Mieux que cela, Allah invite les croyants à commercer de la façon la plus civique avec les non-musulmans. A condition qu’ils ne viennent pas leur faire la guerre ou les expulser de leurs maisons.

“Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux (parmi les mécréants) qui ne vous ont pas combattu pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables.”Al-Mumtahana-8.

Allah permet la légitime défense, mais interdit l’agression.

“Allah n’aime pas les agresseurs.” Coran.

La réalité la plus plausible est que des hommes poussés par un tort quelque part dans les relations et les comportements des hommes, ou par un déclic mental, ont été transformés par des actes, non moins cruels, pour devenir ce qu’ils sont.

Souvent déshumanisés par leur impuissance devant l’agression ou l’oppression, comme un ressort comprimé à l’extrême ils réagissent. Ils se “détendent” violemment. Ils sont poussés au pied du mur d’un désespoir, d’une exaspération, tels qu’ils n’ont plus rien à perdre. Comme ils disent d’ailleurs: “Nous prisons la mort au degré auquel vous vous attachez à la vie.”

Il y-a aussi les défectueux mentaux. Ils y-a ceux qui sous prétexte de se mettre au service de Dieu, mettent le message de Dieu au service de leurs caprices. Mais dans tous les cas, il est une responsabilité de l’humanité consciente d’étudier sereinement les cas des écarts de ces éléments de façon dépassionnée et de façon à garder à chaque groupe ses droits au culte et à la dignité humaine.

Quand l’Etat américain bombarde “glorieusement” un point de la planète, il ne se rend pas compte de la quantité de haine qu’il sème sur le passage de sa flotte militaire.

Quand en France, un caricaturiste s’attaque gratuitement au sacré de toute une communauté, il ne réalise pas combien de kilomètres d’animosité il étale entre les humains. On se demande d’ailleurs quel plaisir on peut trouver à irriter des hommes et des femmes auxquels ne vous lie que l’oxygène que vous respirez en commun a la surface de ce globe terrestre.

Quand un soldat israélien lâche ses chiens contre une femme arabe, la filmer déchiquetée par des animaux entrainés à déchirer les humains,  il ne réalise pas l’impact de colère et les flots d’adrénaline, qu’il injecte dans les cœurs de millions de spectateurs arabes et musulmans qui observent impuissants certes, mais avec une rage de plus en plus ardente dans les cœurs.

Quand des hommes de religions, s’acheminent nonchalamment vers le Vatican ou vers Al Azhar pour un “dialogue” de religions, ils ne savent pas que le manque de sérieux dans ces colloques et l’échec dans le rapprochement entre les hommes fera des victimes et encore des victimes.

Quand on traine le dirigeant d’un pays, le jour de la tabaski, une corde au cou, pour l’immoler à l’image des moutons, sacrifiés ce jour là, on ne se rend pas compte qu’on a semé  une écharde inexpugnable dans les cœurs de ceux qui le suivent.

La prison de Abou Ghrib et les exactions qui y ont été perpétrées et largement médiatisées, ont été de l’autre coté un signal funeste pour le bal des monstres du monde. C’est par toutes ces actions terribles ou immorales que le signal fut donné et que les crimes les plus insupportables furent banalisés. A tel point que les débris humains éparpillés chaque jour sur les chaines du monde ne coupent plus l’appétit à personne. Le crime génère le crime les tueries appellent les vengeances et les mutilations requièrent une performance renouvelée pour garder l’intensité en horreur.

Le royaume hachémite n’a-t-il pas été entrainé, malgré lui et à la vitesse de l’éclair sur ce terrain immoral de la vengeance au point ou dans l’allégresse générale, il enleva la vie de deux êtres humains, dont une femme qu’on dit défectueuse mentale. Pour venger la mort du jeune pilote Kassasbé? Mais il se place au même niveau que ses belligérants. Si tuer devient absolument inévitable, on exécute par la justice et non pour la vengeance.

C’est tout un cocktail Molotov de rancune, de haine, de férocité, d’horreur, qui régit ce monde de confrontations à la chaine.

Le décors, accroché sur les murs de l’ONU et qu’on appelle pompeusement “Droits de l’Homme.”, a besoin d’être dépoussiéré et mis à jour, pour mériter son nom ou du moins pour avoir un sens ou une espèce de crédibilité. Ce n’est pas en psalmodiant continuellement droits de l’homme, droit de l’homme, et mille fois droit de l’homme, qu’on aura effectivement une humanité ou l’homme respecte les droits de son semblable.

Nous sommes devenus une déshumanité horrible et cruelle, ou en Afrique centrale par exemple, des hommes ont commencé en toute légalité à manger la chair d’autres hommes.

Sur l’échelle de l’amplitude des horreurs, les atrocités les tueries et les mutilations commises, causent plus de dégâts à ceux qui restent qu’a ceux qui partent.

La religion islamique, comme la religion chrétienne et toutes les révélations célestes, sont un garde-fou contre ces horreurs qu’elles interdisent…qu’elles interdisent, si elles avaient été bien comprises, bien appliquées et bien interprétées par les hommes.

Ne blâmez donc pas la religion, mais blâmez ceux qui la prennent en otage, pour des desseins bien loin de la miséricorde que le Gouverneur de l’univers a ordonnée pour la symbiose de ses créatures et de sa création.

Ces hommes qui ont souillé la création et perverti la morale, ne savent pas qu’en réalité, ils ne sont que les fossoyeurs inconscients de leur propre existence. Une existence parfaite par la main du Seigneur, qu’ils n’ont rien fait pour mériter.

Si la religion est l’Alfa et l’Omega des dissensions humaines, qui peut nous dire à quel résultat concret ou même déclaré sont parvenus ceux qui rabâchent les oreilles de la planète avec leur dialogue interreligieux ? Juste une occasion saisonnière pour quelques (vrais ou faux?) dévots désœuvrés, de se prélasser dans quelques hôtels avec autour un service de mets raffinés.

La lutte contre ce qu’il est convenu d’appeler terrorisme ne peut être militaire. A l’instar de certains arbres, plus on coupe de branches, plus d’autres branches pousseront. Les racines restent intactes. Alors que ce sont les racines qui nécessitent une action urgente et radicale.

Le mal s’attaque par ses racines et la meilleure façon d’arrêter ces pogroms est de considérer sérieusement les racines du mal. Analyser les causes qui font de ces hommes, souvent des enfants des machines à tuer et à bruler tout ce qui se trouve sur leur chemin.

Si des enfants d’Europe, d’Amérique et de partout dans le monde affluent vers le Moyen Orient pour combattre leur propre pays, c’est que la justice et l’équilibre social dans leur terre d’origine, les a poussés aux extrêmes des extrêmes du désespoir.

Si les êtres humains en arrivent à se bouffer avec l’ignoble façon que nous observons aujourd’hui, c’est que les diplomaties du monde sont à jeter dans les poubelles.

Le monde a besoin de constituer des ligues pour la paix. Etablir un code humain qui freine les graves pressions qui font que l’être humain jouit en les exerçant sur son semblable.

La force d’une justice décrétée, votée et approuvée par l’ensemble de la communauté humaine, vaut mieux que la justice d’une force aveugle qui a donné et continue à produire les résultats que nous observons. La vérité et la justice sont seules capables d’assurer la paix et la sécurité des nations.

Mohamed Hanefi. Koweït